‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 161 sur 731 · I. A la première nageoire du dos. 15 rayons · texte numérisé non relu

I. A la première nageoire du dos. 15 rayons

à la seconde 19

à la troisième 21

à chacune des nageoires pectorales Ifi

à chacune des jugulaires. . . 6

à la seconde J*’

à la nageoire de la queue. . eU

GABE MORUE.

Les morues parviennent très - souvent à une grandeur assez considérable pourpeser un myriagramine : mais ce n’est pas ce poids qui indique la dernière limite de leurs dimensions. Suivant le savant Pennant, on en a vu, auprès des côtes d’Angleterre, une qui pesoit près de quatre myriagrammes, et qui avoit plus de dix -huit décimètres de longueur, sur seize décimètres de circonférence , à l’endroit le plus gros du corps.

L’espèce que nous décrivons est d’ailleurs d’un gris cendré, tacheté de jaunâtre sur le dos. La partie inférieure du corps est blanche, et quelquefois rougeâtre, avec des taches couleur d’or dans les jeunes individus. Les nageoires pectorales sont jaunâtres ; une teinte grise distingue les jugulaires , ainsi que la seconde de l’anus. Toutes les autres nageoires présentent des taches jaunes.

C’est principalement en examinant avec soin les organes intérieurs de la morue que Camper, Monro, et d’autres habiles anatomistes, sont parvenus à jeter un grand jour sur la structure interne des poissons, et particulièrement sur celle de leurs sens. On peut voir , par exemple , dans Monro , une très-belle description de l’ouïe de la morue ; mais nous nous sommes déjà assez occupé de l’organe auditif des poissons , pour devoir nous contenter d’ajouter à tout ce que nous avons dit , et relativement au gade morue , que le grand os auditif contenu dans un sac placé à côté des canaux appelés demi-circulaires, et le petit os renfermé dans la cavité qui réunit le canal supérieur au canal moyen, présentent un volume assez considérable , proportionnellement à celui de l’animal ; que c’est à ces deux os qu’il faut rapporter les petits corps que l’on trouve dans les cabinets d’histoire naturelle , sous le nom de pierres de morue; qu’un troisième os que l’on a découvert aussi dans l’anguille et dans d’autres osseux dont nous traiterons avant de terminer cet ouvrage, est situé dans le creux qui .sert de communication aux trois canaux demi - circulaires ; et que la grande cavité qui comprend ces mêmes canaux est remplie d’une matière visqueuse , au milieu de laquelle sont dispersés de petits corps sphériques auxquels aboutissent des ramifications nerveuses.

De petits corps semblables sont attachés à la cervelle et aux principaux rameaux des nerfs.

Si de la considération de l’ouïe de la

niorue nous passons à celle de ses organes digestifs . nous trouverons qu’elle peut avaler dans un très-court espace de temps une assez grande quantité d’alimens. Elle a en effet un estomac très - volumineux ; et l’on voit auprès du pylore six appendices ou petits canaux branchus. Elle est trésvorace; elle se nourrit de poissons, de mollusques et de crabes. Elle a des sucs digestifs si puissans et d’une action si prompte , qu’en moins de six heures un petit poisson peut être digéré en entier dans son canal intestinal. De gios crabes y sont aussi bientôt réduits en chyle ; et avant qu’ils ne soient amenés à l’état de bouillie épaisse, leur têt s’altère, rougit comme celui des écrevisses que l’on met dans de l’eau bouillante, et devient trés-mou.

La morue'est même si goulue , qu’elle avale souvent des morceaux de bois ou d’autres substances qui ne peuvent pas servir à sa nourriture : mais elle jouit de la faculté qu’ont reçue les squales , d’autres poissons destructeurs , et les oiseaux de proie; elle peut rejeter facilement les corps qui l’incommodent.

L’eau douce ne paroît pas lui convenir ; on ne la voit jamais dans les fleuves ou les rivières : elle ne s’approche même des rivages, au moins ordinairement, que dans le temps du frai ; pendant le reste de l’année , elle se tient dans les profondeurs des mers , et par conséquent elle doit être placée parmi les véritables poissons pélagiens. Elle habite particuliérement dans la portion de l’Océan septentrional comprise entre le quarantième degré de latitude et le soixante-sixième : plus au nord ou plus au sud , elle perd de ses qualités ; et voilà pourquoi apparemment elle ne doitpas être comptée parmi les poissons de la Méditerranée ou des autres mers intérieures, dont l’entrée , plus rapprochée de l’équateur que le quarantième degré , est située hors des plages qu’elle fréquente.

On la pêche dans la Manche , et on la prend auprès des côtes du Kamtschatka , vers le soixantième degré : mais dans la vaste étendue de l’Océan boréal qu’occupe cette espèce , on peut distinguer deux grands espaces qu’elle semble préférer. Le premier de ces espaces remarquables peut être conçu comme limité d’un côté par le Groenland et par l’Islande de l’autre , par laNorwège, les côtes du Danemarck, de l’Allemagne , de la Hollande , de l’est et du nord de la Grande-Bretagne , ainsi que des îles Oicades ; il comprend les eiidroilg,

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