LE GADE COLIN
iBQ
dénuées de barbilionS ; plusieurs ressemblances frappantes rapprochent d’ailleurs ces trois espèces. Voyons ce qui les sépare ; et commençons par décrire le colin.
II ne faut pas confondre ce poisson avec des individus de l’espèce de la morue que des pêcheurs partis de plusieurs ports occidentaux de France ont souvent appelés colins , parce qu’ils les avoient pris dans une saison trop avancée pour qu’on pût les faire sécher.
Le vrai colin a ordinairement près d’un mètre de longueur; sa tête est étroite, l’ouverture de sa bouche petite, son museau pointii ; ses écailles sont ovales, et ses nageoires jugulaires très-peu étendues *.
On l’a nommé poisson charbon ou charbonnier, à cause de ses couleurs. En effet, la teinte olivâtre qu’il présente dans sa jeunesse se change en noir lorsqu’il est adulte ; les nageoires sont entièrement noires, excepté celle de la queue , qui n’est que brune , et les deux premières dorsales , ainsi que les pectorales, dont la base est un peu olivâtre ; une tache noire très-marquée est placée au-dessous de chaque nageoire pectorale ; la bouche est môme noire dans son intérieur; et ces nuances, si voisines de celles du charbon , paroissent d’autant plus foncées, que la ligne latérale est blanche, que les opercules brillent de l’éclat de l’argent, et que la langue a aussi la blancheur de ce métal.
On trouve le colin non-seulement dans l’Océan d’Europe, mais encore dans la mer Pacifique; Dés les mois de pluviôse et de ventôse, il s’approche des côtes d’Angleterre pour y déposer ou féconder des œufs qui ont la couleur et la petitesse des grains de millet, et desquels sortent, au bout de quelques mois, de petits poissons que l’on dit assez bons dans leur jeunesse.
On le pêche non-seulement avec des liaims, mais encore avec différentes sortes de filets, tels que des verveux , des