‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 181 sur 731 · I. A la membrane des branchies · texte numérisé non relu

I. A la membrane des branchies

de la molve. .... « j rayons,

à la première nageoire dorsaîe* •««#«»<. fa à la seconde. . . . • • 63

à chacune des pectorales. , 19

à chacune des jugulaires. « 6

à celle de Faous. . . . . 59

à celle de la queue, qui est arrondie . a . , . . , 3ê

Millier, autour du Prodrome de ta Zoolo^ gie danoise.

LE GADE LOTE

La lole mérite une attention particulière des naturalistes. Elle présense tous les caractères génériques qui appartiennent aux gades ; elle doit être inscrite dans le même genre que ces poissons ; elle y a toujours été comprise ; elle fait véritablement partie de leur famille : et cependant, par un de ces exemples qui prouvent combien les êtres animés sont liés par d’innombrables chaînes de rapports, elle s’écarte des gades par des différences très-frappantes dans les formes , dans les facultés . dans les habitudes, dans les goûts, et ne s’éloigne ainsi de ses congénères que pour se rapprocher non seulement des blennies, qui par leur nature louchent aux gades de trés-prés, mais encore de plusieurs apodes osseux , particuliérement des murènes, et notamment des anguilles.

Gomme ces derniers apodes, la lote a le corps trés-allongé et serpentiforme. On voit sur son dos deux nageoires dorsales, mais très-basses et très-longues , ainsi que celle de l’anus ; elles ressemblent à celles qui garnissent le dos et la queue des murènes. Les écailles qui la recouvrent sont plus facilement visibles que celles de ces rnêmes murènes : mais elles sont trés-minces, molles, Irés-petites, et quelquefois séparées les uns des autres ; et la peau à laquelle elles sont attachées est enduite d’une humeur visqueuse très-abondante , comme celle de l’anguille ; aussi échappe-t-elle facilement, de même que ce dernier poisson , à la main de ceux qui la serrent avec trop de force et veulent la retenir avec trop peu d’adresse ; elle glisse entre leurs doigts, parce qu’elle est perpétuellement arrosée d’une liqueur gluante , et elle se dérobe encore à ses ennemis, parce que son corps , très-allongé et très-mobile , se contourne avec promptitude en différens sens, et imite si parfaitement toutes les positions et tous les mouvemens d’un reptile,

T. Motelle^ barbotte^ dans quelques dèparlemens de France ; barbota burbot^ eel pout , en Angleterre; putael, dans la Belgique, ou France septentrionale ; alraupe, alnippe, irùsck, treischen, rutlen , en Allemagne ; aalquahbe , franske giedder en Danemarck ; lakc , en Suède et cnÿfonve'ge; mlinij en Russie.

JLE GADE EOTE.

qu’elle a reçu plusieurs noms donnés depuis long -temps aux animaux qui rampent.

Lalote est, déplus, d’une couleur assez semblable à celle de plusieurs murènes, ou de quelques murénophis. Elle est variée , dans sa partie supérieure de jaune et de brun ; et le blanc règne sur sa partie inférieure.

Au lieu d’habiter dans les profondeurs de l’Océan ou prés des rivages de la mer, comme la plupart des osseux apodes ou jugulaires, et particuliérement comme tous les autres gades connus jusqu’à présent, elle passe sa vie dans les lacs, dans les rivières, au milieu de l’eau douce, à de très-grandes distances de l’Océan; et ce 1 nouveau rapport avec l’anguille n’est pas peu remarquable.

On la trouve dans un très-grand nombre de contrées, non seulement en Europe et dans les pays les plus septentrionaux de cette partie du monde , mais encore dans l’Asie boréale et dans les Indes.

1 Elle préfère , le plus souvent , les eaux i les plus claires ; et afin qu’indépendamment de sa légéreté, les animaux dont elle ; fait sa proie puissent plus difficilement se soustraire à sa poursuite , elle s’y cache dans des creux ou sous des pierres ; elle cherche à attirer ses petites victimes par l’agitation du barbillon ou des barbillons qui garnissent le bout de sa mâchoire inferiGure, et qui ressemblent à de petits vers : elle y demeure patiemment en embuscade, ouvrant presque toujours sa bouche , qui est assez grande , et dont les mâ- ! choires , hérisées de sept rangées de dents aiguës, peuvent aisément retenir les insectes aquatiques et les jeunes poissons dont elle se nourrit 2.

On a écrit que , dans quelques circonstances, la lote étoit vipère, c’est-à-dire, que les œufs de cette espèce de gade éclo- Süient quelquefois dans le ventre même de

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