Le SOSIE SCHEOS- , SKR
/Treize rayons à la seconde nageoire, du dos ; douzo aux thoracines; les yeux très-saillans , et places sur le sommet de la tête.
LE GOBÎE PECTLMllÔSTUE.
LE GOBIE PECTINIROSÏRE.
Les gobies ir attirent pas l’attention de l’übsei"valeur par la grandeur de leurs dimensions, le nombre de leurs armes, la singularité de leurs habitudes ; mais le juste appréciateur des êtres n’accorde-t-il sou intérêt qu’aux signes du pouvoir, aux attributs de la force , aux résultats en quelque sorte bizarres d’une organisation moins conforme aux lois générales établies par la Nature ? Ah ! qu’au moins , dans la recherche de ces lois, nous échappions aux funestes effets des passions aveugles! Ne pesons pas les familles des animaux dans la balance inexacte que les préjugés nous présentent sans cesse pour les individus de l’espèce humaine. Lorsque nous pouvons nous soustraire avec facilité à l’influence trompeuse de ces préjugés si nombreux, déguisés avec tant d’art, si habiles à profiter de notre foiblesse, ne négligeons pas une victoire qui peut nous conduire à des succès plus utiles, à une émancipation moins imparfaite ; et ne consultons dans la distribution des rangs parmi les sujets de notre étude, que les véritables droits de ces objets à notre examen ainsi qu’à notre méditation.
Si les gobies n’ont pas reçu pour attaquer les formes et les facultés qui font naître la terreur, ils peuvent employer les manèges multipliés de la ruse et toutes les ressources d’un instinct assez étendu; s’ils n’ont pas pour se défendre des armes dangereuses, iis savent disparoître devant leurs ennemis, et se cacher dans des asiles sûrs; si leuis formes ne sont pas très-extraordinaires , clics offrent un rapport très-marqué avec celles des cycloptéres , et indiquent par conséquent un nouveau point de contact entre les poissons osseux et les cartilagineux; si leurs couleurs ne sont pas très-riches, leurs nuances sont agréables, souvent très - variées , quelquefois même brillantes ; ^’ils ne présentent pas des phénomènes remarquables , ils fournissent des membranes qui , réduites en pâte , ou , pour mieux dire, en colle, peuvent servir dans plusieurs arts utiles ; si leur chair n’a pas une saveur exquise , elle est une nourriture saine , et , "peu . recherchée par le riche , elle peut fréquemment devenir l’aliment du pauvre; et enfin, si les individus de cette famille ont un petit volume , iis soiU eti très-grand nombre, et l’imagina-
lion qui les rassemble les voit former un vaste -ensemble.
Mais ce ne sont pas seulement les individus qui sont nombreux dans cette tribu % on compte déjà dans ce genre beaucoup de variétés et même d’espèces. Et comme nous allons faire connoître plusieurs gobies dont aucun naturaliste n’a encore entreteim le public, nous avons eu plus d’un motif pour ordonner av-ec soin l’exposition des formes et des mœurs de cette famille. Nous avons commencé par en séparer tous les poissons qu’on avoit placés parmi les vrais gobies, mais qui u’ont pas les caractères distinctifs propres à ces derniers animaux ; et nous n’avons conservé , dans le genre que nous allons décrire, que les osseux dont les nageoires llioracines, réunies à peu près comme celles des cycloptéres , forment une sorte de disque, ou d’éventail déployé, ou d’entonnoir évasé, et qui en même temps ont leur dos garni de deux nageoires plus ou moins étendues. Une considération attentive des détails de la forme de ces nageoires dorsales et thoracines nous a aussi servi, au moins le plus souvent, à faire rcconnoître les espèces. Pour rendre la rccherebe de ces espèces plus facile , nous les avons rangées, autant que nous l’avons pu , d’après le nombre des rayons de la seconde nageoire dorsale , dans laquelle nous avons remarqué des différences spécifiques plus notables que dans la première ; et lorsque le nombre des rayons de cette seconde nageoire dorsale a été égal dans deux ou trois espèces , nous les avons inscrites sur notre tableau d’après la quantité des rayons qui composent leurs nageoires thoracines. Mais, avant de nous occuper de cette détermination de la place des diverses espèces de gobies, nous les avons fait entrer dans l’un ou dans l’autre des deux sous-genres, suivant que leurs nageoires pectorales sont attachées immédiatement au corps, ou que ces instrumens de natation tiennent à des prolongations charnues.
Le pectiniroslre est, dans le premier sous-genre, l’espèce dont la seconde nageoire dorsale est soutenue par le plus grand nombre de rayons : on y en compte vingt-six S Mais ce qui suffiroit pour faire
I, A la membrane des branchies. 5 rayons» à la première nageoire du dos. 5
à la seconde 26
k chacune des pectorales. . . 19
aux thoracines. ..... 12
à relie de la queue. » s » « 15
LE GOBIE PECTINIROSTRE,
distinguer avec facilité ce gobie, et lui a fait donner le nom qu’il porte , c’est que presque toutes les dents qui garnissent sa mâchoire inférieure sont couchées de manière à être presque horizontales, et à donner au museau de l’animal un peu de ressemblance avec un peigne demi-circulaire.
Ce poisson vit dans les eaux de la Chine.
LE GOBIE BODDAERT.
Oi\ a dédié au naturaliste Boddaert celte •espèce de gobie, comme un monument de reconnoissance, vivant et bien plus durable que tous ceux que la main de l’homme peut élever. Ce poisson osseux a été pêché dans les mers de l’Inde. Il parvient à peine à la longueur de deux décimètres. Il est d’un brun bleuâtre par dessus , et d’un blanc rougeâtre par dessous. Des taches brunes et blanches sont répandues sur la tête ; la membrane branchiale et la nageoire de la queue présentent une teinte blanche mêlée de bleu; sept taches brunes placées au-dessus de sept autres taches également brunes, mais pointillées de blanc , paroissent de ' chaque côté du dos ; un cercle noir entoure 'l’ouverture de l’anus ; quelques taches couleur de neige marquent la ligne latérale, le long de laquelle on peut d’ailleurs apercevoir de très-petites papilles ; la première nageoire du dos ‘ est parsemée de points blancs : et cinq ou six lignes blanches s’étendent en travers entre les rayons de la seconde.
Indépendamment des couleurs dont nous venons d’indiquer la distribution, le boddaert est remarquable par la longueur des filamens qui terminent les rayons de sa première nageoire dorsale, et particulièrement de celui que l’on voit à l’extrémité du troisième rayon. De plus , sa chair est grasse ; son museau très - obtus ; ses lèvres sont épaisses ; scs yeux un peu ovales et peu saillans ; et au-delà de l’anus , on distingue un petit appendice charnu et conique que l’on a mal à propos appelé petit-pied, pedtmculiis, péduncule, et sur l’usage duquel nous aurons plusieurs occasions de revenir.