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La lèvre inférieure plissée de chaque côté ; les nageoires du dos et de l’anus très-basses ; celle de la queue fourchue.
L’OSPHRONÈME GORAMY
Nous conservons à ce poisson le nom générique qui lui a été donné par Gommerson, dans les manuscrits duquel nous avons trouvé la description et la figure de ce thoracin.
Cet osphronéme est remarquable par sa forme , par sa grandeur, et par la bonté de sa chair. Il peut parvenir jusqu’à la longueur de deux mètres ; et comme sa hauteur est très-grande à proportion de ses autres dimensions, il fournit un aliment aussi copieux qu’agréable. Commerson l’a observé dans l’Ile-de-France, en février 1770, par les soins de Seré , commandant des troupes nationales. Ce poisson y avoit été apporté de la Chine, où il est indigène , et de Batavia, où on le trouve aussi, selon l’estimable M. Cossigny. On l’avoit d’abord élevé dans des viviers; et il s’étoit ensuite répandu dans les rivières, où il s’étoit multiplié avec une grande facilité , et où il avoit assez conservé toutes ses qualités pour être, dit Commerson, le plus recherché des poissons d’eau douce. Il seroit bien à désirer que quelque ami des sciences naturelles, jaloux de favoriser l’accroissement des objets véritablement utiles, se donnât le peu de soins nécessaires pour le faire arriver en vie en France, l’y acclimater dans nos rivières , et procurer ainsi à
3. Polssoji gouramie ou gouramy. {H faut observer que ce nom de poisson gourainie ou gouramy , ou goramy , a été aussi donné, dans ie griuid Océiin , au trîchopode jnentonnier.]
notre patrie une nourriture peu chère , exquise, salubre, et très-abondante.
Voyons quelle est la conformation de cet osphronéme goramy.
Le corps est très-comprimé et très-haut. Le dessous du ventre et de la queue et la partie postérieure du dos présentent une carène aiguë. Cette même extrémité postérieure du dos montre une sorte d’échancrure , qui diminue beaucoup la hauteur de l’animal , à une petite distance de la nageoire caudale ; et lorsqu’on n’a sous les yeux qu’un des côtés de cet osphronéme , on voit facilement que sa partie inférieure est plus arrondie , et s’étend au-dessous du diamètre longitudinal qui va du bout du museau à la lin de la queue, beaucoup plus que sa partie supérieure ne s’élève au-dessus de ce même diamètre *.
De larges écailles couvrent le corps, la queue , les opercules et la tête ; et d’autres écailles plus petites revêtent une portion assez considérable des nageoires du dos et de l’anus. Le dessus de la tête, incliné vers le museau , offre d’ailleurs deux légers enfoncemens. La mâchoire supérieure est extensible ; l’inférieure plus avancée que celle d’en haut : toutes les deux sont