LE POLYODON FEUILLE
celle de ces indi%’idiis. Nous ne pouvons cependant rien conjecturer avec beaucoup de certitude relativement à ses habitudes, sur lesquelles nous n’avons reçu aucun renseignement, non plus que sur les mers qu’elle habite : tout ce que nous pouvons dire, c’est que , par une suite de la conformation de ce polyodon, elles doivent, pour ainsi dire , tenir le milieu entre celles des squales et celles des acipensères.
On seroit tenté, au premier coup d’œil, de comparer le parti que le polyodon feuille peut tirer de la forme allongée de son museau , à l’usage que le squale scie fait de la prolongation du sien. Mais, dans îe squale scie, cette extension est comme osseuse et très-dure dans tous ses points, et elle est de plus armée, de chaque côté, de
dents longues et fortes, au lieu que, dans le polyodon feuille, la partie correspondante n’est dure et solide que dans son milieu , et n’est composée dans ses côtés que de membranes plus ou moins souples. On pourroit plutôt juger des effets de cette prolongation par ceux de Farme du xiphias espadon , avec laquelle elle auroit une trèsgrande ressemblance sans les bandes molles et membraneuses dont elle est bordée d’un bout à l’autre. Au reste , pour peu qu’on se rappelle ce que nous avons dit, dans le Discours sur la nature des poissons ^ au sujet de la natation de ces animaux, on verra aisément que cet allongement excessif de la tête du polyodon feuille doit être un obstacle assez grand à la rapidité de ses mouvemens.
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