Le COTTE CHABOT' < , ‘ ‘ . u
' le corps recouvert d 0-
cailk's à peine visibles.
LE COÏTE GROGNANT.
Presque tous les colles ne présentent que des couleurs ternes, des nuances obscures, des teintes monotones. Enduits d’une liqueur onctueuse qui retient sur leur surface le sable et le limon, couveits le plus souvent de vase et de boue, défigurés par cette couche sale et irrégulière, aussi peu agréables par leurs proportion.s apparentes que par leurs tégumens, qu’ils différent, dans leurs attributs extérieurs, de ces magnifiques coryphénes sur lesquels les feux des diamans, de l’or, des rubis et des saphirs scintillent de toutes parts, et auprès desquels on diroit que la Nature les a placés, pour qu’ils fissent mieux ressortir l’éclatante parure de ces poissons privilégiés 1 On pouîroit être tenté de croire que s’ils ont été si peu favorisés lorsque leur vêtement leur a été départi, ils en sont , pour ainsi dire, dédommagés par une faculté remarquable , et qui n’a été accordée qu’à un petit nombre cl’habitans des eaux , par celle de proférer des sons. Et eu elfe!, plusieurs cottes, comme quelques balisîes , des zées, des trigles et des cobites, font entendre, au milieu de certains de leurs mouvemens, une sorte de bruit particulier, Qu’il y a loin cependant d’un simple
bruissement assez foible, très-monotone, très-court, et fréquemment involontaire , non seulement à ces sons articulés dont les nuances variées et légères ne peuvent être produites que par un organe vocal trèscomposé, ni saisies que par une oreille très-délicate, mais encore à ccsacccns expressifs et si diversifiés qui appartiennent à un si grand nombre d’oiseaux, et même à quelques mammifères ! Ce n’est qu’un frôlement que les cottes, les cobites, les tringles, les zées, les balistes, font naître. Ce n’est que lorsque, saisis de crainte, ou agités par quelque autre affection vive, ils se contractent avec force , resserrent subitement leurs cavités intérieures , chassent avec violence les dilférens gaz renfermés dans ces cavités, que ces vapeurs , sortant avec vitesse , et s’échappant principalement par les ouvertures branchiales, eu froissent les opercules élastiques, et , par ce frottement toujours peu soutenu , font naîlre des sons, dont le degré d’élévation est inappréciable, et qui par conséquent, n’élant pas une voix, et no formant qu’un véritable bruit, sont même au-dessous du sifïlcment des reptiles
Parmi les cottes, l’un de ceux qui jouis-
i Voyoz le Discours sur la ;nitnre des pois* sons.
F(ÎWISS(D)NS
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LE COTTE GKOGNANT. B2î
sent le plus de celle faculté de frôler et de bruire, a été nommé grognant ^ parce que l’envie de rapprocher les êtres sans discernement et d’après les rapports les plus vagues, qui l’a si souvent emporté sur l’utilité de comparer leurs propriétés avec convenance , a fait dire qu’il y a voit quelque analogie entre le grognement du cochon et le bruissement un peu grave du cotte. Ce poisson est celui que nous allons décrire dans cet article.
On le trouve dans les eaux de l’Amérique méridionale, ainsi que dans celles des Indes orientales. Il est brun sur le dos, et mêlé de brun et de blanc sur les côtés. Des taches brunes sont répandues sur ses nageoires, qui sont grises, excepté les pectorales et les thoracines, sur lesquelles on aperçoit une teinte rougeâtre
La surface du grognant est parsemée de pores d’où découle cette humeur visqueuse et abondante dont il est enduit, comme presque tous les autres cottes. Malgré la quantité de celte matière gluante dont il est imprégné , sa chair est agréable au goût ; on ne la dédaigne pas : on ne redoute que le foie, qui est regardé comme très-malfaisant, que l’on considère même comme une espèce de poison ; et n’esl-il pas à remarquer que, dans tous les poissons, ce viscère est la portion de l’animal dans laquelle les substances huileuses abondent le plus ?
La tête est grande , et les yeux sont petits. L’ouverture de la bouche est trèslarge ; la langue lisse, ainsi que le palais; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , et hérissée d’un grand nombre de barbillons, de même que les côtés de la tête; les lèvres sont fortes; les dents aiguës, recourbées, éloignées l’une de l’autre , et disposées sur plusieurs rangs. Les opercules, composés d’une seule lame, et garnis chacun de quatre aiguillons, recouvrenl des oiifices Irés-étendus. L’anus esta ur.e distance presque égale de la gorge et de la nageoire caudale , qui est arrondie.