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rapports qui s’attirent , à la place de nombreuses disconvenaaces qui se repousseroient.
La sGorpéne horrible offre une preuve de cette manière d’opérer, qui est un des grands secrets de la Nature. On s’en convaincra aisément, en examinant la description et la figure de cet animal remarquable.
Sa tête est très-grande et tiés-inég’ale dans sa surface ; creusée par de profonds sinus, relevée en d’autres endroits par des protubérances très-saillantes, hérissée d’aiguillons, elle est d’ailleurs parsemée, sur les côtés, de tubercules ou de callosités un peu arrondies , et cependant irrégulières et très-inégales en grosseur. Deux des plus grands enfoncemens qu’elle présente sont séparés , par une cloison trés-inclinée , en deux creux inégaux et irréguliers, et sont placés au-dessous des yeux , qui d’ailleurs sont très-petits, et situés chacun dans une proéminence très-relevée et un peu arrondie par le haut; sur la nuque s’élèvent deux autres protubérances comprimées dans leur partie supérieure, anguleuses, et qui montrent sur leur côté extérieur une cavité assez profonde ; et ces deux éminences réunies avec celles des yeux forment, sur la grande tête de l’horrible, quatre sortes de cornes tTés-irréguliércs, très-frappantes, et , pour ainsi dire , hideuses.
Lp deux mâchoires sont articulées de manière que , lorsque la bouche est fermée, elles s’élèvent presque verticalement, au lieu de s’étendre horizontalement j la mâchoire inférieure ne peut clore la bouche qu’en se relevant comme un battant ou comme une sorte de pont-levis, et en dépassant même quelquefois en arriére la ligne verticale, afin de s’appliquer plus exactement la mâchoire supérieure ; et quand elle est dans cette position , et qu’on la regarde par-devant, elle ressemble assez à un fer-à-cheval : ces deux mâchoires sont garnies d’un grand nombre de très petites dents, ainsi que le gosier. Le palais et la langue sont lisses ; cette dernière est , de plus, large, arrondie et assez libre. On la découvre aisément, pour peu que la scorpène rabatte sa mâchoire inférieure et ouvre sa grande gueule ; l’orifice branchial est aussi très-large.
Les trois ou quatre premiers rayons de la nageoire du dos, très-gros, trés-difformes, très-séparés l’un de l’autre, très-inégaux, très-irréguliers , très-dénués d’une véritable membrane ^ ressemblent moins à des pi-
LA SCORPÈ^E HORRIBLE.
quans de nageoire qu’à des tubérosités braiichues, dont le sommet néanmoins laisse dépasser la pointe de l’aiguillon ; la ligne latérale suit la courbure du dos.
Le corps et la queue sont garnis de tubercules calleux semblables à ceux qui sont répandus sur la tète ; et l’on en voit d’analogues, mais plus petits, non-seulement sur les nageoires pectorales, qui sont très-longues, mais encore sur la membrane qui réunit les rayons de la nageoire dorsale
La nageoire de la queue est arrondie et rayée ; la couleur générale de l’animal est variée de brun et de blanc ; et c’est dans les Indes orientales que l’on rencontre cette espèce , qui se nourrit de crabes et de mollusques, sur laquelle, au milieu des rapprocliemens bizarres en apparence et cependant merveilleusement concertés, des formes très -disparates au premier coup d’œil se liant par des gradations intermédiaires et bien ménagées , montrant des parties semblables où l’on n’avoit d’abord soupçonné que des portions très-différentes, paroissent avoir été bien plutôt préparées les unes pour les autres que placées de manière à se heurter, pour ainsi dire, avec violence ; mais dont l’ensemble , malgré ces sortes de précautions, repousse tellement le premier regard , qu’on n’a pas cru la dégrader en la nommant horrible , en l’appelant de plus crapaud de mer, et en lui donnant ainsi le nom d’un des animaux les plus hideux.
LA SGORPÈNE AFRICAINE.
On rencontre auprès du cap de Bonne- Espérance et de quelques autres contrées de l’Afrique cette scorpène, dont la longueur ordinaire est de quatre décimètres ; elle est revêtue d’écailles petites, rudes, et placées les imes au-dessus des autres comme les ardoises des toits 2,
d. 5 rayons à la membranes des branchies.
13 rayons non articulés et 7 rayons articu-
lés à la nageoire du dos.
16 rayons à chacune des pectorales,
G rayons à chacune des Ihoracines.
3 rayons non articulés èt 6 articulés à celle de l’anus.
12 rayons à celle de la queue.