‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 37 sur 731 · Copse, dans quelques parties de l’Italie · texte numérisé non relu

Copse, dans quelques parties de l’Italie

colpesce, dans d’autres parties de l’Italie ; liusen . dans quelques contre'es d’Allemagne; coUano , barbota, moi’ona, par quelques Grecs modernes; bclluge, bellougn, bclluga, dans plusieurs pays du Word; par plusieurs auteurs la-

tins.

28 L’ACIPEÎSSERE HüSO.

tedi, et (Vautres naturalistes, ont cru devoir distinguer celle espèce par le défaut de boucliers.

Il est le plus souvent d’un bleu presque noir sur le dos, et d’un jaune clair sur le ventre.

C’est avec les œufs que les femelles de cette espèce pondent en très-grande quantité, au commencement du retour des chaleurs, que leshabitans des rives des mers Noire et Caspienne , et des grandes rivières qui s’y jettent, composent ces préparations connues sous le nom de caviar, et plus ou moins estimées , suivant que les œufs , qui en sont la base , ont été plus ou moins bien choisis, nettoyés, maniés, pressés, mêlés avec du sel ou d’autres ingrédiens. Au reste, l’on se représentera aisément le grand nombre de ces œufs, lorsqu’on saura que le poids des deux ovaires égale pres- (jue le tiers du poids total de l’animal, et ({ue ces ovaires ont pesé jusqu’à huit cents livres dans un huso femelle qui en pesoit deux mille huit cents.

Ce n’est cependant pas unicfuement avec les œufs du huso que l’on fait le caviar ; ceux des autres acipenséres servent à composer cette préparation. Outre les œufs noirs de ces cartilagineux, on pourroit môme employer dans la fabrication du caviar, selon M. Guldenstaedt , les œufs jaunes d’autres grands poissons, comme du brochet, du sandat , de la carpe, de la brème , et d’autres cyprins appelés en russe yaze, beresna, ou jeregh, oVvirezou, dont la pêche est trés-abondante dans le bas des fleuves de la Russie méridionale, l’Oural , le Wolga, le Terek, le Don et le Dniéper.

Mais ce n’est pas seulement pour ses <cufs que le huso est recherché ; sa chair est très -nourrissante, très- saine et trèsagréable au goût. Aussi est-il peu de poissons qui aient autant exercé l’industrie et animé le commerce des habitans des côtes maritimes ou des bords des grands fieuves, que l’acipensére dont nous nous occupons. On emploie, pour le prendre , divers procédés qu’il est bon d’indiquer, et qui ont été décrits très en détail par d’habiles observateurs. Le célèbre naturaliste de Russie , le professeur Palîas , nous a particuliérement fait connoîîre la manière dont on pêche le huso dans le Wolga et dans le Jaïck, qui ont leurs embonchures dans la mer Caspienne. Lorsque le temps pendant lequel les acipenséres remontent de la mer dans les rivières est arrivé , on construit , dans certains endroits du Wolga ou du

Jaïck, une digue composée de pieflx, et qui ne laisse aucun intervalle assez grand pour laisser passer le huso. Celte digue forme , vers son milieu , un angle oppose au courant, et par conséquent elle présente un angle rentrant au poisson qui remonte le fleuve, et qui, cherchant une issue au travers de l’obstacle qui l’arrête, est déterminé à s’avancer vers le sommet de cet angle. A ce sommet est une ouverture qui conduit dans une espèce de chambre ou d’enceinte formée avec des filets sur la fin de l’hiver, et avec des claies d’osier pendant l’été. Au-dessus de l’ouverture est une sorte d’échafaud sur lequel des pêcheurs s’établissent. Le fond de la chambre est, comme l’enceinte, d’osier ou de filet, suivant les saisons, et peut être levé facilement à la hauteur de la surface de l’eau. Le huso s’engage dans la chambre par l’ouverture que lui offre la digue ; mais a peine y est-il entré , que les pêcheurs placés sur l’échafaud laissent tomber une porte qui lui interdit le retour vers la mer. On lève alors Je fond mobile de la chambre , et l’on se saisit facilement du poisson. Pendant le jour, les acipenséres qui pénétrent dans la grande enceinte avertissent les pécheurs de leur présence par le mouvement qu’ils sont forcés de communiquer à des cordes suspendues à de petits corps flottans; et pendant la nuit ils agitent nécessairement d’autres cordes disposées dans ia chambre , et les tirent assez pour faii e tomber derrière eux la fermeture dont nous venons de parler. Non-seulement ils sont pris par la chute de cette porte, mais encore cette fermeture , en s’enfonçant , fait sonner une cloche qui avertit et peut éveiller le pêcheur resté en sentinelle sur l’échafaud.

Le voyageur Gmeîin, qui a parcouru diflêrentes contrées de la Russie , a décrit d’une manière très-animée l’espèce de pêche solennelle cfui a lieu de temps en temps, et au commencement de l’hiver, pour prendre les lîusos retirés vers cette saison dans les cavernes et les creux des rivages voisins d’Astracan. On réunit un grand nombre de pêcheurs; on rassemble plusieurs petits bâtimens ; on se prépare comme pour une opération militaire importante et bien ordonnée; on s’approche avec concert, et par des manœuvres régulières, des asiles dans lesquels les husos sont cachés ; on interdit avec sévérité le bruit le plus foiJ)le non-seulement aux pêcheurs, mais encore à tous ceux qui peuvent naviguer auprès

L’AGIPENSÈRE IIUSO.

de la floue ; on observe le plus profond silence ; et tout d’un coup , poussant de grands cris, que les échos grossissent et multiplient , on agite , on trouble , on effraie si vivement les husos , qu’ils se précipitent en tumulte hors de leurs cavernes , et vont tomber dans les lilets de toute espèce tendus ou préparés pour les recevoir.

Le museau des husos , comme celui de plusieurs cartilagineux , et particuliérement d’un grand nombre de squales, est tréssensible à toute espèce d’attouchement. Le dessous de leur corps, qui n’est revêtu que d’une peau assez molle, et qui ne présente pas de boucliers, comme leur partie supérieure, jouit aussi d’une assez grande sensibilité ; et Marsigli nous apprend , dans son Histoire du Danube , que les pêcheurs de ce fleuve se sont servis de cette sensibilité du ventre et du museau des husos pour les prendre avec plus de facilité. En opposant à leur museau délicat des filets ou tout autre corps capable de le blesser, ils ont souvent forcé ces animaux à s’élancer sur le rivage ; et lorsque ces acipenséres ont été à sec et étendus sur la grève , ils ont pu les contraindre, par les divers attoucheraens qu’ils ont fait éprouver à leur ventre , à retourner leur longue masse, et à se prêter, malgré leur excessive grandeur, à toutes les opérations nécessaires pour les saisir etpour les altaclier.

Lorsque les îuisos sont très-grands, on est, en effet, obligé de prendre des précautions contre les coups qu’ils pem^ent donner avec leur queue : il faut avoir recours à ces précautions, lors même qu’ils sont hors de l’eau et gisans sur le sable ; et on doit alors chercher d’autant plus à arrêter les mouvemcns de cette queue trèslongue par les liens dont on l’entoure, que leur puissance musculaire , quoique inférieure à celle des squales, ne peut qu’être dangereuse dans des individus de plus de vingt pieds de long, et que les plaques dures et relevées qui revêtent l’extrémité postérieure du corps sont trop séparées les unes des autres pour en diminuer la mobilité, et ne pas ajouter par leur nature et par leur forme à la force du coup.

D’ailleurs la rapidisc des mouvemens n’est point ralentie dans le huso, non plus ({ue dans les autres acipenséres , par les vertèbres cartilagineuses qui composent l’épine dorsale, et dont la suite s’étend jusqu’à l’extrémité de la queue. Ces vertèbres se prêtent, par leur peu de dureté et par leur conformation , aux diverses in-

flexions que l’animal veut imprimer à sa queue , et à la vitesse avec laquelle il tend à les exécuter.

Cette chaîne de vertèbres cartilagineuses, qui régne depuis la tête jusqu’au bout de la queue , présente, comme dans les autres poissons du même genre, trois petits canaux, trois cavités longitudinales. La supérieure renferme la moelle épinière , et la seconde contient une matière tenace , susceptible de se durcir par la cuisson, qui commence à la base du crâne, et que l’on retrouve encore auprès de la nageoire caudale

C’est au-dessous de cette épine dorsale qu’est située la vésicule aérienne, qui est simple et conique , qui a sa pointe tournée vers la queue, et qui sert à faire, sur les bords de la mer Caspienne et des fleuves qui y versent leurs eaux , cette colle de poisson si recherchée, que l’on distribue dans toute l’Europe, et cjue l’on y vend à un prix considérable. Les diverses opérations que l’on emploie, dans cette partie de la Russie , pour la préparation de cette colle si estimée , se réduisent à plonger les vésicules aériennes dans l’eau , à les y séparer avec soin de leur peair extérieure et du sang dont elles peuvent être salies, à les couper en long, à les renfermer dans une toile , à les ramollir entre les mains , à les façonner en tablettes ou en espèces de petits cylindres recourbés , à les percer pour les suspendre , et à les exposer, poulies faire sécher, à une chaleur modérée et plus douce que celle du soleil.

Cette colle, connue depuis longtemps sous le nom di’ic/ityocolle, ou de colle de poisson J et qui a fait donner au huso le nom (Ticfityocolle, a été souvent employée dans la médecine contre la dyssenioi ie, les ulcères de la gorge, ceux des poumons, et d’autres maladies. On s’en sert aussi beaucoup dans les arts, et particuliérement pour éclaircir les liqueurs et pour lustrer les étoffes. Mêlée avec une colle plus forte , elle peut réunir les morceaux séparés de la j)orcelaine et d’un verre cassé ; elle porte alors le nom de colle d verre et d porcelaine ; et on la nomme colle d bouche, lorsqu’on l’a préparée avec une substance agréable au goût et à l’odorat, laquelle permet d’en ramollir les fragmens dans la bouche, sans aucune espèce de dégoût.

Mais ce n’est pas seulement avec les vésicules aériennes du huso que l’on compose, près de la mer Caspienne, cette colle si utile , que l’on connoît dans plusieurs contrées russes, sous le nont d’«s-

L’ACIPENSERE HUSO.

blat ; on y emploie colles de tous les acipensères que l’on y pêche. On peut très-bien imiter en Europe les procédés des Russes pour la fabrication d’une matière qui forme une branche de commerce plus importante qu’on ne le croit; et je puis assurer que particuliérement en France l’on peut parvenir aisément à s’affranchir du paiement de sommes considérables, auquel nous nous sommes soumis envers l’industrie étrangère pour en recevoir cette colle si recherchée. 11 n’est ni dans nos étangs, ni dans nos rivières, ni dans nos mers, presque aucune espèce de poisson dont la vésicule aérienne, et toutes les parties minces et membraneuses, ne puissent fournir, après avoir été nettoyées, séparées de toute matière étrangère, lavées, divisées, ramollies, et séchées avec soin , une colle aussi bonne , ou du moins presque aussi bonne , que celle qu’on nous apporte de la Russie méridionale. On l’a essayé avec succès; et je n’ai pas besoin de faire remarquer à quel bas prix et dans quelle quantité on auroit une préparation que l’on feroit avec des matières rejetées maintenant de toutes les poissonneries et de toutes les cuisines, et dont l’emploi ne diminueroit en rien la consommation des autres parties des poissons. On auroit donc le triple avantage d’avoir en plus grande abondance une matière nécessaire à plusieurs arts, de la payer moins cher, et de la fabriquer en France; et on* devroit surtout se presser de se la procurer, dans un moment où mon savant confrère, M. Rochon , membre de l’Institut national, a trouvé , et fait adopter pour la marine, le mbyen ingénieux de remplacer le veixe , dans un grand nombre de circonstances, par des toiles trés-claires de fil de métal, enduites de colle de poisson.

La graisse du huso est presque autant employée que sa vessie aéiienne par les habitans des contrées méridionales de la Russie. Elle est de très-bon goût lorsqu’elle est fraîche ; et l’on s’en sert alors à la place du beurre ou de l’huile. Elle peut d’autant plus remplacer celle dernière substance, que la graisse des poissons est toujours plus ou moins huileuse.

On découpe la peau des grands husos, de maniéi e à pouvoir la substituer au cuir de plusieurs animaux ; et celle des jeunes, bien sèche , et bien débarrassée de toutes les matières qui pouiroient en augmenter l’épaisseur et en altcier la transparence , tient lieu de vitre dairs une partie de la Hussie et de la Tariarie.

La chair, les œufs, la vessie à air, la graisse, la peau, tout est donc utile à l’homme dans cette féconde et grande espèce d’acipensére L II n’est donc pas surprenant que, dans les contrées où elle est le plus répandue, elle porte différons noms. Partout où les animaux ont été ti'és-observés et très-recherchés, ils ont reçu différentes appellations; chaque observateur, chaque artiste, chaque ouvrier, les ont vus sous une face particulière , et tant de rapports différons ont dû nécessairement introduire une grande variété dans les signes de ces rapports, et par conséquent dans les désignations du sujet de ces diverses relations.

Comme les husos vivent à des latitudes éloignées de la ligne, et qu’ils habitent des pays exposés à des froids rigoureux, ils cherchent à se soustraire pendant l’hiver à une température trop peu convenable ù leur nature, en se renfermant plusieurs ensemble dans de grandes cavités des rivages. Ils remontent même quelquefois dans des fleuves, quoique la saison de la ponte soit encore éloignée, afin d’y trouver, sur les bords, des asiles plus commodes. Leur grande taille les contraint à être trés-rapprochés les uns des autres dans ces cavernes, quelque spacieuses qu’elles soient. Ils conservent plus facilement, par ce voisinage, le peu de chaleur qu’ils peuvent posséder ; ils ne s’y engourdissent pas ; ils n’y sont pas soumis du moins à une torpeur complète : ils y prennent un peu de nourriture ; mais le plus souvent ils ne font que mettre à profit les humeurs qui s’échappent de leurs corps , et ils sucent la liqueur visqueuse qui enduit la peau des poissons de leur espèce , auprès desquels ils se trouvent.

Ils sont cependant assez avides d’alimens dans des saisons plus chaudes, et lorsqu’ils jouissent de toute leur activité ; et en effet, ils ont une masse bien étendue à entretenir. Leur estomac est, à la vérité, beaucoup moins musculeux que celui des autres acipensères; mais il est d’un assez grand volume, et, suivant Pallas, il peut contenir, même dans les individus éloignés encore du dernier terme de leur accroissement, plusieurs animaux tout entiers et d’un volume considérable. Les sucs digestifsparoissent d’ailleurs jouir d’une grande force : aussi avalent-ils quelquefois, etindépendam-

I. On mange jusqu’à i’e'pine cartilagineuse et dorsale du huso et de l’esturgeon ; et on la prépare de di^■crses manières dans les pays du Word#

io IL STMEEETo SoIL^ACEFENSEmE ESTILTK&E®^. î

L’ACIPëNSÈRE iiüso.

ment des poissons dont ils se nourrissent , de jeunes phoques, et des canards sauvages qu’ils surprennent sur la surface des eaux qu’ils fréquentent , et qu’ils ont l’adresse de saisir par les pattes avec leur gueule, et d’entraîner au fond des flots. Lorsqu’ils ne trouvent pas à leur portée l’aliment qui leur convient, ils sont même obligés, dans certaines circonstances , pour remplir la vaste capacité de leur estomac, le lester, pour ainsi dire , et employer en quelque sorte ses sucs digestifs surabondans, d’y introduire les premiers corps qu’ils rencontrent, du jonc, des racines, ou des morceaux de ces ])ois que l’on voit flotter sur la mer ou sur les rivières.

L’ACIPENSÈRE SÏRELET.

Cet acipensére présente des couleurs agréables. La partie inférieure de son corps est blanche , tachetée de rose ; son dos est noirâtre ; et les boucliers qui y forment des rangéeslongitudinales sont d’un beau jaune. Les nageoires de la poitrine , du dos , et de la queue , sont grises ; celles du ventre et de l’anus sont rouges. Mais le strelet est particulièrement distingué des acipenséres du second sous-genre, dans lequel il est compris , par la forme de son museau , qui est trois ou quatre fois plus long que le grand diamètre de l’ouverture de sa bouche : il l’est d’ailleurs de l’esturgeon et du 1 huso par la petitesse de sa taille ; il ne par- 1 vient guère à la longueur de trois pieds, et ! ce n’est que très-rarement qu’on le voit atteindre à celle de quatre pieds et quelques pouces.

I II a sur le dos cinq rangs de boucliers . comme l’esturgeon et le huso. La rangée [ du milieu est composée ordinairement de 1 quinze pièces assez grandes ; les deux qui viennent ensuite en comprennent chacune cinquante-neuf ou soixante, qui, par conséquent, ont un diamètre très-peu étendu ; et les deux rangs qui bordent le ventre sont formés de plaques plus petites encore , et il qui , au lieu d’être très-relevées dans leur ij centre comme celle des trois rangées inté- |i Heures, sont presque entièrement plates.

On trouve cet acipensére dans la mer Ij Caspienne, ainsi que dans le Wolga et dans if l’Oural , qui y ont leur embouchure ; on le voit aussi, mais rarement, dans la Baltique ; et telles sont les habitations qu’il a reçues de la Nature. Mais l’art de l’homme , qui 5ait si bien détourner, combiner, accroître

modifier , dompter même les forces de la Nature, l’a transporté dans des lacs où l’on est parvenu , avec très-peu de précautions, à le faire prospérer et multiplier; Frédéric I®’’, roi de Suède, l’a introduit avec-succès dans le lac Mœleret dans d’autres lacs de la Suède ; et ce roi de Prusse, qui, philosophe et homme de lettres sur le trône , a su créer par son génie, et les états qu’il devoit régir, et l’art de la guerre qui devoit les défendre , et l’art d’administrer, plus rare encore , qui devoit leur donner l’abondance et le bonheur, a répandu le strelet dans un très -grand nombre d’endroits de la Poméranie et de la Marche de Brandebourg.

V oilà deux preuves remarquables de la facilité avec laquelle on peut donner aune contrée les espèces de poissons les plus utiles. Ces deux faits importans seront réunis à un grand nombre d’autres , dans le Discours que l’on trouvera dans cette histoire, sur les usages économiques des poissons, et sur les moyens d’en acclimater, ci’en perfectionner, d’en multiplier les espèces et les individus.

Et que l’on ne soit pas étonné d’apprendre les soins que se sont donnés les chefs de deux grandes nations pour procurer à leurs paysl’acipensère strelet. Cette espèce est très-féconde : elle ne montre jamais, à la vérité, un très-grande taille ; mais sa chair est plus tendre et plus délicate que celle des autres cartilagineux de sa famille. Elle est d’ailleurs facile à nourrir ; elle se contente de très-petits individus, et même d’œufs de poissons dont les espèces sont trèscommunes ; et elle peut n’avoir d’autre aliment que les vers qu’elle trouve dans le limon desmers, des fleuves ou des lacs qu’elle fréquente.

C’est vers la fin du printemps que le strelet remonte dans les grandes rivières ; et comme le temps de la ponte et de la fécondation de ses œufs n’est pas très-long, on voit cet acipensére descendre ces mêmes rivières avant la fin de l’été, et tendre, même avant l’automne, vers lesasiles d’hiver que la mer lui présente.

L’ACIPENSÈRE ÉTOILÉ.

Vers le commencement du printemps, on voit cet acipensére remonter le Danube et les autres fleuves qui se jettent dans la mer Noire ou dans la mer Caspienne. II parvi eut à quatre ou cinq pieds de longueur ;

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ot par conséquent il est pour le moins aussi long que le strelet , mais il est plus mince. Son museau , un peu reedurbé , et élargi vers son extrémité, est cinq ou six fois plus long que le grand diamètre de l’ouverture de la bouche ; et cette conformation du museau sufliroit seule pour séparer l’étoilé des autres acipensères : au reste, le dessus de cette partie est hérissé de petites raies dentelées.

Les lèvres peuvent être étendues en avant beaucoup plus que dans les autres poissons du même genre. La tête, aplatie par-dessus et par les côtés, est garnie de tubercules pointus , eide petits coips durs, dentelés, et en forme d’étoiles. Le devant de la bouche présente quatre barbillons , comme dans tons les acipensères.

On reniarque, sur dillérentes parties du

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