‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 387 sur 731 · LONE · texte numérisé non relu

LONE

'Les nageoires pectorales courtes ; celle de la queue fourchue ; la ligne latérale dénuée de larges , écailles.

''Les nageoires pectorales iii courtes ; celle de la queue fourchue ; la li- |j gne latérale divisée en 1,' deux , vers la nageoire î caudale. i!

La nageoire de la queue arrondie; deux arêtes ou saillies longitudinales sur le dos; le nageoirés pectorales et thoracines très - pointues ; huit rayons à chacune de ces nageoires pectorales ; vingt-quatre à la seconde nageoire du dos.

LA TRIGLE ASIATIQUE.

Les tableaux génériques montrent les différences qui séparent les trigles des prionotes et des dactyloptères. Mais si leurs formes extérieures ressemblent assez peu à celles de ces deux derniers genres, pour que nous ayons dû les en séparer, elles s’en rapprochent beaucoup par leurs habitudes ; et presque toutes ont , comme la tirapède , le pouvoir de voler dans l’atmosphère , lorsque la mer ne leur offre pas un asile assez sûr. Elles sont d’ailleurs, comme les dactyloptères et les prionotes , extrêmement fécondes : elles pondent souvent jusqu’à trois fois dans la même année ; et c’est celle reproduction remarquable que plu-

sieurs anciens Grecs ont voulu désigner par ! le nom derjOr/Àïj, rpiylc/.^ rptyyii, rpiyXoç,. | corrompu du rptyovoç en latin ter pariens \ (qui produit trois fois). De même que lespirapèdes, elles volent et nagent en troupes nombreuses ; elles montrent une réunion constante; et quoique la simultanéité des mouvemens et des manœuvres de milliers d’individus ne soit pour ces animaux que le produit d’un danger redouté à la fois par tous, ou d’un besoin agissant sur tous dans ' les mêmes momens , elles n’en présentent j pas moins l’apparence de cette société tou- ; chante et fidèle qu’un sentiment mutuel fait naître et conserve. Peintes d’ailleurs | de couleurs très-vives , très-variées , très- j agréables, elles répandent souvent l’éclat

LA TKICLE ASIATIQUE.

, du phosphore. Resplendissantes dans leurs tégumens , brillantes dans leur parure, rapides dans leur natation , agiles dans leur vol, vivant ensemble sans se combattre, pouvant s’aider sans se nuire , on croiroit devoir les comprendre parmi les êtres sur lesquels la Nature a répandu le plus de faveurs. Mais les dons qu’elles ont reçus ne sont presque tous que des dons funestes ; et comme si elles avoient été destinées à donner à l’homme des leçons de sagesse et de modération, leur éclat les trahit et les perd ; la magnilicence de leur pai’ure les empêche de se dérobera la recherche active de leurs ennemis ; leur grand nombre les décéle lorsqu’elles fendent en troupes le sein des eaux salées ; leur vol les livre plus facilement à l’oiseau de proie ; et leurs attributs les plus frappans auroient bientôt amené la destruction de leurs espèces, si une fécondité extraordinaire ne réparoit sans cesse , par la production de nouveaux individus, la perte de ceux qui périssent victimes des tyrans des mers, ou de ceux de l’atmosphère.

La première de ces trigles condamnées par la Nature à tant de périls , à tant d’agitations , à tant de traverses, est, dans l’ordre que nous nous sommes prescrit , celle à laquelle j’ai donné avec Linné le nom d'asiatique \

On la trouve en général dans l’Océçin , mais particuliérement dans les mers de l’Asie. Son corps est mince ; sa couleur argentée ; son museau proéminent ; l’intérieur de sa bouche hérissé d’aspérités ; la première pièce de l’opercule branchial, dentelée ; et chaque nageoire pectorale conformée comme une sorte de faux.

LA TRIGLE LYRE 2.

Heureux nom que celui qui rappelle et le beau ciel et les beaux jours de la Grèce, et sa riante mythologie, et sa poésie enchanteresse , et l’instrument favori du dieu

Page 1