‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 388 sur 731 · I. A la première nageoire du dos. 7 rayons · texte numérisé non relu

I. A la première nageoire du dos. 7 rayons

à la seconde

à chacune des pectorales. .

à chacune des thoracines. .

h celle de l’anus.

'a celle de la queue. . .

2. Gronau, rouget, dans plusieurs départemens de France ; bouveau, sur les rivages voisins des Pyrénées occidentales; organie , à Gênes; pcsce organo , à Naples; piper, en Angleterre ; merr leycr, ou see loyer, eu Allemagne.

du génie , et cet Homère à qui le dieu avoit remis sa lyre pour chanter la Nature 1 Non, je ne supprimerai pas ce nom magique, qui fait naître tant d’idées élevées , qui retrace tant de doux souvenirs, pour le remplacer par un nom barbare. Le dieu qui inspire le poète est aussi celui des amans de la Nature, et son emblème ne peut jamais leur être étranger. Une ressemblance bien foible , je le sais, a déterminé les naturalisles grecs à décorer de ce nom l’être que nous allons décrire ; mais toutes les fois que la sévérité de l’histoire le permet , ne nous refusons pas au charme de leur imagination agréable et féconde. Et d’ailleurs le poisson que nous voulons continuer d’appeler lyre a été revêtu de nuances assez belles pour mériter de paroître à jamais consacré , par sa dénomination , pour ainsi dire , mythologique , au dispensateur de la lumière qui colore en même temps qu’elle éclaire et vivifie.

Un rouge assez vif régne en effet sur tout le corps de la trigle que nous désirons de faire connoitre ; il se diversifie dans la partie inférieure de l’animal , en se mêlant à des teintes blanches ou argentées ; la sorte de dorure qui distingue les rayons par lesquels la membrane des nageoires est soutenue, ajoute à l’éclat de ce rouge que font ressortir, d’ailleurs, quelques nuances de vert ou de noir répandues sur ces mêmes nageoires, et ainsi les couleurs les plus brillantes , celles dont la poésie a orné le char radieux du dieu des arts et de la lumière , resplendissent sur le poisson que l’ingénieuse Grèce appela du nom de l’instrument qui fut cher à ce dieu.

Au bout du museau de la trigle que nous examinons, s’avancent deux lames osseuses, triangulaires et dentelées, ou plutôt découpées, de manière à montrer une image vague de cordes tendues sur une lyre antique.

La tête proprement dite est d’ailleurs arrondie et comme emboîtée dans une enveloppe lamelleuse, qui se termine par-derrière par quatre ou six aiguillons longs , pointus et très-forts, qui présente d’autres piquans au-dessus des yeux, ainsi qu’à la pièce antérieure de chaque opercule, et dont presque toute la surface est ciselée et. agréablement rayonnée.

De petites dents hérissent le devant du palais , et les deux mâchoires , dont l’inférieure est la plus courte. Le corps et la queue sont couverts de petites écailles; et des aiguillons courts et courbés vers l’ar-

LA TiaCLE LYÜE.

riérc garnissent les deux cotés de la fossette longitudinale dans laquelle l’animal peut coucher ses nageoires dorsales.

La trigle lyre habite dans l’Océan atlantique, aussi bien que dans la Méditerranée. Elle y parvient quelquefois à la longueur de six ou sept décimètres. Sa chair est trop dure et trop maigre pour qu’elle soit très-recherchée. On la pêche cependant de temps en temps ; et lorsqu’elle est prise, elle fait entendre, parmi mécanisme semblable à celui que nous avons exposé en traitant de plusieurs poissons, une sorte de bruissement que l’on a comparé à un sifflement proprement dit, et qui l’a fait nommer dans plusieurs pays, et particuliérement sur quelques côtes d’Angleterre, poisso7i siffleur {thc piper, llie fish piper) \

LA TRIGLE CAROLINE %

LA TRIGLE PONCTUÉE ’

ET LA TRIGLE LASTOVIZA.

Ces trois trigles ont les nageoires pectorales très-longues et assez grandes pour s’élever au-dessus de la surface des eaux. Nous devons donc les inscrire parmi les véritables poissons volans. Voyons rapidement leurs traits principaux.

Dans ces trois espèces, la tête est comme ciselée , et jmrsemée de figures étoilées ou rayonnantes qui ont un peu de relief. L’enveloppe lamelleuse qui la recouvre montre, dans la Caroline, deux petits piquans dentelés au-dessus de chaque œil, deux plus grands à la nuque , trois ou quatre à chaque opercule , et un à chaque os claviculaire. Les écailles qui revêtent le dos sont petites et dentelées. La ligne latérale est droite et lisse ; et le sillon longitudinal dans lequel l’animal peut coucher ses nageoires dorsales, est bordé, de chaque côté, d’aiguillons recourbés.

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