ROUGET
de formes et de qualités communes pour qu’on ait souvent appliqué les mêmes dénominations à l’im et à l’autre, on est tombé dans une telle confusion d’idées au sujet de ces deux mulles , que d’illustres naturalistes trés-récens les ont rapportés à la même espèce, sans supposer même qu’ils formassent deux variétés distinctes.
En comparant néanmoins cet article avec celui qui suit, il sera aisé de voir que le rouget et le mulet sont diflérens l’un de l’autre.
Le devant de la tête du rouget paroît comme tronqué, ou, pour mieux dire , le sommet de la tête de cet osseux est trèsélevé. Les deux mâchoires , également avancées, sont, de plus, garnies d’une grande quantité de petites dents. De trèspetites aspérités hérissent le devant du palais, et quatre os placés auprès du gosier. Deux barbillons assez longs pour atteindra à l’extrémité des opercules pendent audessous du museau. Chaque narine n’a qu’une ouverture. Deux pièces composent chaque opercule , au-dessous duquel la membrane branchiale peut être cachée presque en entier La ligne latérale est voisine du dos; l’anus plus éloigné de la tête que de la nageoire de la queue, qui est fourchue ; et tous les rayons de la première dorsale , ainsi que le premier des pectorales, de l’anale et des thoracines , sont aiguillonnés.
Les écailles qui recouvrent la tête , le corps et la queue, se détachent facilement 2.
Le rouget vit souvent de crustacées. Il n’entre que rarement dans les rivières; et il est des contrées où on le prend dans toutes les saisons. On le pêche non seulement à la ligne , mais encore au filet. On ne devine pas pourquoi un des plus célèbres interprètes d’Aristote , Alexandre d’Aphrodisée , a écrit que ceux qui tenoient ce mulle dans la main, étoient à l’abri de la secousse violente que la raie torpille peut faire éprouver.
On trouve le rouget dans plusieurs mers,