Vbyez le Discours sur la nature des poissons
2. Des rougets ont pesé deux kilogrammes. Le kilogramme d’argent vaut à peu près 200 francs,
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«niers évalués à des sommes excessives.
«Maintenant c’est au prix des triomphes » qu’on achète et les cuisiniers et les pois- »sons qu’ils doivent préparer. » Et que ce luxe absurde , ces plaisirs féroces , cette prodigalité folle , ces abus sans reproduction, cette ostentation sans goût, ces jouissances sans délicatesse, cette vile débauche, cette plate recherche, ces appétits de brute, qui se sont engendrés mutuelle- 'ment , qui n’existent presque jamais l’un sans l’autre, et que nous rappellent les traits que nous venons de citer , ne nous étonnent point. De Rome républicaine il ne restoit que le nom; toute idée libérale avoit disparu; la servitude avoit brisé tous les ressorts de l’âme ; les sentimens généreux s’étoient éteints; la vertu, qui n’est que la force de l’âme, n’existoit plus; le goût, qui ne consiste que dans la perception délicate de convenances que la tyrannie abhorre, chaque jour se dépravoit; les arts, qui ne prospèrent que par l’élévation de la pensée, la pureté du goût, la chaleur du sentiment, éteignoient leurs flambeaux ; la science ne convenoit plus à des esclaves dont elle ne pouvoit éclairer que les fers ; des joies fausses, mais bruyantes et qui étourdissent , des plaisirs grossiers qui enivrent, des jouissances sensuelles qui amê*nent tout oubli du passé , toute considération du présent , toute crainte de l’avenir, des représentations vaines de ces trésors trompeurs, entassés? à la place des vrais biens que l’on avoit perdus, plusieurs recherches barbares, tristes symptômes de la férocité, dernier terme d’un courage abâtardi, dévoient donc convenir à des Romains avilis , à des citoyens dégradés, à des hommes abrutis. Quelques philosophes dignes des respects de la postérité s’éle voient encore au milieu de cette tourbe asservie : mais plusieurs furent immolés par le despotisme ; et dans leur lutte trop inégale contre une corruption trop générale, ils éternisèrent par leurs écrits la honte de leurs contemporains, sans pouvoir corriger leurs vices funestes et contagieux.
Les poissons dont le nom se trouve lié avec l’histoire de ces Romains dégénérés ont fixé l’attention de plusieurs écrivains. Mais , comme la plupart de ces auteurs éloient peu versés dans les sciences naturelles; comme d’ailleurs le surmulet a été, ainsi que le rouget, l’objet de la recherche prodigue et de la curiosité cruelle que nous venons de retracer , cl comme ces deux osseux ont les mêmes habitudes, et assez