TROISIÈME TÜE DE DA NATURE
temps ei temps, enfouis à des profondeurs plus oiï moins considérables, recouverts par des couches de diverse nature , pressés quelquefois sous des débris volcaniques*, et qui forment ces amas remarquables, ces réunions extraordinaires , où les cliétodons, et d’autrès espèces des mers équinoxiales des deux Indes ont laissé leurs empreintes ou leurs dépouilles au milieu de celles des babitans des mers tempérées et du voisinage du cercle polaire, et où les restes et les traits des fluviatiles paroissent confondus avec ceux des pélagiens?
Si l’on devo'it admettre cette idée , on pourroil assurer que, depuis le moment où les hautes montagnes et les pics élevés étoient les seules portions de la surface sèche du globe qui ne fussent pas inondées, plusieurs espèces dont on trouve l’image ou les parties solides dans cés agrégations de poissons de mer et de poissons d’eau douce , n’ont été modifiées dans aucun de leurs organes essentiels, ni même altérées dahs aucune de leurs formes les plus délicates; et ce seroit un fait bien important pour le véritable naturaliste 2.
A cette époque , les cétacées , les lamentins, les dugons et les morses, ont pu partager avec les poissons l’empire de l’océan.
A mesure que les eaux de la mer, en se retirant , ont laissé à découvert de plus grandes portions des continens et des îles , que de nouveaux rivages ont paru , et que des grèves plus doucement inclinées les ont environnés, les phoques, les tortues marines, les crocodiles, se sont multipliés sur ces bords favorables à leur reproduction, à leurs besoins , à leurs habitudes.
Alors les premiers oiseaux ont pu animer l’atmosphère. Ils ont trouvé sur la terre, déjà abandonnée par les eaux, l’asile nécessaire à leur repos, à leur accouplement, à leur nidification , à leurs pontes , à leur incubation, à l’éducation de leurs petits ; et ces premiers oiseaux ont dû être ceux que nous avons nommés oiseaux d’eau et latirémes * , et qui , pourvus d’ai-
1. On doit distinguer , dans les éruptions volcaniques , celles qu’il faudroit rapporter à des époques très-reculées , où la face de la terre pouvoitêtre très-dilFérente de celle quelle a aujourd’hui , et celles qui n’ont eu lieu que beaucoup plus récemment , et lorsque le globe avoit déjà reçu presque en entier sa configuration actuelle.