Le scare tacheté
Point (le rayons aiguillonnés et vingl-un rayons à la nageoire du dos ; neuf rayons à celle de l’anus; point de dentelure sensible aux os des mâchoires ; l’opercule d’une seule pièce ; une petite tache sur presque toutes les écailles du corps et de la queue.
celui des perroquets. On a saisi d’autant plus cette analogie , que les mâchoires du scare sont fortes , et propres à couper, trancher et écraser, comme celles des perroquets ; et que si ces oiseaux se servent de leur bec pour briser des os ou concasser des graines très-dures , les scares emploient avec succès leur museau pour réduire en pièces les petits têts et les coquilles des crustacées et des mollusques dont ils aiment à se nourrir. Un long exercice de leurs mâchoires et une pression fréquemment renouvelée de ces instrumens de nutrition contre des substances très compactes et très-difficiles à entamer ou à casser, altèrent les bords de ces os convexes et avancés, et, en les usant inégalement, y produisent souvent des saillies et de petits enfoncemens irréguliers. Mais il est toujours aisé de distinguer ces effets accidentels que le temps amène , d’avec les formes constantes que présentent ces mêmes mâchoires dans certaines espèces , même au moment où l’individu vient de sortir de l’œuf, et qui, consistant dans des denticules plus ou moins sensibles, ont toujours une disposition symétrique : signe non équivoque de leur origine naturelle.
Les scares se nourrissant de crustacées , d’animaux à coquille, ou de plantes marines, qu’ils peuvent couper et brouter, pour ainsi dire, avec autant de facilité qu’ils ont de force pour écraser des enveloppes épaisses , tous ceux de nos lecteurs qui se rappelleront ce que nous avons dit de l’in-
LE SCARE
fluence des alimens des poissons sur la richesse de leur parure, s’attendront à voir les osseux de la famille que nous examinons, parés de couleurs variées, ou resplendissant de nuances trés-vives. Leur attente ne sera pas trompée : les scares sont de très-beauxpoissons. Le sidjan, par exemple, est d’un bleuâtre trés-agréable à la vue, et relevé par des taches noires, ainsi que par le jaune clair ou doré de ses raies longitudinales. L’étoilé se montre couvert presque en entier de taches hexagones ou de petites étoiles blanches ou jaunes , ou d’un beau noir, disséminées sur un fond noirâtre qui les fait ressortir, et accompagnant d’uue manière très-gracieuse le jaunâtre des pectorales , le jaune de la dorsale, ainsi que de Fanale, et les raies dorées que l’on voit sur la caudale de quelques individus. Les raies pourpres et longitudinales du pourpré se marient , par une sorte de chatoiement très-varié, avec le verdâtre de la partie supérieure de ce poisson , le bleu de sa partie inférieure , la tache noire et carrée et la bordure pourprée de chaque opercule , le croissant noir que l’on voitsur chaque pectorale et sur la dorsale, le vert de ces mêmes nageoires , celui de la caudale, qui d’ailleurs est tachée de pourpre , et le bleu de l’anale , ainsi que les deux thoracioes. Ces tons si diversifiés sont, au reste, l’attribut bien naturel d’animaux qui , en s’approchant de la surface des mers , peuvent facilement , dans le climat qu’ils habitent , être fréquemment imprégnés de rayons solaires nombreux et éclatans. Le sidjan , l’étoilé et le pourpré , vivent près des cotes de l’Arabie , où ils ont été observés par Forskael.
L’ennéacanthe se trouve dans une mer voisine de celle de l’Arabie. Un individu de cette espèce a été apporté au Muséum d’histoire naturelle, du grand Océan équinoxial , où il avoit été pêché sous les yeux de Gommerson. Nous ignorons de quelles couleurs ce thoracin a été peint parla Nature ; mais ses nuances doivent être- vives , puisque ses écailles sont très - grandes. Comme le sidjan , l’étoilé et le pourpré , il a des rayons aiguillonnés à la nageoire dorsale. Mais au milieu de la petite famille que composent ces quatre scares , le sidjan , qui parvient jusqu’à une longueur de onze ou douze décimètres, et l’étoilé, qui ordinairement n’a que deux décimètres de longueur, forment un groupe particulier. Us ont l’un et l’autre , au-devant de la nageoire du dos P un aiguillon communément
SIDJAN. W9
tourné vers la tête , et caché sous la peau , au moins en très-grande partie. Les écailles qui revêtent ces poissons sont petites ; et ils paroissent préférer pour leur nourriture les plantes marines qui croissent au milieu des coraux ou des rochers , auprès des rivages arabiques. Leur chair, au moins celle du sidjan, est agréable au goût ; cependant , comme des blessures faites par des aiguillons de leurs nageoires ont souvent été douloureuses et ont causé des inflammations assez vives , on les a regardés comme venimeux.
Le pourpré est bon à manger, de même que le sidjan ; mais ses écailles , au lieu d’être petites comme celles de ce dernier scare , sont très-larges ; elles ont de plus une forme rhomboïdale , montrent une ciselure en rayons, et ne sont attachées que foiblement à la peau. On voit au-devant de ses narines un petit trou et une sorte de barbillon ; ses opercules sont dénués d’écailles semblables à celles du dos
LE SCARE HARID,
LE scare CHADRI, LE SCARE PER- ROQUET, LE SCARE KAKATOK
LE SCARE DENTICULÉ ET LE SCA- RE BRIDÉ,
C’est dans les eaux de la mer Arabique que Forskael a vu le harid , le chadri , le perroquet. Le kakaloe , auquel nous avons