‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 617 sur 731 · Maris, cerres , à Naples; giroli, et gerruli , à Venise · texte numérisé non relu

Maris, cerres , à Naples; giroli, et gerruli , à Venise

LE SPALiE SrAIlAILLO.X.

irès-maîgrc vers le milieu ou le commencemenl du printemps, s’il a éprouvé un froid assez vif pour tomber dans une sorte d’engourdissement, inulüplie beaucoup, se nourrit par préférence de moules el de petits crabes, et se laisse prendre facilement à un hameçon garni d’un morceau de crustacée. On le pêche particuliérement dans l’Adriatique, dans les eaux de la Toscane, et dans le lac de Gagliari.

Il ressemble beaucoup à la dorade et au sargue.

Ce dernier spare, indépendamment de ses larges incisives et de |la double rangée de molaires arrondies que l’on voit à chaque mâchoire, a la partie de l’intérieur de la bouche , qui est située dei riérc les incisives d’en haut et derrière celles d’en bas, pavée de dents courtes et aplaties : aussi écraset-il avec facilité des corps très-durs, et se nourrit-il des polypes des coraux, et des mollusques des coquilles. Sa langue néanmoins est lisse. Les écailles qui recouvrent les opercules sont plus petites que celles du dos. La partie supérieure du corps est comme carénée. Trois appendices ou cæcums sont situés auprès du pylore. La couleur générale paroît argentée. Un trèsgrand nombre de raies longitudinales dorées, ou jaunes, ou couleur d’orange, la relèvent, ainsi que la ligne latérale, qui est composée de petits traits noirs, les bandes étroites et transversales que le tableau générique indique, et la nuance noirâtre de la nuque , du dos, des thoracines, d’une partie de la queue , et du bord de la caudale.

Le sargue ne vit pas seulement dans la Méditerranée : on le trouve aussi dans l’Océan , au moins auprès de plusieurs côtes de France; dans la mer Rouge et dans le Nil, où l’on pêche un assez grand nombre d’individus de cette espèce pour en transporter jusqu’au mont Sinaï ; et il y parvient quelquefois à la longueur de six ou sept décimètres.

Aristote a eu raison de compter le sargue parmi les poissons qui se réunissent en troupes et qui fréquentent les rivages. Peutêtre ce grand naturaliste n’a-t-il pas eu autant de raison de dire que ce spare frayoit deux fois par an, dans le printemps et dans l’automne.

Comme dans presque toutes les espèces de poissons, on trouve dans celle du sargue plus de femelles que de mâles.

Lorsque ce spare a passé l’été dans une sorte d’abondance, et qu’il a vécu dans des

endroits rocailleux, sa chair est tendre cl

délicate.

A Fégard de l’amour merveilleux qu’Élien et Oppicn ont attribué à ce thoracin pour les chèvres , et de la propriété qu’on a supposée dans les incisives ou les molaires de ce spare, qui, portées avec soin, préservent, dit-on, de tout mal aux dents, nous ne ferons pas à nos lecteurs le tort de les prémunir contre des assertions dont l’état actuel de la science ne permet pas de craindre la répétition.

Je crois que nous devons regarder comme une variété du sargue un poisson que le naturaliste Cetti a fait connoître dans son Histoire intéressante des amphibies et des poissons de la Sardaigne, et que le professeur Gmelin a inscrit paraii les sparessous le nom spécifique de pantazzo, dans la treiziéme édition de Linné, qu’il a donnée au public. Ce puntazzo ne nous a paru, en elfet, différer du sargue, que par des traits très-peu nombreux ou très-peu essentiels, à moins que la forme de la caudale de l’un ne soit aussi peu semblable à la forme de la caudale de l’autre que la phrase du professeur Gmelin paroît l’indiquer; ce dont nous doutons cependant d’autant plus, que ce savant lui-même fait remarquer de très-grands rapports de conformation, de grandeur et de couleur, entre le sai'gue et le puntazzo.

L’oblade a la mâchoire inférieure hérissée de dents petites, aiguës et nombreuses. Son dos est d’un bleu noirâtre. Plusieurs raies longitudinales brunes s’étendent sur les côtés, qui sont argentés, et sur lesquels on voit aussi quelques taches grandes , le plus souvent très -irrégulières et d’un?

nuance obscure. Une de ces taches, placée prés de la caudale, y représente une bande transversale.

Ce spare ne pèse communément que cinq hectogrammes. Mais si les individus de cette espèce sont foibles, leur instinct leur donne les petites manœuvres de la ruse : il est assez difficile de les prendre dans une nasse , au filet, et surtout à l’hameçon; on diroit que l’habitude de n’être poursuivis par les pêcheurs que pendant le beau temps, leur a donné celle de se tenir tranquilles et cachés dans le sable ou dans le limon lorsque le ciel est serein et que la mer est calme. Mais si les ondes sont bouleversées par les vents déchaînés, ils ]>arcourent en grandes troupes de très-grands espaces marins; ils vont au loin chercher l’aliment qu’ils préfèrent , sans être retenus par les

LE SPARE SPARAÏLLON.

flots agités qu’ils sont obligés de traverser , et s’approchent sans crainte des rochers des rivages , si ces rives battues par la mer courroucée leur présentent une nourriture qui leur convienne. Des pêcheurs .industrieux ont souvent choisi ces temps deteiiipele pour jeter dans i’eau de petites masses de pain et de fromage pétris ensemble, que les oblâdes avaloient sans danger, dont ces spaies pouYoicnt revoir l’image sans méfiance , et auprès desquelles on plongeoit ])ientôt des hameçons garnis d’une composition semblable, dont les précautions ordinaires de ces thoracins ne les éloignoient plus. Duhamel nous apprend que les liabilans de la côte voisine d’Alicante en Espagne attirent ces animaux avec de petites boules de soufre ; et nous trouvons dans Pline , qu’auprès d’Herculanum et de Stabia les obladcs s’approchoient assez de la rive pour prendre le pain qu’on leur jetoil, mais qu’elles avoient assez d’attention et d’expérience pour distinguer l’appât perfide qui tenoit à un hameçon^.

Le smaris a les, nageoires pectorales et thoracines terminées en pointe. Une belle tache noire relève la blancheur ou la couleur argentée de ses côtés. Du temps de Rondelet, on prenoit sur plusieurs côtes de la Méditerranée, et particuliérement sur les rivages septentrionaux de cette mer, une grande quantité de smaris. Les pêcheurs les exposoient à l’air pour les faire sécher, ou les conservoient en les imbibant

i. 6 rayons à la membrane branchiale du sparaiUon.

14 rayons à chacune dgs pectorales.

1 rayon aiguillonnë et 5 rayons avlicnlés à chacune des thoracines.

20 rayons à la caudale.

6 rayons à la membrane brancbiale du s argue.

16 rayons à chaque pectorale.

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine.

22 rayons à la nageoire de la queue.

G rayons h la membrane branchiale de i’oljlade.

13 rayons à chaque pectorale.

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés h ct'.aquc ilioracine.

17 rayons à la caudale.

G rayons à la membrane branchiale du smaris.

1 i rayons à chaque pectorale.

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés U chaque thoracine.

17 rayons ji la nagepirs de Jâ queue*

de sel, ce qui donnoit à ces poissons un goût très-piquant et les faisait nommer picarels dans plusieurs contrées de France, ou les laissoient tremper et fondre , pour ainsi dire, dans de l’eau salée, pour obtenir cette composition nommée garum, dont les anciens étoient si avides, et qu’ils appeloient une liqueur exquise.

LE SPARE MENDOLE%

LE SPAIIE AîlGE.NTÉ, LE SPARE HUR-

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