‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 64 sur 731 · Le premier piairicd de IVtn · texte numérisé non relu

Le premier piairicd de IVtn

en la faisant passer par-dessus la lévrc supérieure.

On n’aperçoit pas de langue ni de narine ; mais on voit au palais , et autour de l’ouverture par laquelle l’évent communique avec la cavité de la bouche . une membrane plissée , que je suis d’autant j)lus porté à regarder comme l’organe de l’odorat du gaslrobranche aveugle, que son organisation est très-analogue à celle de l’intérieUr des narines du plus grand nombre de cartilagineux, et que les plus fortes analogies doivent nous faire supposer dans tous poissons un odorat très-sensible. ^

Le corps de l’aveugle, assez délié cl cylindrique , ne parvient presque jamais à la longueur d’un pied, ou d’environ trois décimètres. Il présente de chaque côté une rangée longitudinale de petites ouvertures, qui laissent échapper un suc trés-gluanl ; une matière semblable découle de presque , tous les pores de l’animal : et ces liqueurs | non-seulement donnent à la p.cau de l’aveugle qui en est enduite une sorte de \crnis et une grande souplesse; mais encore , ,

suivant Gunner et d’autres naturalistes, j elles rendent visqueux un assez grand volume de l’eau dans laquelle ce gastrobranche est plongé.

Ce cartilagineux n’a d’autres nageoires que celle du dos, celle de la i[ueue et celle ! de l’anus, qui sont réunies, très-basses, et composées de rayons mous, que l’on ne peut compter à cause de leur petitesse et de l’épaisseur de la peau qui les revêt.

L’ouverture de l’anus est une fente trésallongée ; et sur le ventre sont placées deux ouvertures, dont chacune communique à six branchies. Une artère particulière qui aboutit à la surface de chacun de ces organes respiratoires s’y distribue , comme dans les autres poissons , en ramifications très-nombreuses, au milieu desquelles sont disséminées d’autres ramifications qui se réunissent pour former une veine.

Le canal intestinal est sans sinuosités.

Les petits éclosent hors du ventre de la mère.

L’aveugle habite principalement dans l’Océan septentrional et européen : il se cache souvent dans la vase ; il pénètre aussi quelquefois dans le corps de grands poissons, se glisse dans leurs intestins, en parcourt les divers replis, les déchire et les ' dévore; et celte habitude n’avoit pas peu servi à le faire insciire parmi les vers intestinaux, avec le lænia, et d’autres genres d’animaux dénués de sang rouge»

LE GASTROBKANGHE DOMBEY.

LE

GASTROBKANGHE DOMBEY.

Nous donnons ce nom à un cartilagineux dont la peau sèche a été apportée au Muséum national d’histoire naturelle par le voyageur Dombcy, et dont aucun naturaliste n’a encore parlé. 11 est évidemment de la même famille que l’aveugle ; mais il appartient à un autre hémisphère . et c’est dans la mer voisine du Chili, et peut-être dans celle qui baigne les rivages des autres contrées de l’Amérique méridionale , qu’on le trouve. 11 a de très-grands rapports de conformation avec l’aveugle, mais il parvient à une longueur et à une grosseur deux fois au moins plus considérables ; il en est d’ailleurs séparé par d’autres dilférenccs que nous allons indiquer en le décrivant.

La tête de ce gastrobranche est arrondie et plus gi’osse que le corps : elle présente quatre barbillons dans sa partie supérieure ; mais l’état d’altération dans lequel étoit

l’individu donné par Dombcy n’a pas permis de s’assurer s’il-y en avoit deux auprès de la lèvre inférieure , comme sur l’aveugle. Les dents sont pointues , comprimées, triangulaires , et disposées sur deux rangs circulaires : l’extérieur est composé de vingt-deux dents, et l’intérieur de quatorze. Une dent plus longue que les autres , et recourbée, est d’ailleurs placée à la partie la plus haute de l’ouverture de la bouche.

L’organe de la vue et celui de l’odorat ne sont pas plus apparens sur le dombey que sur l’aveugle. La couleur du -gastrobranche que nous cherchons à faire connoître étoit effacée , ou paroissoit dénaturée , dans la peau que nous avons vue. La queue, dont la longueur n’excède guère le double du diamètre du corps, est arrondie à son extrémité, et terminée par une nageoire qui se réunit à celle de l’anus. Ces deux nageoires sont les seules que présente l’animal; elles sont trés-basscs, très-difficiles à distinguer, et composées de membranes au milieu desquelles on n’a pu que soupçonner des rayons sur l’individu desséché que nous avons examiné.

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treizième genre.

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