LE SPARE MÉACO ET LE SPARE
HESFONTAliNES.
Nous devons à Plumier un dessin du chrysomélane-j qui, dans les eaux de l’Amérique équinoxiale, parvient à une longueur de quatre ou cinq décimètres. La mâchoire inférieure de ce poisson est plus avancée que la supérieure; les lèvres sont grosses ; l’œil est grand ; et toutes les nageoires sont comme marbrées de couleur de chair, et de gris ou de bleu.
Le spare hémisphère habite dans le grand Océan équinoxial , où il a été observé par Commerson, qui en a transmis une figure dans ses manuscrits , avec un dessin du panthérin, et un dessin du brachion, que l’on trouve l’un et l’autre dans les eaux où l’on pêche le spare hémisphère. Ce dernier thoracin a la dorsale et l’anale trèslongues et très-larges ou très-hautes ; cette nageoire de l’anus est d’ailleurs parsemée de petites taches.
La tête du méaco est comprimée, et ses nageoires sont tachetées de brun ; le nom que nous lui avons donné rappelle une grande ville du Japon, et indique qu’on le pèche dans les eaux de cette contrée , où Thunbeig l’a observé*.
i. 9 ou 10 rayons' à chaque pectorale du spare chrysomélane.
C rayons à chaque ihoracine.
12 rayons â la nageoire de la queue.
14 rayons à chaque pectorale du ^are héiiiLphère,
Quant au spare desfontaines, nous le dédions, par la dénomination que nous lui donnons, à notre célèbre et excellent ami Desfontaines, notre confrère à l’Institut, et notre collègue au Muséum d’histoire naturelle, qui l’a trouvé dans les eaux thermales, pendant son intéressant voyage en Barbarie. M. Desfontaines a vu ce poisson drns les eaux chaudes des deux fontaines de la ville de Gafsa, au royaume de Tunis. G es eaux firent monter le thermomètre de Réaumur à 30 degrés au-dessus de la glace , dans le mois de janvier ou de nivôse, saison où , dans cette partie de l’Afrique , la température de l’atmosphère varie, pendant le jour, de dix à quinze degrés. Ges eaux chaudes sont fumantes , mais elles n’ont pas paru minérales à M. Desfontaines ; et lorsqu’on lésa laissées se refroidir, elles sont bonnes, trés-limpides, et les seules dont fassent usage pour leur besoin les habitans de la ville de Gafsa et des environs. Nous consignons ce fait important*, avec d’autant plus de soin dans cette Histoire , que M. Desfontaines a trouvé la même espèce de spare ^ dans les ruisseaux d’eau froide et saumâtre qui arrosent les plantations de dattiers à Tozzer.
LE SPARE ABILDGAARD,