‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 89 sur 731 · EANT · texte numérisé non relu

EANT

{ télé ; les nageoires pec- ^ toi-ales très-grandes.

ESPECE

Le PÉGASE SPA-' TULE. '

GARA CTERES.

Le museau en forme de spatule , et sans dentelures ; les nageoires pec- , torales peu grandes.

LE PÉGASE DPiAGON.

Presque tous les pégases ont leurs nageoires pectorales conformées et étendues de manière à les soutenir aisément et pendant un temps assez long , non-seulement dans le sein des eaux, mais encore au milieu de l’air de l’atmosphère, qu’elles frappent axec force. Ce sont en quelque sorte des poissons ailés, que l’onabiéntôt voulu regarder comme les représentans des animaux terrestres qui possèdent également la faculté de s’élever au-dessus de la surface du globe. Une imagination riante les a particulièrement comparés à ce coursier fameux que l’antique mythologie plaça sur la double colline ; elle leur en a donné le nom à jamais célèbre. Le souvenir de suppositions plus merveilleuses, d’images plus frappantes, de formes plus extraordinaires, de pouvoirs plus terribles, a vu, d’un autre côté , dans l’espèce de ces animaux que l’on a connue la première , un portrait un peu ressemblant, quoique composé dans de très-petites proportions, de cet être fabuleux, qui, enfanté par le génie des premiers chantres des nations , adopté par l’ignorance , divinisé par la crainte , a traversé tous les âges et tous les peuples , toujours variant sa figure fantastique, toujours accroissant sa vaine grandeur, toujours ajoutant à sa puissance idéale, et vivra à jamais dans les productions immortelles de la céleste poésie. Ah! sans doute , ils sont biens légers ces rapports.

que l’on a voulu indiquer entre de foibles poissons volans découverts au milieu de l’océan des Grandes-Indes , et l’énormè dragon dont la peinture présentée par une main habile a si souvent effrayé l’enfance , charmé la jeunesse , et intéressé l’âge mûr, et ce cheval ailé consacré au dieu des vers par les premiers poètes recqpnoissans. Mais quelle erreur pourroit ici alarmer le naturaliste philosophe? Laissons subsister des noms sur le sens desquels personne ne peut se méprendre , et qui seront comme le signe heureux d’une nouvelle alliance entre les austères scrutateurs des lois de la Nature et les peintres sublimes de ses admirables ouvrages. Qu’en parcourant l’immense ensemble des êtres innombrables que nous cherchons à faire connoître. les imaginations vives, les cœurs sensibles des poêles, ne se croient pas étrangers parmi nous. Qu’ils trouvent au moins des noms hospitaliers qui leur rappellent et leurs inventions hardies et leurs allégories ingénieuses, et leurs rableaux enchanteurs , et leurs illusions douces ; et que , retenus par cet attrait puissant au milieu de nos conceptions sévères, ils augmentent le charme de nos contemplations en les animant par leur feu créateur.

Gomme tons les animaux de sa famille, le pégase dragon ne parvient guère qu’à un décimètre de longueur : il est donc bien éloigné d’avoir dans l’étendue de ses dimensions quelque trait de ressemblance avec les êtres poétiques dont il réunit les noms. Mais tout son corps est couvert de

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