LETTRE III
Rien ne s'accorde mieux, mon cher comte, au charmant style de vos lettres, que Tagréabie matière qui vous a fourni l'occasion de m'écrira depuis que vous êtes à Versailles: je suis pénétré de joie de leur contenu, et de reconnaissance de votre exacte attention. Vous ne vous contentez pas de mettre du baume dans mon sang , par les bonnes nouvelles de la santé du cher Dauphin; vous y joignez toutes les douceurs capables de me donner de la vanité si j'étais persuadé de les mériter; cela n'empêche pas d^avouer que votre suffrage me rend bien glorieux : quant à ce que vous me demandez sur mon voyage, je suis toujours dans la même perplexité; ainsi je vous conseille , ayant fait vos affaires , de revenir. Tattends avec plaisir votre retour pom* vous embrasser, et vous dire que je suis de tout mon cœur , votre très affectionné , '
Staicislas, roi.
Le 17 d'août 175a.
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Votre lettre, mon cher comte, est un discours académique , et votre style ne devient que plus brillant quand vous l'employez sur un sujet qui ne fournit pas de soi-même les ressources d'un éloge. Il n'y a qu'une pareille éloquence à la vôtre, qui- puisse faife valoir ce qui n'est d'aucun prix; tout flatté que je le suis par l'estime que j'ai de vos sentiments, j'aurais cependant beaucoup de peine à me persuader de tout ce dont vous êtes prévenu en ma faveur. Je vous suis bien obligé des nouvelles que vous me donnez de notre saint évêque : je souhaite d'en apprendre de plus satisfaisantes. Comme je me crois, depuis que j'ai assisté à votre audience publique, associé à votre illustre Académie, je m'arroge le droit de donner mon suffrage pour le nouveau directeur. J'espère que vos confrères s'y conformeront en faveur de M. le Prince, que je vous prie de leur proposer de ma part. Je donne le même ordre au chevalier Solignac; je vous prie de ne pas oublier M. Saulise. Vous me feriez bien plaisir, si, après votre séance, vous veniez, si ce n'était que pour un jour, à Lunéville, et l'ameniez avec vous. Je suis de tout mon cœur, votre affectionné ,
Stanislas, roi.
Le i5 de janvier 1753.
458 I.ETTRES.
J'ai reçu , mon cher comte , avec grand plaisir votre lettre, qui pourrait tenir lieu d'un beau discours académique , où le cœur est aussi éloquent que l'esprit. J'ai lu avec bien de la satisfaction et de l'admiration la belle pièce que vous m'envoyez, qui doit faire le plus bel ornement du recueil qui va paraître. Je l'envoie à Solignac qui est à Nancy. Si tous les ouvrages de littérature étaient comme, celui-là, on ne balancerait pas entre la crédulité et le doute , pour se déterminer à juger de sa perfection. J'espère que vous n'oubliez pas ce que vous devez dire à l'érection de la statue. Je compte beaucoup sur l'honneur que vous ferez à la fête que je prépare. Je vous embrasse de tout mon cœur.
Stanislas, roi.
Mes compliments à madame de Tressan.
Ce i5 mai 1754.
Vous êtes toujours le très bien venu quand vous venez , et maudît quand vous ne venez pas.
J'attendrai donc avçç impatience votre arrivée pour lever la malédiction et bénir le jour par votre présence. Au reste^ je vous souhaite, en vérité, pour cette année plus de bonheur que vous ne sauriez désirer. Il est dû à votre mérite et à la part que j'y prends. Je suis de tout mon cœur votre très affectionné,
StAN iSLA.S , ROI.
Le i*^ janvier 1757.