LETTRE XXIV
II novembre 1776.
Je n'ai fait qu'entrevoir M. de Toulongeon. Il m'a donné, monsieur, la plus grande envie de jouir de sa charmante société; mais mon âge et mes maux ne me l'ont pas permis : je ne suis plus de ce monde. Je m'intéresserai tendrement à vous jusqu'à mon dernier moment; mais à quoi cela sert -il? Je suis prensans necquicquam umbras et multa volens dicere^ et je suis réduit à ne rien dire.
M. de Toulongeon m'a paru infiniment aimable et bien digne de votre amitié. Il a les grâces, la politesse, les talents que je vous ai connus. Avec tout cela on n'est pas toujours heureux; il y a, comme vous savez, une distance immense entre être heureux et être aimable.
Je suis consolé en apprenant que vous passez votre vie avec M. de Saint-Lambert; mais j'ai peur que l'hiver ne vous sépare. Il n'y a que nous autres, ours des Alpes et du Mont-Jura, qui passions notre vie à la campagne. Les beaux
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oiseaux de vos cantons doivent se retirer à la ville quand les feuilles sont tombées.
Mihi jam non regia Roma , «
Sed THicuum Tiburplacet aut ùnbelle Tarenium,
Je suis très touché, monsieur, de votre souvenir; vos bontés pour moi rappellent mon ancienne sensibilité , elle ne finira qu'avec mes jours. Posthume y Posthume , labunturanni. J'aime à citer Horace à un homme de sa famille.
Le vieux malade, V....