A MADAME LA D. D. V
Trop long-temps , ô muse indiscrète !
M'inspirant de folles chansons, Tu fis résonner ma musette
D amour ou de malins fions fions.
Abandonne la bergerie; Ne te permets plus, dans* tes jeux, Que la bonne plaisanterie , Qui n a jamais rien de fâcheux.
Jette au loin tes folles marotes , Ne chante plus que les goulotes y.
Le parc aux cerfs de Trianon, Les mules grises, les capotes, Marie et la rue Chapon.
Lorsque Ton quitte avec courage
Le cavagnole et les grandeurs,
Va , cours au quatrième étage ,
Lieu charmant où s'ouvrent les cœurs.
En entrant , baise la houlette
Qui te va sûrement frapper ;
Lis , dans les beaux yeux de Papette ,
De quel soin tu dois t*occuper.
Lorsque la migraine cruelle
Ferrtie ses yeux , éteint sa voix ,
Un instant, éloigne-toi d'elle,
Dis : Nous perdons trop à-la-fois.
Si Marianne et sa poupée Sortent en ce triste moment , Profite bien de ta soirée.
Invente quelque amusement :
A genoux , et d'un air timide , Passe un écheveau dans tes bras y Suis la belle main qui dévide, Surtout qu'elle n'accroche pas.
Prends garde en ce charmant ouvrage ;
Si tu prenais un air distrait ;
On se connaît en radotage ,
On devinerait ton secret.
Songe au mortel que Timprudence
A fait précipiter des cieux ;
Qu'on n'explique point ton silence ;
Ne file (i) qu en baissant les yeux.