‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 53 sur 123 · ODE · texte numérisé non relu

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OuÈLS sons ! quelle clarté nouvelle Fait luire à mes yeux un beau jour !

Quelle est cette jeune immortelle Qui vient embellir ce séjour ?

Telle sur les bords du Scamandre , Anchise te voyait descendre, O Vénus j mère des plaisirs !

Telle, dans un bois solitaire, La sœur du dieu qui nous éclaire, Charme l'objet de ses désirs.

Je la reconnais au délire De ses agréables concerts :

C'est la muse qui, pour Thémire j Se plaît à me dicter des vers.

Pour charmer mon inquiétude, Elle vient, dans ma solitude,

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M'itlftpirer de notrreaux accords :

Tous ses feux coulent dans ma veine.

Je m'élève ,... et de rHippocrène Déjà je reconnais les bords.

Tous les amants dont l'esclavage Fut illustré par leurs chansons , Se promènent sur ce rivage , D'Ovide écoutant les leçons.- Là j Tibule aux pieds de Délie Peint tous les charmes de la vie^ Et l'innocence des hameaux :

Properce y couronne Cynthie ; Et Catule de sa Lesbie Grave le nom sur les ormeaux.

J'entends la trompette éclatante Célébrer le fils de Thétis ; Taime à voir le vainqueur du Xanthe Esclave aux pieds de Briséis. Hésiode, en sa docte ivresse, S'élève au plus haut du Permesse , A la terre il donne des dieux; Dans ses chants , le divin Alcée Vole plus haut que Prométhée, Pour ravir la flamme des cieux.

O Vénus ! devenez sensible ; De Sapho recevez les pleurs :

Sur ce promontoire terrible, Elle court finir ses malheurs.

Conduisez l'amoureux Orphée

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Dans ces routes que 5uit Alphëe Pour arriver aux sombres bords;' Qu'il y suspende son supplice, Et qu'il dorre son Eurydice A la douceur de ses accords^

Près d'Apollon, je vois Pindare :

De l'ode il dicte les leçons ; Le beau désordre qui l'égaré Ne fait qu'animer ses ohansoiis.

Paies! viens écouter Virgile; n chante, aux genoux d'Amarilie^ Tes dpns ennoblis par sa voix :

Près d'Auguste il reprend sa lyre; Du fondateur d'un vaste empire Ses chants consacrent Ies< exploits.

En vain une troupe effrénée De satyriques fuiieux.

Veut, d'une haleine empcHsonnée, Infecter ces aimables lieux; Je vois sur eux la noire envie , Les vices et la calomnie, Secouer d'horribles serpents ; Pour eux Thalie inexorable Déteste une veine coupable , Qui déshonoi« ses talents.

Quelles sont les troupes riantes Qui m'attirent dans ce vallon ?,..

C'est Bacchus , suivi des Bacchantes , Et conduit par Anacréon.

3ao ~ oi>Es.

Les Satyres et les Dryades , Se joignant aux folles Ménades^ Frappent Therbe d un pied léger; De roses ils forment la chaîne Dont, en riant, le bon Silène^ Cherche en vain à se dégager^

A son secours sa voix appelle Sarrazin , La Fare et Ghaulieu i Ils accourent avec Chapelle ; Ils entourent le demi dieu :

L*un d'eux lui vole sa bouteille y L'autre d'une mûre vermeille Le barbouille d'un air badin ; Ninon lui présente son verre , L'agace d'une main légère^ Et Nolet lui verse du vin.

Marot chante sur la fougère Valois q\xi\ retrouve en ces lieux ; Sous les habits d'une bergère, On reconnaît le sang dés dieux^ Je vois les grâces attentives Caresser les muses naïves , Charmantes sous leurs vieux atours^ Leurs guirlandes toujours fleuries Ont le vif émail des prairies, Et parent encor les amours.

De Malherbe la muse altière Ne se pare que des lauriers^ Qu'elle cueille dans la carrière

Des demi-dieux et des guerriers :

D*un ton [^Ins naïf et plus tendre Deshoulières se fait entendre ; Tous les cceurs s'ouvrent à sa voix :

Au bord d'une onde vive et pure , Elle reçoit de la nature Les leçons dont elle a fait choix.

Sous un berceau que l'Hippocrène Entoure ^ en suspendant son cours , Je vois l'aimable La Fontaine Badiner avec les amours :

Il s'entretient avec Horace:

Quelle majesté! quelle grâce Animent leurs brillants portraits !

Tous deux ils couronnent Thémire; Tous deux ils accordent ma lyre , Pour en célébrer les attraits.

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