‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 59 sur 123 · POUR LA FÊTE DE MADAME LA COMTESSE DTT · texte numérisé non relu

POUR LA FÊTE DE MADAME LA COMTESSE DTT

De Sophie ayançons la fête ; Heureux enfiints, appelez-nous; Laissez-nous cueillir avec tous Des fleurs pour couronner sa tête.

Ses grâces 9 sa simplicité »

De celles des champs est Timage ; A son génie on rend hommage, Et nous adorons sa bonté.

Une douce philosophie Rend heureux^ rend égaux ses jours ; La voir et l'écouter toujours , C'est le vœu qu'inspire Sophie.

A vingt ans, on dit : j'apprendrai, En suivant ses pas, l'art de plaire.

Et rien ne pourra me distraire Des leçons que je recevrai.

Est-on bien vieux? on ne regrette Que les jours passés sans la voir; Radote-t-on sans le savoir?

On est traité comme Suzette (i).

(i) Vieille chienne de madame D*H.

J'en aurai la fidélité

Pour cette divine Sophie,

Qui porte, en l'hiver de ma vie,

Fleurs de printemps , chaleur d'été.

Je pourrai souvent auprès d'elle Chanter Galaor , ses amours ; Je saurai le peindre toujours Bien vif, bien galant, plus fidèle.

Du divin chantre des saisons' Si je n'ose toucher la lyre , Du moins , des pipeaux de Tityre Je tirerai quelques chansons.

A MADAME DE G

En vain j'accorde cette lyre , Qui des doux transports de nos cœurs Chantait les feux et le délire : Chloé , je la baigne de pleurs.

Aux accents de ma voix plaintive, S'envolent les Ris et les Jeux :

Leur troupe folle et fugitive Quitte ton amant malheureux.

34o STANCES.

L'amour seul voit couler mes larmes ; L'amour seul demeure avec moi ; Il sait me peindre tous tes charmes , Il sait m'assurer de ta foi.

Il me lit ta lettre charmante :

Elle part , dit-il » de son cœur.

Maintenant, seule y languissante, Ghloé partage ta douleur.

Pour charmer son inquiétude, Pour ses plaisirs les (dus touchants.

Elle cherche la solitude, Elle caresse ses enfants.

Aux traits riants de leur en&nce , Souvent son regard curieux Cherche une douce ressemblance.

Ah ! ma Chloé , Dieux ! quelle image ! Et puis-je encor soufirir le jour?

Je suis né pour ton esclavage , Je meurs dans celui de la cour.

Que ne puîs-jc passer ma vie A jouir de ces sentiments , Doux enfants de la sympathie, Et consacrés par nos serments !

Loin de m aveugler, tu m'éclaires , Et me rends à la liberté.

Non, rien n*est digne de te plaire Que Thonneur et la vérité.

C'est de cette vérité pure Que ton cœur a reçu la loi ; En naissant, les dieux, la nature.

Et lamour ont tout fait pour toi.

A ces dieux, d'un essor sublime, Et de vils liens dégagés , Offrons un tribut légitime.

Et libre des vains préjugés.

Rendons hommage à leur puissance ; Aimons-les.... ils nous ont unis :

D'une juste reconnaissance Offrons^leur les vœux réunis.

Dans ce beau nœud qui nous assemble ,

Justes , innocents , vertueux ,

Ma Chloé, jouissons ensemble

Du bonheur que nous tenons d'eux.

A la fin de notre carrière ,

Qu'un même coup tranche nos jours.

Ne regrettons pas la lumière,

Ne regrettons que nos amours.

Ce premier titre que j'adore , Pour comble de félicité, Nous unira peut-être encore Au sein de l'immortalité.

34a STANCES.

A M. DE VOLTAIRE

Sur le poème àe Fontenoy (x).

Le digne fils de Henri Quatre Vient à nos yeux de l'imiter ; Qu un Français qui l'a vu combattre , Aime à te l'entendre chanter!

Henri, dans les champs de la gloire.

En combattant pour ses foyers , Reçut des mains de la victoire Et son empire et ses lauriers.

Louis , ta couronne affermie , Gage du bonheur de l'eut , Ne craint plus la ligue ennemie , Le fanatisme et l'attentat.

Maître absolu dès ton aurore y C'est pour toi qu'au pied des autels, Un peuple soumis qui t'adore Offre des vœux aux immortels.

(f) Ces vers fiirent faits dans un voyage de Choisy , à la demande de monseigneur le Dauphin.

Tu fais respecter les frontières Que toi seul pouvais t'imposer ; Ton bras renverse les barrières Qu'en vain on cherebe à t'opposer.

Ton grand cœur ne veut pas attendre L'ennemi qui leur sert d'appui; Dès qu'il s'apprête à les défendre^ Tu voles au-devant de lui»

Il vient; déjà la foudre gronde

Et fait voler au loin la mort ;

Aux pieds (i) du plus grand roi du monde»

Les dieux arrêtent son effort.

Bientôt une colonne entière , L'élite de deux nations, Fait pénétrer sa tête altière Au milieu de nos bataillons.

De feu, de métaux, de bitume.

Tel on voit un torrent affreux, Dont le cours entraîne et consume Tout ce qui s'oppose à ses feux.

Volez, troupe fière et fidèle (a).

Si digne de garder nos rois:

(i) Un bonlet de caaon vint frapper aux pieds du clieval du Roi , dans on petit fossé , sur le bord duquel il était arrêté ; le coup couvrit de boue la tête et le poitrail de son cheval ; il fit arracher de terre le bonlet , le donna à M. de Chabril, offider d'artillerie , en lui disant , Renvoyes-le aux ennemis , je ne veux rien avoir à eux.

(a) La maison dn Roi*

344 STAKCES.

L'amour , la gloire tous i^pdle ; De Louis entendez la voix.

Il TOUS aurait conduits lui-même (i) Sans nos larmes et sans nos cris; Méritez cet honneur suprême En renversant les ennemis.

Exilés d'ime Qe chérie (a).

Victimes d'un sort inhumain, Courez défendre la patrie Qui vous a reçus dans son sein.

Suivez cette antique cohorte (3) Qu'aux périls vous voyez courir :

Jaloux du beau feu qui l'emporte , Allez triompher ou mourir.

Tout vole... et ce combat horrible Dans un moment fixe le sort; L'Anglais tombe, et, toujours terrible, n firappe en recevant la mort.

(i) Le Roi Toyant m maison qui s*ébnailaît povr marcher, demanda sa cniiasse pour aller diargcr i sa tète : les cris de tous ceux qui rcntoinaîent le retinrent. MM. de Noaîlles et d'Harcoart arrêtèrent moBMignenr le Daaphin, qni s*édiappa!t d*aaprès du Roi» rëpée à la main , poor joindre la tète de sa maison; il n*aTait alors qna qnînse ans et demi.

(s) La brigade irlandaise.

(3) Les quatre bataill<His du régiment de Normandie.

Abattu y ïïMÀs encor farouche , La rage est peinte dans ses yeux ; On enteiul sortir de «sa bouche Des cris mourants, mais furieux.

Du sein de la voûte azurée, Minerve regardait Louis , Veillait sur sa tête sacrée Et sur les beaux jours de son fils.

Leurs mains du temple de mémoire Arrachent ces sanglants lauriers, Perdus... mais perdus avec gloire Aux funestes champs de Poitiers,

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