ENVOI A MADAME LA COMTESSE DE CA^RAMAN
Vous voyez près de vous vos amis empressés Plaindre les maux que vous souffrez.
Ah! jouissez du moins, au milieu dç vos peines , Des plaisirs que le ciel devait à votre cœur :
Vous avez eu d'aimables chaînes, Arrêtez cet époux digne de son bonheur :
Dans les bras d'une tendre mère
Je vous vois avec vos enfants,
Former leur cœur, leurs sentiments.
Ils vous ressembleront; ils commencent à plaire.
Vivez pour eux; vivez pour nous,
Jouissez de notre tendresse ; Ce sont les vœux que me dicte pour vous , Le croiriez-vous... ? La voix de ]a sagesse.
D£ SAINTE thaïs.
Air : L'ombre.
Ton enfant perfide Vivait sans t'aimer; Sa bouche timide N'osait te nommer.
J'étais égarée :
Je reviens à toi ; Toi qui m'as créée , Prends pitié de moi.
Déjà ta présence Bannit ma terreur;
La douce espérance Renaît dans mon cœur :
Peuples de la terre, Tombez à genoux ; Le dieu du tonnerre A les yeux sur vous.
La seule innocence Obtient ses faveurs; Souvent, en silence, Ouvrez-lui vos cœurs.
Guidés par la Grâce, Marchez à grands pas, Franchissez Tespace, Volez dans ses bras.
Source de la vie , Mon unique roi , Mon ame ravie Veut s'unir à toi :
Epure cette ame Par des traits puissants; Qu'un torrent de flamme Détruise mes sens.
Quel feu plein de charmes Me ravit aux cieux !
Quelles douces larmes Coulent de mes yeux !
Jouis bien, mon ame, D'un instant si doux :
Le dieu qui t'enflamme , Devient ton époux.