‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 68 sur 123 · COUPLET · texte numérisé non relu

COUPLET

Quand la Pologne en danger De tomber dans l'esclavage, Recevant un étranger , Dans son roi perdit un sage ; Ce qui fit tout son malheur, Lorrains , fit votre avantage ; Ce qui fit tout son malheur, Lorrains , fit votre bonheur.

Faite ches madame la dachesw de Brancaa , qui avait alors GhayiUe.

Ai& : Je n*ai pour toute maison.

Esclaves des vains désirs , Vifs habitants de la ville , Si vous cherchez les plaisirs , Venez, ils sont à Ghaville; On y voit la liberté, L'abondance, la gaîté.

L'amitié douce et tranquille ; Même sur la fin du jour, Quelquefois on voit l'amour. ^

366 cHAirsoirs.

Ai& : Quand vous entendez le doux zéphir^

Dans mon printemps

Les bois et les champs Retentissaient du nom de Thémire;

Quand je chantais Et te célébrais , L* Amour montait ma lyre.

Je suis heureux Et plus amoureux ; Je vais dès l'aurore ,

Comme autrefois,

Chanter encore

Ce que j adore :

Ëcoute ma voix;

Que ses accents Puissent dans tes sens Porter le feu qui brûle mon ame;

Que les amours Se plaisent toujours A ranimer ta flamme.

Chbre Hébé, vois la nature Se parer déjà de fleurs !

Le ciel brille , l'air s'épure , L'Aurore verse des pleurs; Sur cette rive fleurie, De lilas et de muguet, Avec moi , dans la prairie , Viens te cueillir un bouquets >«'* .

J'ai bien payé cette rose ; Maladroit et malheureux , Mon sang coule; liia main n'ose En parer tes beaux cheveux.

De ma vie, ah! c'est l'image; Les épines sont pour moi :

Hébé , tout m'en dédommage Quand les roses sont pour toi.

Tu commences ton aurore Et mes beaux jours sont passés :

En vain mon cœur aime encore , Ce n'est point t'offrir assez.

Que celui-là seul t'enflamme.

Qui sait plaire autant que toi ; Il méritera ta flamme S'il sait t'aimer comme moi.

368 cHAnsoirs.

Mais j aperçois un nuage Qui paraît nous menacer :

Retournons Ttte au TiDage :

Nos bergers Tont y danser.

Ta danse. vive et légère Est rimage de ton cœur; Tu ne sais encor que plaire.

Sans redouter un vainqueur»

AiB. : Je vais te voir, charmante Lise.

Te voir, t*aimer et te le dire, Fera sans cesse mon bonheur; • Je saurai cacher un martyre Que tu plains au fond de ton cœur.

Les maux que fait souffrir l'absence , Sont les plus douloureux pour moi :

Je crains moins ton indifiTérence Que de vivre éloigné de toi.

Air : Ah ! combien l'amour a de charmes.

Le printemps ne fait point éclore De fleurs plus brillantes que vous ;

CHÀirsoirs. 369

Les oiseaux chantait dès l'aurore N'ont point des accents aussi doux ; Sans cesse une grâce nouvelle Se dévoile et vient vous parer :

Heureux qui, vous voyant si belle.

Ne fera que vous admirer!

Plus heureux qui pourra vous plaire !

Qu'il soit digne d'un sort si doux!

Que rien ne puisse l'en distraire , Qu'il soit sans cesse à vos genoux!

Qu'il vous dise... Je vous adore...

Mais d'un ton si vif, si touchant, Qu'il puisse l'être plus encore Que vos regards et votre chant!

Faite après une tracaMerie sniTie d'un raccommodement.

A MADAME LA M. DE B^^^

Le destin dans sa balance A mis les biens et les maux.

Et tous ceux qu'il nous dispense Me paraissent bien égaux > La goutte , le jeu , la disgrâce M'ont frappé de mille coups ^ Hier je tombai sur la glace , Mais j'avais soupe chez vous.

OEuTres- diTerses. II. 24

370 CHÀKSOirS.

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Pour mmAmmm p***, qa*oii ATtit mariée à doaie ans , et qui, ayant trompé la tnrreillaiioe de ses gooTemantes, derint grosse i^ treize.

Il est un Dieu, tout comme vous , Méchant avec Tair le plus doux ; Il est à-peu-près de votre âge; Vous devez le servir toujours; Car, même dans le mariage, n vous apprend ses meilleurs tours.

A MADAME DE

Dans votre village Vous vivez heureux ; Nul berger volage A ses premiers feux ; Celle qui l'engage Seule a tous ses vœux.

Par votre innocence Vous plaisez aux Dieux ;

cHAirsojfs. 371

Tout sent leur présence ; Toujours sous vos yeux, La paix, Vabondance Régnent dans ces lieux*

 ces dieux propices , A ces bienfaiteurs , Pour tous sacrifices , Vous offrez vos cœurs Et quelques prémices De fruits et de fleurs.

L'amour qui vous guide Est comme un enfant Soumis et timide^ Vif et caressant , De faveurs avide , Et toujours pressant.

Si, loin de sa mère ,

Un bois écarté

Ote à la bergère

Sa timidité, ^

Un profond mystère

Est sa sûreté.

Douce sympathie, Innocentes mœurs.

Feux sans jalousie , Mépris des grandeurs, Vous seuls , dans la vie , Vous semez des fleurs.

37a CHANSOlfS.

Près de ma Thémire , Comme tous heureux.

Jadis 9ur ma lyre Je chantais mes feux , Et tout mon délire Parlait de ses yeux.

Mais des jours de fête Privé désormais, L'amour ne m*appréte Que pleurs et regrets , Et n'orne ma tête Que d'a£Breux cyprès.

Aim : Bfartin , moine de mise.

De notre hôtesse aimable

Buvons la santé:

Du seul bien véritable Son cœur enchanté , Appelle Bacchus à sa table.

Et la liberté.

Suivons tous la folie Qui naîtra du vin ; Tout ici nous convie A nous mettre en train ; Mais il Eaïut qu'ici tout s'oublie Pour le lendemain.

A MA FILLE

Air : Que ne suis-je la fougère.

Quand je vois ta main charmante Voler sur ton clavecin , £t par ta touche brillante , Tirer un son argentin ; Les charmes de l'harmonie, Et tes regards encor mieux.

Font briller bien du génie Sous tes doigts et dans tes yeux.

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