‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 69 sur 123 · LE RÉVEIL D'ANNETTE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL D'ANNETTE

Air : Dans ma cabane obscure.

Plus Brillante que Flore Après un doux sommeil, Mon Annette est Taurore Dont j attends le réveil.

OfFrons-lui quelques roses, Chantons de nouveaux vers :

Ses lèvres sont écloses.

Ses beaux yeux sont ouverts.

Près de ma chère Annette, L'hiver est un printemps ; Pour elle, à ma musette, Je vais unir mes chants :

Celui qu'elle répète M'en paraît bien plus beau, Et toujours mon Annette M'en inspire un nouveau. ^

Pour madame la marquise de S***, abbesse de S....

Jb crains encor malgré mes ans De voir l'aimable abbesse ;

Elle sait trop de mon printemps Ranimer la tendresse ;

Fuyons un dangereux séjour

Qu'habitent l'abbesse et l'Amour.

Ah ! de ses modestes appas Qui pourrait se défendre!

Ils nous enchantent, mais, hélas!

Sans daigner y prétendre;

Mais comment quitter un séjour

Où l'on voit l'abbesse et l'Amour ?

Pour un ami , pour un amant Egalement aimable,

En lui cachant le sentiment

Qu elle rend si durable, Je peux rester dans un séjour Qu'habitent Tabbesse et TAmour.

De prendre un ton triste et touchant

' Si j'avais la marotte, Elle dirait en me plaignant :

Le bon homme radote; Il faut donc rire en ce s^our Qu'habitent Tabbesse et TAmour.

Je ne veux point de sa pitié ;

J'ose , et j'aime à prétendre A mériter son amitié

Par un respect... bien tendre...

Et je reste dans ce séjour Où j'attends l'abbesse et l'Amour.

Page 1