A M. DE SAINT-LAMBERT
DB l'académie française, Qui m'avait tronvé, caeillant des fraises, avec une jeune fille.
Entre mes bras j'ai tenu Tinnocence,
Le lis des prés , la rose du printemps :
C'est ma Fanchon,.... elle sort de l'enfance ,
Elle a deux mois plus que ses quatorze ans.
Ses yeux charmants, souvent pleins de tendresse,
N'avaient point l'air de voir mes cheveux blancs :
Mais son air doux, sa bouche enchanteresse.
Ses jeunes mains dont la moindre caresse.
Sans le vouloir, font pétiller mes sens,
Ne m'ont point fait oublier mes serments;
J'ai respecté sa modeste jeunesse.
Ah! ma Fanchon! que je crains tes quinze ans!
Œuvres diverses. II.
4oa POESIES
AU MÊME
Un jonr qm j'étais à une de nos séances de Facadémie des Sciences, et qa*il assistait k celle de F Académie française , dont je n*étais pas encore.
Galculbe, «lorgner une étoile, Lever un petit coin du voile Qui nous cache cet univers ; J'aime ce docte radotage, Ami ! mais bien souvent j'enrage De ne plus écouter tes vers.
La fière et céleste Uranie Vaut moins que le brillant génie Qui t'éclaire et sait t'enflammer :
Je sais qu'il est beau d'être utile ; Chez nous on pétrit bien Targile , Mais chez vous on sait lanimer.
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AU MEME
Un samedi que je devais passer chez lui à Eaubonne , où. la gootte
m^empècha d'aller.
Sur mes sens un cruel orage Répand le plus épais nuage; Je le perds donc ce samedi y
L'un des plus beaux jours de ma vie ; Ma pauvre tête est engourdie, Mais mon cœur n'est point refroidi :
J'adore toujours mon vrai sage.
De Robinson et de Lady Il a les mœurs et le langage; Près de lui le bon Vendredy, Caressé dans son hermitage , , N'eût point senti son esclavage; Mon sage en eût fait son ami , Comme il soufFre mon radotage.
A MADAME LA MARQUISE D'H
La première fois qu'elle me fit Thoiioeur de veqir dîner chez moi.
Yous daignez honorer mon petit hermitage, C'était depuis long-temps le plus doux de mes vœux; Je suis venu chercher la retraite du sage, Yous m'y faites trouver celle de l'homme heureux.
A MADAME DE
Ja sont dix ans que les yeux de Thémire Du dieu d'amour m'ont rendu le vassal; Bien jurerais que dessous son empire
4o4 POESIES
Oncques n'en fut si tendre et si loyal. Payé j*en suis par bonheur sans égal ; ' Semble toujours qu'un des deux il ins{»re A prévenir ce que l'autre désire.