‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 91 sur 123 · A M. DE SAINT-LAMBERT · texte numérisé non relu

A M. DE SAINT-LAMBERT

DB l'académie française, Qui m'avait tronvé, caeillant des fraises, avec une jeune fille.

Entre mes bras j'ai tenu Tinnocence,

Le lis des prés , la rose du printemps :

C'est ma Fanchon,.... elle sort de l'enfance ,

Elle a deux mois plus que ses quatorze ans.

Ses yeux charmants, souvent pleins de tendresse,

N'avaient point l'air de voir mes cheveux blancs :

Mais son air doux, sa bouche enchanteresse.

Ses jeunes mains dont la moindre caresse.

Sans le vouloir, font pétiller mes sens,

Ne m'ont point fait oublier mes serments;

J'ai respecté sa modeste jeunesse.

Ah! ma Fanchon! que je crains tes quinze ans!

Œuvres diverses. II.

4oa POESIES

AU MÊME

Un jonr qm j'étais à une de nos séances de Facadémie des Sciences, et qa*il assistait k celle de F Académie française , dont je n*étais pas encore.

Galculbe, «lorgner une étoile, Lever un petit coin du voile Qui nous cache cet univers ; J'aime ce docte radotage, Ami ! mais bien souvent j'enrage De ne plus écouter tes vers.

La fière et céleste Uranie Vaut moins que le brillant génie Qui t'éclaire et sait t'enflammer :

Je sais qu'il est beau d'être utile ; Chez nous on pétrit bien Targile , Mais chez vous on sait lanimer.

bW»

AU MEME

Un samedi que je devais passer chez lui à Eaubonne , où. la gootte

m^empècha d'aller.

Sur mes sens un cruel orage Répand le plus épais nuage; Je le perds donc ce samedi y

L'un des plus beaux jours de ma vie ; Ma pauvre tête est engourdie, Mais mon cœur n'est point refroidi :

J'adore toujours mon vrai sage.

De Robinson et de Lady Il a les mœurs et le langage; Près de lui le bon Vendredy, Caressé dans son hermitage , , N'eût point senti son esclavage; Mon sage en eût fait son ami , Comme il soufFre mon radotage.

A MADAME LA MARQUISE D'H

La première fois qu'elle me fit Thoiioeur de veqir dîner chez moi.

Yous daignez honorer mon petit hermitage, C'était depuis long-temps le plus doux de mes vœux; Je suis venu chercher la retraite du sage, Yous m'y faites trouver celle de l'homme heureux.

A MADAME DE

Ja sont dix ans que les yeux de Thémire Du dieu d'amour m'ont rendu le vassal; Bien jurerais que dessous son empire

4o4 POESIES

Oncques n'en fut si tendre et si loyal. Payé j*en suis par bonheur sans égal ; ' Semble toujours qu'un des deux il ins{»re A prévenir ce que l'autre désire.

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