‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 92 sur 123 · SUR MON HERMITA6E DE FRANCONVILLE · texte numérisé non relu

SUR MON HERMITA6E DE FRANCONVILLE

Vallon délicieux , ô mon cher Franconyille ! Ta culture, tes fruits, ton air pur, ta fraîcheur. Raniment ma vieillesse et consolent mon cœur ; Que rien ne trouble plus la paix de cet asyle Oii je trouve enfin le bonheur!

Tranquille en cette solitude ,

Je passe de paisibles nuits ; Je reprends le matin une facile étude; Le parfum de mes (leurs chasse au loin les ennuis ;

Je vois le soir de vrais amis ,

Et m endors sans inquiétude.

Souvent conduite par les ris ,

De fleurs nouvellement écloses La petite Fanchon orne mes cheveux gris , Et me laisse cueillir sur ses lèvres de roses Un baiser innocent, tel que ceux que Cypris

Reçoit et rend à son fils.

Que tu me plais , heureuse enfance!...

Ni le désir, ni même la pudeur.

DIVERSES. 4o5

N'impriment encor la rougeur Sur ce front de douze ans où règne l'innocence.

Fanchon met toute sa décence

A marcher les pieds en dehors ,

A ne point déranger son corps

Quand elle fait la révérence....

Cependant, déjà Fanchon pense!...

Par mille petits soins charmants Elle nous prouve à tous qu* elle a le don de plaire , Qu'elle en a le désir, qu'elle voudrait tout faire

Pour être utile à tous moments.

Va, Fanchon , embellis sans cesse !

Attends près de moi tes quinze ans....

Je respecterai ta jeunesse;

Il sied trop mal à la vieillesse

De flétrir les fleurs du printemps.

Je verrai tes jeux innocents,

Tes grâces et ta gentillesse;

Et, veillant sur tes goûts naissants,

S'il te naît un sixième sens.

Tu le devras à la tendresse

Du plus joli de tes amants.

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