SUR MON HERMITA6E DE FRANCONVILLE
Vallon délicieux , ô mon cher Franconyille ! Ta culture, tes fruits, ton air pur, ta fraîcheur. Raniment ma vieillesse et consolent mon cœur ; Que rien ne trouble plus la paix de cet asyle Oii je trouve enfin le bonheur!
Tranquille en cette solitude ,
Je passe de paisibles nuits ; Je reprends le matin une facile étude; Le parfum de mes (leurs chasse au loin les ennuis ;
Je vois le soir de vrais amis ,
Et m endors sans inquiétude.
Souvent conduite par les ris ,
De fleurs nouvellement écloses La petite Fanchon orne mes cheveux gris , Et me laisse cueillir sur ses lèvres de roses Un baiser innocent, tel que ceux que Cypris
Reçoit et rend à son fils.
Que tu me plais , heureuse enfance!...
Ni le désir, ni même la pudeur.
DIVERSES. 4o5
N'impriment encor la rougeur Sur ce front de douze ans où règne l'innocence.
Fanchon met toute sa décence
A marcher les pieds en dehors ,
A ne point déranger son corps
Quand elle fait la révérence....
Cependant, déjà Fanchon pense!...
Par mille petits soins charmants Elle nous prouve à tous qu* elle a le don de plaire , Qu'elle en a le désir, qu'elle voudrait tout faire
Pour être utile à tous moments.
Va, Fanchon , embellis sans cesse !
Attends près de moi tes quinze ans....
Je respecterai ta jeunesse;
Il sied trop mal à la vieillesse
De flétrir les fleurs du printemps.
Je verrai tes jeux innocents,
Tes grâces et ta gentillesse;
Et, veillant sur tes goûts naissants,
S'il te naît un sixième sens.
Tu le devras à la tendresse
Du plus joli de tes amants.