‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 96 sur 123 · REPONSE A MADAME · texte numérisé non relu

REPONSE A MADAME

Aimable fille des neuf Sœurs, Qu'adopta le dieu de Cythère, Vous savez trop dans tous les cœurs , Réveiller le désir de plaire ; Et vous me rendez téméraire Lorsque vous couronnez de fleurs Ma tête septuagénaire.

Vous m'inspirez des sentiments

Qui me font oublier mon âge;

Au moment qu'on vous rend hommage ,

On est toujours dans son printemps;

Vos yeux et vos écrits charmants

Méritent celui d'un vieux sage

Et d'un Galaor de vingt ans.

A MA FILLE

Dans le fort d'an accès de goatte.

ViBNS , ma Michou , dans mon taudis ; Ma bouche et mes traits te demandent ;

Ai^si les Musulmans attendent y Dans leur très sensé paradis, La plus charmante des houris; Dans mon lit tristement tranquille, Je suis une masse inutile, Un automate, un vil fardeau; Nul de mes sens ne m*est utile :

Ah ! viens éclairer ce tombeau ; Tes beaux yeux seront le flambeau Qui ranimera oette argile.

A LA MEME

Qui me reprochait d*ètre encore plus gai qu^elle.

Pourquoi joindrais-je à la laideur De la lente et triste vieillesse.

Celle de la mauvaise humeur?

L'esprit , les grâces, la jeunesse Font encor souvent mon bonheur ; Souvent leur main enchanteresse^ Vient encor m'ofFrir quelque fleur.

Dans mon printemps quand la folie , Se parant des traits des amours , Régnait en tyran sur ma vie, Et même en brillantait le cours , Je fus moins heureux que les jours Où je vois ma Briolanie.

DIVERSES. 4l3

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