REPONSE A MADAME
Aimable fille des neuf Sœurs, Qu'adopta le dieu de Cythère, Vous savez trop dans tous les cœurs , Réveiller le désir de plaire ; Et vous me rendez téméraire Lorsque vous couronnez de fleurs Ma tête septuagénaire.
Vous m'inspirez des sentiments
Qui me font oublier mon âge;
Au moment qu'on vous rend hommage ,
On est toujours dans son printemps;
Vos yeux et vos écrits charmants
Méritent celui d'un vieux sage
Et d'un Galaor de vingt ans.
A MA FILLE
Dans le fort d'an accès de goatte.
ViBNS , ma Michou , dans mon taudis ; Ma bouche et mes traits te demandent ;
Ai^si les Musulmans attendent y Dans leur très sensé paradis, La plus charmante des houris; Dans mon lit tristement tranquille, Je suis une masse inutile, Un automate, un vil fardeau; Nul de mes sens ne m*est utile :
Ah ! viens éclairer ce tombeau ; Tes beaux yeux seront le flambeau Qui ranimera oette argile.
A LA MEME
Qui me reprochait d*ètre encore plus gai qu^elle.
Pourquoi joindrais-je à la laideur De la lente et triste vieillesse.
Celle de la mauvaise humeur?
L'esprit , les grâces, la jeunesse Font encor souvent mon bonheur ; Souvent leur main enchanteresse^ Vient encor m'ofFrir quelque fleur.
Dans mon printemps quand la folie , Se parant des traits des amours , Régnait en tyran sur ma vie, Et même en brillantait le cours , Je fus moins heureux que les jours Où je vois ma Briolanie.
DIVERSES. 4l3