‹ Œuvres du seigneur de CholièresChapitre 4 sur 41 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

faut pas prendre garde aux deux fautes d'impression, 1609 et 1692, qui sautent aux yeux et qui se corrigent d'elles-mêmes, pour ainsi dire, dans l'article où elles se sont glissées) . C8s dates n'ont peut-être été fixées que par induction, mais elles nous paraissent d'ailleurs assez probables, puisque le seigneur de Cholières,dans ses Mafinées, qui ont paru en 1 585, laisse entendre qu'il était âgé et infirme. Il aurait eu alors, en effet, soixante-quinze ou soixante-seize ans.

Aucune biographie n'a émis d'opinions ni recueilli de documents sur le lieu de naissance du seigneur de Cholières. Nous sommes donc réduits, pour rechercher ce lieu de naissance, à recourir aux conjectures qui peuvent se former d'après les ouvrages mêmes de l'auteur. Par exemple, son style conserve des désinences du patois normand qu'on ne rencontre pas dans les bons écrivains français de la même époque : il serait donc resté fidèle à ce patois longtemps après avoir quitté la Normandie, si cette province était son pays natal. Il emploie partout, dans son premier livre comme dans le dernier, pour le présent défini des verbes en er, la terminaison is au lieu d'à» : je demandis, je relevis, etc. ; il se sert parfois de mots normands, comme hemus (niais) et autres, que l'on trouve dans les Contes et discours d'Eutrapel de Noël du Fail ; il cite également des proverbes, des jurons, des légendes, qui appartiennent bel et bien à la Normandie. Enfin, dans la Guerre des masles contre les femelles (3® dialogue), un des entreparleurs, nommé Boniface, après avoir rappelé deux vers de la tragédie de Forcie, désigne ainsi l'auteur de cette tragédie : « Le lieutenant Garnier, de vostre pays. » On pourrait alléguer encore divers passages des Matinées et des Après-Disnées pour établir que le seigneur de Cholières était de souche normande, ou du moins qu'il avait passé sa jeunesse dans quelque ville de la Normandie, à Avranches ou à Caen.

SUR CHOLliRES V

Cependant il est un fait qui domine tout et qui ne nous permet pas de douter que le seigneur de Cholières était originaire de la Touraine : c'est en Touraine qu'on peut constater l'existence de plusieurs familles de Cholières au XVII* siècle. Ces familles sont mentionnées, avec leurs armes, dans V Armoriai général de France dressé par d'Hozier, juge d'armes, en vertu de l'édit de 1696. A cette époque, il n'y avait, dans les autres provinces du royaume, aucun noble du nom de Cholières. Il semble donc certain que le fief ou la seigneurie de Cholières était en Touraine^ aux environs de Loches. Mais, comme les fiefs et les seigneuries passaient d'une famille dans une autre par suite de mariage, d'héritage, de vente amiable ou forcée, on ne peut pas dire que l'auteur des Matinées et des Après^Disnées fût en possession de la seigneurie de Cholières alors qu^il en portait le titre. Au reste, le nom patronymique du seigneur de Cholières est encore à découvrir sous l'anagramme compliquée où il s'est plu à le cacher en signant A. Diane ou Ange un sonnet, dont il se déclare l'auteur, en tête des Neuf Matinées, et un autre sonnet au Liseur, à la suite de V Avant-Discours de la Forêt nuptiale. Nous avouons que cette anagramme est restée pour nous une énigme indéchiffrable.

N'est-il pas surprenant que, dans le cours de quatre ouvrages assez volumineux, l'auteur n'ait pas laissé davantage l'empreinte de sa personnalité? Il ne dit pas, il ne donne pas même à entendre quelle était sa profession. £n lisant le chapitre Des lois et de la médecine y dans les Matinées, on hésite à reconnaître un jurisconsulte ou un médecin : car, s'il traite une question de droit, il le fait en jurisconsulte consommé, et il renvoie ses lecteurs à tous les textes de lois que lui fournit le droit romain; s'i( traite une question médicale, il se montre aussi expert, aussi instruit en médecine, que pou-

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