Conversations. Dérivé de aboucher : IX
« communiquer de bouche à bouche », pre- 65. Allusion aux pratiques des médecins
mier ex. de ce mot peu usité par la suite urologues sur le pronostic tiré des urines,
(Huguet, Dict.). cf. Hippocrate, Pronostic, 12, passim et
60. Cf. 1. III, ch. XIII, n. 12. surtout section XXXIV (éd. Littré, t. II, 6i. Erreur de R. Callimax — et non Cal- p. 139-143 et t. V, p. 713-721). (D.)
desjetmé, nostre maistre, vostre haleine me sent le vin », arroguamment respondit : « lui tienne me sent la fiebvre : duquel est le flair ^"^ et rôdeur plus délicieux, de la fiebvre ou du vin ? » ^*.
Mais la calumnie de certains Canibales^^, misantropes ~^, agelastes'''^, avait tant contre tnoy esté atroce et de srai sonnée qu'elle avait vaincu ma patience, et plus n^ estais délibéré en escrire un iota '^. Car l'une des moindres cantume-
Ligne 72. H, I : halaine — G : arrogamment ; H, I : arrogantement ^ calomnie — G : misantopres
66. Forme refaite sur le féminin récent de l'adjectif, cf. Brunot, Histoire, II, 369.
67. Odeur. Ancien et usuel, cf. Godefroy, Dict., IV, 18, et Huguet, Dicl.
68. « A prandio divitem quendam ac praepotentem hominem vini odorem vehementer spirans visitavit, aeger itaque cum capitis dolore magnam febrim habens, atque ideo vini odorem exhalantem aegre ferens, Quintum ut longicis aliquanto recederet oravit. » {Gai. in lib. VI Hippoc. de morb. vulgarih. Comm. IV, c. 9, éd. Frobenius, 1561, classe lU, p. 356). (D.)
69. « Peuple monstrueux en Africque, ayant la face comme chiens et abbayant en lieu de rire », Br. Déclar. C'est un dérivé de l'espagnol canibal, de Canibi, variante de Caribi ou Caraïbes, nom des petites Antilles, cf. 1. I, ch. Lvi, n. 59 ; 1. II, ch. xxxiv, n. 6. Ce peuple figure déjà dans les Grandes Chroniques : il est anthropophage; de là vient cette réputation d'inhumanité que R. souligne dans sa définition (Sainéan, II, 527) ; comparer les calomniateurs aux anthropophages est un lieu commun, cf.
Sidrac, quest. ccxcii. (M.)
70. Le mot se trouve sous sa forme grecque dans le 1. III, ch. m, 1. 108. R. l'emploie ici pour la première fois sous sa forme francisée. Mais il n'est pas encore compris et la Briefre Déclaration l'explique
au lecteur. Cf. Sainéan, II, 49-50, 270 et II. E. R., VIII, 144.
71. Du grec àY^Xacrro; « poinct ne rians, tristes, fascheux... » dit la Br. Déclar. Comme chez les Cannibales, cette inaptitude au rire est la marque de l'inhumanité « pour ce que rire est le propre de l'homme. » (1. I, Au lecteur, v. 11), cf. Sainéan, II, 269- 270. (i\I.)
72. « Un poinct. C'est la plus petite lettre des Grecs... », Br. Déclar. Le mot se rencontre déjà dans le Mistère du Vieil Testament, II, 28, n. 456 {Sacrifice d'Abraham, texte de 1539) : « Seront... acomplies sans ung seul mot — Ou une seulle iotte obmettre ». — Dans la Br. Déclar. R.
donne la source de ce dicton : Cic. III, De oratore, 12; Martial, II, xciil ; Matth., V, 18. — A prendre ce passage à la lettre, R. ne peut viser ici que la Faculté de Théologie. Mais il est probable que R. pense aussi aux attaques de Puy Herbaut, en 1549, et de Calvin, en 1550, comparer ch. XXXII, in fine où Puy Herbaut est traité de canibak, cf. Lefranc, R. E. R., IV, 337 et 1. II, p. LV, Lote, Rabelais, p. 45, Febvre, Religion, p. 135, et ici même Introduction, chapitre i. (M.). — Ce n'est pas ici, comme on l'a toujours dit, le premier exemple du mot sous sa forme iota. Il était déjà (avec son sens figuré) chez Maurice
EPISTRE LIMINAIRE
lies " dont ils^ usaient, estait que tel:^ livres taus estaient jarci:^ d'I.ieresies diverses '■* (n'en pavaient toutes Jais une seulle exhiber en endraict aulcun) ;
80 de jalastrie s joyeuses, hors l'ajfence de Dieu et du Koj, prau''^ (c'est le subject et thème '* unicque d'iceulx livres) ; d' hérésies painct, sinon perver sèment et contre tout usaige de raison et de languaige commun interprétons ce que, à paine de mille fois mourir, si autant passible estait, ne vouldrois avoir pensé : comme qui pain interpretroit pierre ; poisson, serpent ; œuf, scorpion '' . Dont quelque
85 fois me complaignant en vostre prxsence, vous dis librement que, si meilleur Christian '* je ne m'estimais qu'il^ ne monstrent estre en leur part, et que si en ma vie, escript^, paralles, vaire certes pensées, je recongnoi s soi s scintille " aulcune d'heresie, il:^ ne tomberaient tant detestablement es lacs de l'esprit
Ligne 79. G : diverses manque — H, I : toutes foy s — I : seule — G, I : aucun — 1. 80. I : offense — 1. 81. G : unique d'iceux — 1. 82. H, I : a peine — 1. 85. H, I : présence — 1. 86. D, E, F, H, I : quil^ me ; G : w — 1. 88. G, I : aucune
Scève, en 1544. Voir V. L. Saulnier, dans FesiscMft Gamillscheg, p. 85. (S.)
73. Injures. Latinisme {contumelia) qu'on rencontre au xiv^ s. puis chez Jean Lcmaire de Belges et qui est usuel jusqu'au xvii^ s. Cf. Godefroy, Dict., II, 285, Huguet, Dict., Brunot, Histoire, III, i, p. 109, IV, i, p. 31 et 238. (M.)
74. Puy Herbaut reproche à R. son cynisme, ses mœurs, ses calomnies. Calvin aurait été mal placé pour lui reprocher ses « hérésies », mais il dénonce son « athéisme » et son « matérialisme ». Quant à la « censure » de la Faculté de Théologie, nous n'en connaissons pas les motifs. R. cite plus loin la « coquille » n pour m du Tiers Lirre ; si celui-ci n'expose pas à proprement parler d'idées hérétiques, son indifférence à l'égard de certaines questions devait scandaliser les théologiens : Plattard, Rabelais, p. 262, relève, par exemple, que Raminagrobis, ch. xxi, moribond, chasse de sa chambre les frères mendiants et que si Panurge s'en effraye, frère Jean se moque de
lui, ch. XXII. Or « était soupçonné d'hérésie quiconque, sur son lit de mort, dédaignait les secours de la religion. » Cf. Introduction, ch. I. (M.)