‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 120 sur 258 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

Au cinquième jour, ja commençans tournoyer ^ le pôle peu à peu, 5 nous esloignans de l'^quinoctiaP, descouvrismes vine navire marchande faisant voile à horche * vers nous. La joye ne feut petite, tant de

Ligne i. I : Comme Pantagruel — A, B, C : rencontra une navire — 1. 3. A, B, C : chapitre ij — 1. 4. A, B, C : Cestuy jour et les deux subsequens ne leur apparut terre ou chose autre nouvelle, car autresfois avoient arré ceste routte. Au quatriesmejà commençons — I : cinquiesme — C : tournoier — A, B, C : pal ; I : polie — 1. 5 . A, B, C : éloignons — A, B, C : Equinoctial — I : descouvrisme — 1. 6. A, B, C : voele — A, B, C, H, I : ne fut

1. Faire le tour de, sens plus rare que « prendre part à un tournoi ». Cf. Godefroy, Dict., VII, 762, R. Estienne, 1549, Ronsard (Mellerio), St-Gelais et Amyot (Littré).

2. Il est évident qu'en « tournoyant le pôle » « par mesme parallèle » (ch. i, 1. 91), Pantagruel ne saurait « s'éloigner » de V JEquinoctial, si celui-ci est, comme au ch. I, n. 81, VEqt4ateur. R. semble donner ici à « asquinoctial » le sens de « colure des équinoxes » : grand cercle de la sphère céleste passant par les pôles et par les points équinoxiaux (points •; et ■•' ou « nœuds de l'écliptique » des modernes). Le colure est donc un méridien; la difficulté est que ce méridien astronomique ne saurait, cela va de soi, coïncider avec un méridien terrestre déterminé que moyennant une convention dont nous n'avons pas trouvé de trace explicite chez les auteurs contemporains. On

peut supposer que R. — ou ses contemporains — a confondu — ou identifié arbitrairement — le « colure » avec ce que ]cin AKonsc (Cosmographie, p. 115, 126, 324) appelle la « ligne dyamétrale», c'est-à-dire le méridien origine, qui est, alors, celui de l'Ile de Fer, la plus occidentale des Canaries ; le point y est, en effet, aujourd'hui encore, l'origine des ascensions droites, cf. Etudes Rabelaisiennes. (M.)

3. A bâbord. De l'ital. or^a, par l'intermédiaire, peut-être, du languedocien ouercbo ; c'est donc un terme de la Marine du Levant, spécialement des galères, mais le mot semble depuis longtemps bien connu au Ponant et même chez des terriens (cf. Godefroy, Dict., V, 615) : E. Deschamps, champenois qui n'avait rien d'un marin, écrit, et à un patron de Harfleur : « Vous me deuissiez les instrumens nommer. Qui

Page 1