‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 13 sur 258 · Cf. t. V, p. xvii-xviii · texte numérisé non relu

Cf. t. V, p. xvii-xviii

83. Lecteur, grec àvavvtÙT-rTjî, propre à R. — Pierre Du Chastel, évêque de ÎMâcon, puis d'Orléans, valet de chambre et lecteur ordinaire du roi depuis 1537, prélat érudit de tendances érasmicnnes, le seul lecteur qui ait su garder dix ans la faveur de François V, qu'il assista à son lit de mort. Il sut se maintenir en grâce auprès de Henri II et était, depuis le 25 novembre 1548, grand aumônier de France. En dehors de ce passage, nous ne savons rien de ses relations avec R. ; cf. Doucet, Revue Historique, 1920, 133, p. 212-257, 134, P- 1-57- (M.)

84. R., dans le privilège du Tiers Liire (6 août 1550), avait déjà parlé de « plusieurs autres livres scandaleux... qui faulsemcnt

luy sont attribuez », cf. t. V, p. 3-4. Outre les Navigations de Pamirge (1538), on sait qu'il a été attribué à R. une Louenge des femmes, invention extraite du Commentaire de Pantagruel sur t' Androg y ne de Platon (1551) et qu'un faussaire avait publié, en 1549, un Cinquiesme Livre des Jaicts et dicts du noble Pantagruel, satire assez âpre qui appartient à deux auteurs de la fin du xv^ s., cf. Lefranc, R. E. R., I, p. 29 sq., II, p. 197. Ces livres méritent difficilement les épithètes d' « infâmes » et de « scandaleux ». On pourrait supposer qu'il y a exagération volontaire de la part de R., si un certain Martial Rougier, de Limoges, qu'il faut vraisemblablement identifier avec Martial Rougier, moine de Solignac (Hte-Vienne) et prieur de Chaumeille (com. et cant. de Saint-Pardoux-la- Riviére, Dordogne) en 1549. 1"' semble alors âgé d'une quarantaine d'années (cf. Arch. de la Hte-Vienne, B 306 et série E), n'écrivait, à une date inconnue, mais du vivant même de R., « Editi sunt duo libri Lucianistarum et Icadistarum — de icas, vingtième jour du mois, jour de la naissance d'Epicure, célébré par ses sectateurs, Cicéron, 2 Fin., 31, Pline, 35, 2, 2 — • quorum titulos horrendos vix auderem dicere :

enim ex cerebro Saturnino derivati. Rabelaesum autorem ferint illorum esse. » (An-

EPISTRIi LIMINAIRE

et avait eu en horreur quelque mangeur de serpens*-', qui fondait mortelle heure sie sus un N mis pour un Al par la jaulte et négligence des imprimeurs "".

Aussi avait son filt{, nostre tant bon, tant vertueux et des cieulx benist roy Henry (lequel Dieu nous vueille longuement conserver), de manière que pour moy il vous avait octroyé privilège, et particulière protection contre les calumniateurs *' . Cestuy évangile *** depuys m'avet^ de vostre bénignité réitéré à Paris, et d'abondant lors que nagueres visitastet^ monseigneur le cardinal du Bellay, qui pour recouvrement de santé après longue et fascheuse maladie, s'estait retiré à S ai net Maur, lieu, ou (pour mieulx et plus proprement dire) paradis de salubrité, aménité, sérénité, commodité, délices et tous honestes plaisirs de agriculture et vie rusticque **.

C'est la cause. Monseigneur, pourquay présentement, hors toute intimidation^'^, je mect:<^ la plume au vent^^, espérant que, par vostre bénigne faveur.

Ligne 98. F : haersiee ; G, I : hérésie — 1. 99. F : dee cieulx — 1. loi. G : calomniateurs — I. 102. G, I : depuis — 1. 103. I : visitastes — 1. 105. H, I : mieux — 1. 106. I : honnestes — 1. 108. I : présentement

toinc Leroy, Kahelaesiana elogia, Bibl. nat., Ms. lat. 8704, livre III, p. 85. (iM.)

85. « Ces mangeurs de serpens sont les Moines, que, plus bas, chap. 46, R. compare aux Troglodytes, que Pline, 1. 5, chap. 8 — Troglodytae spectis esravant. Haec illis domtis, victus serpentium carnes, stridorque non vox : adeo sermonis carent — dit se tenir dans les cavernes et s'y nourrir de serpens. » (Le Duchat). C'est donc sur le ch. xlvi, in fine, c'est-à-dire sur les écoliers de Trébi- Zonde qui vivent en liberlé souterraine, que Le Duchat appuie son interprétation, mais c'est sans raison valable qu'il voit dans les écoliers : 1° des moines, 2" une allusion aux Troglodytes, et, d'autre part, jamais R. ne compare les moines aux Troglodytes et jamais non plus ne dit que ce peuple se nourrit de serpents, cf. 1. III, ch. xxvir, 1. 1 5 et Li, 1. 43, Cinquiesme Livre, ch. xx, xxxv (Marty-Laveaux, III, 126, 138) et Pantagr. Progn. {ib. 246). Les « mangeurs de serpens » sont simplement les envieux : la tradition

figurée représente, en effet, l'Envie sous les traits d'une femme décharnée mangeant des serpents venimeux « viperas manducans », Alciat, Emblèmes, LXXI, Invidia. (H. et M.)

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