Premier exemple du mot en français
91. Partir à l'aventure, « jeter la plume en l'air sans regarder où elle tombera, s'aban-
iio }f2e sere^ contre les calumniateurs comme un second Hercules Gaulloys^-, en sf avoir, prudence et éloquence ; Alexicacos "^ en vertu^ ^*, puissance et auctorité ; duquel véritablement dire je peu;(^ ce que de Aloses, le grand prophète et capitaine en Israël, dict le saige roy Solo mon, Ecclesiastici, 45 ^^ ; homme
Ligne iio. G : calomniateurs — H, I : gaullois — 1. m. H : puissance — 1. 112. G : ce que Moses — 1. 113. I : Salomon — H, I : E.cc.
donner à son sort », Lacurne de Sainte- Palaye, Dict., v° vent, d'après Cotgrave et Brantôme. Cf. aussi Foulet, Komaiiia, LXVIII, 1944-45, P- 66. (M.)
92. Les « Celtes, dans leur langue désignent Hercule sous le nom d'Ogmios... Cet Hercule vieillard attire une quantité considérable d'hommes attachés par les oreilles. Le peintre... a perforé l'extrémité de sa langue et fait attirer par elle les hommes qui le suivent... Nous identifions, dit le Celte, l'éloquence, non comme vous autres Hellènes, avec Hermès, mais avec Hercule, car Hercule est beaucoup plus fort que lui... c'est par son éloquence consommée, qu'Hercule accomplit tous ses exploits... », Lucien, IlpoaXaXîa i^ 'IIcïzXtIç. — L'une des raisons de sa popularité au xvi« s. est que J. Lemaire de Belges, Illustrations, I, ch. vu sq. et II, ch. i, fait du « grand Hercules de Lybie » l'ancêtre commun des Troyens et des Francs. Odet de Coligny était voué à Hercule, Ronsard lui dédiera son Hercule chrestien, et on le peindra avec les attributs d'Hercule (cf. Schneegans dans Hum. et Ken., II, 441)- (H.)
93. Surnom d'Hercule : « Plutarchus in li. cui titulus est : Ut oporteat adolescentem audire poemata, dicit Herculem peritum medicinae fuisse. Et hinc Alexicacos, id est, expeUens mala dictus videri posset, ita enim appcUari autorcs sunt Lactantius libr. 5 cap. 3 et Hesychius, qui iUum co nomine in Melita coli tradit », Tiraqueau, De nobil., XXXI, 107. Alciat, dédiant à Du Prat ses Paradoxa iuris civilis, éd. Gryphe,
1548, lui avait déjà dit : « quapropter non alio quam nominis tui clypeo eam retundendam existimavi, ut te nobis àXefixaxov fere Herculem invocare non dubitaverim » . (P.)
94. Vertu est au singulier, le :j ou le jfinal, cf. ch. xi, 1. 36, est destiné à rappeler l'étymologie, lat. virtus.
95. « Dilectus Deo et hominibus Moyses, cujus memoria in benedictione est. Similem illum fecit in gloria sanctorum et magnificavit eum in timoré inimicorum, et in verbis suis monstra placavit. Glorificavit illum in conspcctu regum et jussit illi coram populo suo, et ostendit illi gloriam suam. In fide et lenitate ipsius sanctum fecit illum, et elegit eum ex omni carne. Audivit enim eum et vocem ipsius, et induxit illum in nubem. Et dédit iUi coram praecepta, et legem vitae et disciplinae, docere Jacob testamentum suum, et judicia sua Israël », E^cl. XLV, I. L'auteur de l'Ecclésiastique, Jésus , fils de Sirach, qui se nomme luimême, ch. L, 27, était bien connu au Moyen Age ; cf. Ch.-V. Langlois, La I Vf en France au Moyen-Age, III, La connaissance de la Nature et du Monde, p. 199; si R. attribue le livre à Salomon, c'est, soit confusion avec l'Ecclésiaste, soit souvenir de St. Augustin, De Civ. Dei, XVII, 20, qui dit que des écrivains anciens ont soutenu cette attribution. Calvin s'indigna de l'hyperbole de ces louanges, le 16 octobre 1555, dans son troisième sermon sur le Deutéronome (éd. Baum, Cunitz et Rcuss, t. XXVII, 261, cf. Plattard, R. E. R., VIII, jio. (M.)
KPISTRli, LIMINAIRE I7
craignant et ayniant Dieu, agréable à tous humains, de Dieu et des hommes 1 1 5 bien aymé, duquel Lwureuse est la mémoire. Dieu en louange l'a comparé aux Preux, l'a faict grand en terreur des ennemis. Lin sa faveur a Jaict choses prodigieuses et espoventables ; en prxsence des K.oys l'a honoré ; au peuple par luy a son vouloir déclaré, et par luy sa lumière a monstre. Il l'a enfoy et debonnarieté "" consacré et esleu entre tous Ijumains. Par luy a voulu estre sa voix ouye, 120 et à ceulx qui estoient en ténèbres estre la loy de vivificque "' science annoncée.
Au surplus vous promettant que ceulx qui par moy seront rencontre:^ congratulans de ces joiculx e script^, tous je adjureray vous en sf avoir gré total, unicquement vous en remercier, et prier nostre Seigneur pour conservation et accroissement de ceste vostre grandeur ; à moy rien ne attribuer, fors humble subjection 125 et obéissance voluntaire à vo^ bons commandemens. Car, par vostre exhortation tant honorable, m'ave^ donné et couraige et invention ; et sans vous m'estoit le cueur failly, et restait tarie la fontaine de nies esprits animaulx^^. Nostre Seigneur vous maintienne en sa saincte grâce. De Paris, ce 28 de janvier ijj2^^.
Vostre treshumble et tresobeissant serviteur, 130 Franc. RABELAIS, medicin.
Ligne 114. H : aimant — I : aggreable — 1. 1 1 5. H : aimé — 1. 117. I : espouventables — F, H, I : présence — ^ 1. 1 1 8 . H, I : par sa lumière — 1. 118-119. H : dehonaireté ; I : debonnaireté — 1. 120. F : annocée — 1. 122. H, I '.joyeux — • 1. 122-123. H, I : uniquement — 1. 123. H, I : pour la conservation — 1. 125. H : volontaire — H : vos bons — H, I : exortation — 1. 127. H, I : coeur — ^ H, I : animaux — 1. 128. H,\ : ce vingt huictiesme jour de janvier Alil cinq cent\ cinquante deux.
96. Bonté f'/fn»Vflj'j. R. emploie en ce sens mcnts et imaginations, mais Y esprit vital debonnaireté, 1. I, ch. l, 1. 24 et 61, que s'élaborant dans le ventricule gauche du donnent H et I ; il est possible que debowia- cœur, si celui-ci est « faiUy », la « fontaine » rieté soit une faute d'impression, mais G des esprits animaux est « tarie », cf. 1. III, l'a conservée et il existe, en italien, dibona- ch. iv, 1. 60 sq. (D.)
rietà, ce peut donc être un italianisme. 99. R. disant, dans la Brie/ve Déclaration,
(M.) « an intercalaire : on quel escheoit le Bis-
97. Lat. f/VZ/îw/j-, dont le i" ex. en français scxte, comme en ceste présente année 1552 », est 1. III, Prol., 1. 256. suit donc, non l'usage français, qui fait
98. L'esprit animal, produit de la filtra- commencer l'année à Pâques et d'après tion de l'esprit vital au niveau du rete lequel le 28 janvier 1552 serait, pour nous, mirabile, s'élaborait, d'après la doctrine le 28 janvier 1555, mais l'usage romain galénique, dans les ventricules cérébraux dans lequel l'année commence, comme de pour y devenir agent des sensations, mouve- nos jours, le 1" janvier. (M.)