‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 164 sur 258 · Chapitre X · texte numérisé non relu

Chapitre X

Le Garbin^ nous souffloit en pouppe, quand, laissans ces mal plaisans Allianciers, avecques leurs nez de as de treuffle, montasmes en haulte mer. Sus la declination du soleil, feismez scalle * en l'isle de Cheli : isie grande, fertile, riche et populeuse, en laquelle regnoit le roy sainct Panigon. Lequel acompaigné de ses enfans et princes de sa court.

Ligne i. A, B, C : Chely — 1. 2-5 : A, B, C : regnoit Panigon. Chapitre v — 1. 4. C : soufloit — 1. 5. A, B, C : avec — A, B, C : truies — 1. 6. C : haute — A, B, C : sur la — A, B, C, H, I -.feismes — B : scale — 1. 7. A, B, C : Chely — I : fertille — 1. 7-8. A, B, C : regnoit Panigon le bon Kqy. Lequel — I. 8. A, B, C, I : accompaigié ; H : accompaingné

I. Sainéan, II, 444, interprète : hébr. scljeli : « paix », ou mieux : « repos, tranquillité » ; M. Dupont-Sommer nous a proposé l'hébr. sali, état construit seli : « rôti » (viande rôtie), qui s'accorderait mieux avec le contexte ; la forme normale serait 5a/;', non seli, et le signe actuellement transcrit s l'est plus fréquemment par s dans les transcriptions anciermes. Mais R. peut n'y avoir pas regardé de si près ! Il faut noter par ailleurs que Chelius, génitif Cheli, est le nom latin de Geiger : « violon » — dont chelius formé sur le lat. chelys, grec /.=àj; : « lyre », est la traduction — ; ce Geiger est l'un des agents de la politique royale et des Du Bellay en Allemagne, cf. Zeller, Réunion, I, p. 76, 85, 107. 370, mais, s'il y a là quelque allusion à ce personnage, elle nous échappe

2. Sainéan, II, 464, voit dans ce nom le prov. panigon, « petit pain », mais on ignore d'où il a tiré ce mot inconnu à Mistral et à Lévy. Il faut y voir l'italien panicone : « gros mangeur » (Oudin, Recherches italiennes et françaises, 1655) ; le « royaume panigonnois » a désigné, notamment à Lyon, au XVI® siècle, le pays de Cocagne, cf. A. Huon, Le roy sainct Panigon dans l'imagerie populaire du XVI" siècle et R. Marichal, L'attitude de Rabelais devant le néoplatonisme et l'italianisme, dans François Rabelais, Travaux d'Hum. et Renaissance, VII, 1955, p. 210 sq. et 199 sq., cf. Introduction, ch. 11. (M.).

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