CHAPITRE XIII
gualot, à ruades, frcssurades ^''', doubles pédales " et petarrades : tant qu'elle rua bas Tappecoue, quoy qu'il se tint à l'aube du bast '* de 60 toutes ses forces. Ses estrivicres estoient de chordes; du coustc hors le montouoir *" son soulier fenestré '"' estoit si fort entortillé qu'il ne le peut oncques tirer. Ainsi estoit trainné à escorchecul par la poultre, tousjours multipliante en ruades contre luy, et fourvoyante " de paour par les hayes, buissons et fossez. De mode qu'elle luy cobbit *- toute la
Ligne 61. H : montouir ; I : montoir — H : entotirtillé H, I : traîné
onques —
36. Dcrivc de froissiire : froissement, fracture (prononcé f réassure, cf. Jreiissoit, 1. I, ch. xxvir, 1. 86 et n. 68), comparer Messin freussener : se dit d'une bête qui ne reste pas en repos, d'un cheval qui s'ébroue, etc. (Zcliqzon, Dictionnaire des patois romans de la Moselle, Publ. de la Faculté des Lettres de Strasbourg, fasc. 11 ,1923, p. 291). (M.)
37. Synonyme de ruade : en dehors de Cotgrave qui l'explique : « (a horses) kickings, winsings, ycarkings, or flingings out with the hcels » et, par conséquent, l'emprunte à R., les lexicographes ignorent le mot jusqu'à Oudin, 1642, qui lui donne exclusivement le sens de « pédale d'orgue ». On sait que le clavier de pédale existe en France depuis le milieu du xv^ siècle, mais le nom de pedalle ne paraît, pour la première fois, qu'en 1542, antérieurement on trouve, en 15 16, « peaynes » (Dufourcq, N., Esquisse d'une histoire de l'orgue en France, Paris, 1935, in-4'', p. 167-168). C'est un emprunt à l'ital. pédale, adj., « qui a rapport aux pieds » — Oudin donne : « pied d'arbre... pied à soutenir quelque chose, race, tige, estoc. Pedali : chaussons » — R. pense-t-il ici aux pédales de l'orgue, ou de tout autre instrument ? A-t-il simplement retenu le sens général de l'adjectif ? Le mot est, en tout cas, étranger au langage de l'équitation : Fr. Grisone, Gli ordini di cavalcare, Naples, 1550, in-4°, trad. en fr. sous le
nom de UEcuirie..., Paris, 1579, in-8"', Salomon de la Broue, L« cavalerice français, Paris, i6o2, in-f" (i''"^ éd., 1595), etc., l'ignorent. (M.)
38. Chacune des deux planchettes ou bandes qui, dans la charpente d'une selle, relient les deux arçons, altération de l'a. fr. auve (peut-être sous l'influence de aube : albam), dérivé de alapa, lat. ou étrusque : « gifle » d'où « main plate » et « palette » (Wartburg, Fran'^. E/ym. Worterbuch, I, 57).
39. Pierre ou escabeau pour monter à cheval ; comme aujourd'hui on monte du côté gauche, cf. L. Gauthier, Ea Chevalerie, p. 328 n. — Même expression 1. II, ch. xvii, 1. 127. Sur la graphie, cf. ProL, n. 167.
40. Tailladé. Les Cordclicrs auraient dû aller « nudz pieds, à tout le moins les souliers couppexpar dessus^, Jean Ménard, Déclaration, p. 65, mais ils prenaient des libertés : « vous portez... souUiers ou tous entiers ou ung peu esgratigne^ la première peau par dessus : car le reste est decouUeurdechair, ou escaffignons de cuir, de telle couleur avec figure ou portraiture d'orteil... », ibid., p. 253. (M.)
41. Sur l'accord, cf. 1. I, ch. m, n. 70 et Brunot, Histoire, II, 402 sq.
42. Brisa, dérivé de cobe (lat. colaphus) : « coup » et aussi « bosse », angevin, lochois et berrichon (Wartburg, Franz- Etym.
Worterbiuh, II, 864 ; Poirier, p. 36).
65 teste, si que la cervelle en tomba près la croix Osanniere *' ; puys les
bras en pièces, l'un çà, l'aultre là, les jambes de mesmes; puys des
boyaulx feist un long carnaige, en sorte que la poultre au convent
arrivante, de luy ne portoit que le pied droict et soulier entortillé.
« Villon, voyant advenu ce qu'il avoit pourpensé **, dist à ses Diables :
70 « Vous jourrez bien, messieurs les Diables, vous jourrez bien, je vous affie *'^. O que vous jourrez bien ! Je despite *® la diablerie de Saulmur, de Doué, de Mommorrillon, de Langés, de Sainct Espain, de Angiers *',
Ligne 6 5 . G, H, I : puis — 1. 66. F, G, H, I : au/re — G : puis — 1. 67. H, I : boyaux — H, I : /îst — 1. 68. I : et k soulier — H : entourtillê — 1. 69. H, I : propensé — 1. 70. H, I : joure^... joure^i — 1. 71. H, I : joure^ — I : Saulmeur — 1. 72. H, I : Mom-
morillon
43. « Croix osaniere, en poictcvin, est la croix ailleurs dite Boysseliere, près laquelle au dimenche des Rameaux l'on chante O satina filio David, etc. », Br. Déclar. La croix hosannière de Saint-Maixent s'élevait au coin du chemin des Couperies, presque vis-à-vis de la porte du cimetière qui est le « grand cimetière » existant du temps de R. (Clouzot, Ane. lliéâtre en Poitou, p. 20). Hosannier se rencontre en Saintongc, Poitou, Touraine, Anjou, dès la première moitié du XVI* s. (F. L. Ganshof, Le Moyen-Age, LV, 1949, p. 208 sq.)