‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 229 sur 258 · Dos. Cf. Pro/., n · texte numérisé non relu

Dos. Cf. Pro/., n

29. Carnaval, emprunt à l'italien Carnevale ; c'est ici le premier exemple du mot, car s'il est dans VHeptaméron, rédigé entre

1542 et 1549, celui-ci ne parut qu'en 1559; R. Estienne, 1549, ne l'a pas encore. La forme carnaval est du xvii* s., Thurot, I, 25, Wind, p. 168. Le carnaval donnait lieu, à Avignon, au début du xvi" s., à de nombreuses réjouissances : banquet, bal, concerts, farces et moralités; ces fêtes officielles cessèrent d'être célébrées vers 1522, mais on ne cessa pas, pour cela, de s'amuser à Avignon dont la réputation était proverbiale, cf. Pansier, Lex débuts du théâtre à Avignon, Annales d'Avignon et du Comtat, 1919, p. 5-41, repris dans l'Histoire de la langue provençale à Avignon, et 1. II, ch. v, n. 48. (M.)

30. La raffe ou rafls est un coup de dés où chacun des dés amène le même point, le joueur « rafle » alors la mise. La seu'e analogie que présente ce jeu avec les coups de poing des noces, c'est que suivant Nicot (dans Godefroy, Dict., X, 473) le gagnant « prend hastivement ou bien plustot rapidement la mise », de là rjfler : « enlever vivement en un tour de main », et raffie de vent : « coup de vent violent » (jb., VI, 554), devenu plus tard rafale ; par ailleurs Oudin donne le sens de « souffljt » qui conviendrait ici, mais qui n'est qu'un sens dérivé, et ni Nicot, ni Furetière, ni Godefroy ne disent que « jouer à la rafle » pût signifier, si peu que ce soit, « jouer à se donner des soufflets ». Le lexique de Pansier, Le pro-

que feut joué sus Chiquanous. En fin il tombe par terre. On luy jecta force vin sus la face, on luy atacha à la manche de son pourpoinct belle livrée de jaulne et verd *^, et le mist on sus son cheval morveulx.

45 Entrant en l'isle Bouchard, ne sçay s'il feut bien pensé et traicté, tant de sa femme comme des myres ^" du pays. Depuis n'en feut parlé ^^.

« Au lendemain cas pareil advint, pource qu'on sac et gibbessiere du maigre Chiquanous n'avoit esté trouvé son exploict^*. De par le gras Prieur feut nouveau Chiquanous envoyé citer le seigneur de

50 Basché, avecques deux records pour sa sceureté^^. Le Portier, sonnant la campanelle, resjouyt toute la famile '® entendens que Chiquanous

Ligne 42. I -.fut — I. 43. F, I : attacha — 1. 46. H : de myres — I : mires — I : 1. 50. I : seureté — 1. 51. I ■.famille — I :

vençal à Avignon, III, ignore le mot, Mistral connaît raflo : « jeu » et rafie « vacarme », ce qui pourrait s'accorder avec « mélodieusement ». Peut-être R. n'a-t-il retenu du sens primitif que celui d'un jeu agité et bruvant. (M.)

31. Cf. 1. III, ch. XXIV, 1. 29 : « chapperon vert et jaune à aureilles de lièvre » pour un chaperon de fou. Le Veri, dit H. Estienne, Dialogues, I, 237, est « expressément » réservé aux fous. C'était aussi la couleur des faillis (Laurière, Glossaire du droit fr., I, 167); le jaune était la couleur imposée aux juifs, aux hérétiques, aux sorciers. Notons que la livrée de Henri II était : rouge, jaune et vert (Gay, Glossaire, v" couleurs), mais l'absence du rouge empêche de penser que R. ait voulu signifier que le chiquanous était sergent royal, et la hardiesse eût été grande de tourner ainsi en dérision les couleurs du roi. Sur livrée, cf. n. 44. (M.)

32. Médecin, archaïsme encore attesté au XVII' s. (Brunot, Histoire, III, 136), la graphie se réfère à la fausse étymologie |jfjp(jûv : ungiientarius (Nicot), mire dérive de medicus, comme grimoire de grammatica, Sainéan, II, 103, 536, Ch. Thorn, l^s désignations françaises du médecin, Zeitschrift fur

— 1. 44. G : morveux — 1. 45. I : Bouchad fut — 1. 47. I : au sac — 1. 49. I : fut — entendons — G : entendens ce

fran^. Sprache u. Uieratur, LV, 1931, p. 142 sq.

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