‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 258 sur 258 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

matière de clysteres. Les isles aussi de Gnig et Goig, desquelles par 90 avant estoit advenue l'estafillade au LangrauflF d'Esse*".

Ligne 89. H, I : clisteres — 1. 90. H, I : estafilade

66. « Enig et Eaiig, motz allemans, sans, avecqucs. En la composition et appoinctcmcnt du langrauff d'Esse avecques l'empereur Charles cinquicsmc, ou lieu de E«/j? ; sans détention de sa personne, fcut mis Ec/g ; avecques détention », Br. Déclar. R. n'a pas très bien compris : lors de l'appointement avec le landgrave de Hesse, en juin 1547, les princes électeurs, qui servaient d'intermédiaires, présentèrent à l'Empereur, qui l'approuva, un projet où il aurait promis que la soumission ne vaudrait au landgrave ni le châtiment suprême ni la captivité à perpétuité {ohne ewige Gefangnis). Ceux-ci promirent au landgrave qu'il ne serait atteint ni dans son corps, ni dans ses biens, ni par la captivité {phne einige Gefangnis : sans aucune captivité). Le prince vint faire sa soumission en toute bonne foi et malgré cela l'empereur le garda prisonnier. Les princes électeurs protestèrent, prétendirent avoir mal compris (R. E. R., VI, 289 et C. Brandi, Charles-Qiiinl, Paris, 195 1, p. 580), et peutêtre les avait-on trompés, car à la veille de la parution du Quart Livre, le 18 décembre 15 51, de Selve, notre ambassadeur à Venise, écrivait au roi que les ambassadeurs des princes d'Allemagne avaient fait une nouvelle démarche en vue de la libération du Landgrave; l'Empereur avait répondu que, par l'opinion de plusieurs savants docteurs « attendu que la rétention du Landgrave

estoit pour un bien public et intcrcst et conservation d'Estat, il l'avoit peu et pouvoit faire, sans qu'on luy pcust imputer d'avoir violé sa foy ». Si le renseignement est exact, l'Empereur aurait donc implicitement avoué sa fourberie; c'est bien ainsi en tous cas que R. l'entend et que l'entendirent les ambassadeurs des princes électeurs car ils répliquèrent « que la foy qu'il leur avoir donnée estoit chose si claire et liquide qu'il ne la falloit point remettre en dispute et opinion des Docteurs ; et qu'entre les Allemands ladite foy une fois donnée et promise se devoit inviolablement observer » (Ribier, Mémoires d'Estat, II, 353). Le landgrave ne fut délivré, par Maurice de Saxe, qu'en 1552. — ■ Estaffilade : le mot est tout récent et R. l'emprunte probablement directement à l'italien staffilata : « coup d'cstrivières ». Le sens moderne d' « entaille » semble postérieur, les ex. de Godefroy, Diet., X, 556, ne l'imposent pas et Cotgrave ne cormaît que le sens de « coup de fouet » et de « balafre sur le visage », ce qui peut n'être que le résultat d'un coup de fouet, non d'un coup d'épée. L'interprétation de Plattard, éd. des « Textes français » : « entaille dans le contrat » n'est pas justifiée, il vaut mieux adopter le sens donné par Oudin (Kecherches) : estaffilade : s/regio, fregio, c'est-à-dire : « balaffre : un affront ». (M.)

lit; Il fil !ii II

PQ

LU

Rabelais, François Oeuvres

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