Toucher, mot vieux, cf. Godefroy, Dict
30. Apparence convenable, cf. R. Estienne, 1549 : « garder l'honnesteté : tenere decus » et « estre toujours propre et Ijonneste », Poés. fr. des XV« et XVl^ s., III, 148; « Je veulx me faire ung peu honneste — Boutez moy ma robbe à point », Ancien tijéatre fr., I, 64, dans Godefroy, Dict., IX, 764. (M.)
31. Décrire en détail. « Ne ungues digitorum vertices partesve summas superent superenturve », Hippocrate, De medici vulnerarii munere, éd. par G. Cop, N. Leonicenus, etc., Bâle, A. Cratander, 1526, in-fol., p. 409. — Cf. De r officine du médecin, éd. Littré, t. III, p. 285-287. (D.)
52. Prétendant. A notre connaissance le premier exemple de ce mot, employé absolument, se trouve dans l' Aranlretour en France de Algr. reverendissime Cardinal du Bellay de Joachim du B., 1 549 (éd. Chamard, III, p. no), V. 44. Il traduit le grec fivTjuxf.pe; — les fameux prétendants de Pénélope — Odjss., II, 87, etc. Il devint classique dans cet emploi. Fénelon est l'un des premiers à avoir employé « prétendants ». Proprement le Poursuivant est le second du héraut d'armes. Tandis que les Kqys d'armes portaient des noms d'ordres, les Hérauts des noms de provinces, les Poursuivants por-
EPISTRE LIMINAIRE f
clos ^ pour combatte quelque puissant enneniy. De faict, la practique de Médiane bien proprement est par Hippocrates comparée à un combat et farce jouée à trois personnages : le malade, le medicin, la maladie^*.
25 Laquelle composition lisant quelque fois, m'est soubvenu d'une parolle de fulia à Octavian Auguste son père ^. Un jour elle s' estait devant luy présentée en habis^ pompeux, dissolu:;^ et lascif i^, et luy avoit grandement despieu, quoy qu'il n'en sonnast mot. Au lendemain elle changea de vestemens, et modestement se habilla comme lors estoit la coustume des chastes dames Romaines.
30 Ainsi vestue se présenta devant luy. Il ^, qui, le jour précèdent, n'avait par parolles déclaré le desplaisir qu'il avoit eu la voiant en habit^ impudicques.
Ligne 23. H, I : Hipocrates — H : ung combat — 1. 24. H, I : personnaiges — 1. 27. G, I : habit^ — G : lascif — 1. 28. H : landemain ; I : kndem'm — 1. 3 i. H, I : declairé — F : voyant ; I : voient
taicnt des noms galants : Joly Cœur, Leale Poursuite, Doulce -Pensée, etc. (cf. De Rourc du Paulin, Les Rois, hérauts et poursuivants d'armes. Paris, 1906, in-8°, p. 7) ; cf. études Rabelaisiennes. (M.)
33. Champ clos. Italianisme qui est la forme usuelle au sens militaire, cf. 1. I, ch. XLviii, 1. 17 et 1. II, ch. xii, 1. 20. Le mot est récent ; i*' ex. : Lemaire de Belges, Illustrations (1512), cf. Humpers, Etudes, p. 85, au sens de campement. — L'emploi de l'article indéfini sing. après la préposition en, qu'il s'agisse ou non de locutions, est tout à fait exceptionnel chez R. : un seul ex., Vrol., 1. 329 : « en un jardin secret », sur 27 cas dans l'E/»., le Vrol. et les ch. i à iv. Au pluriel, sur 12 cas, cf. p. ex. E/)., 1. 18, 27, etc., aucun ex. de l'article. Pour le défini, cf. n. 38. (M.)
34. Ici, R. se méprend ; Hippocrate, parlant des dispositions autour du malade, note seulement « les questions touchant la maladie, ce qu'explique le malade lui-même... comment recevoir ses explications »
(Hipp., 'Epid., 1. VI, s. 2, § 24, éd. Littré, t. V, p. 291). — R. a plutôt confondu avec un passage de Galien qu'il déforme :
« Adversari morbo aegrotum una cum medico opportet, cumque très sint, medicus, morbus et aegrotus » (Galien, Comm. IV in Ub. VI Hippoc. de morb. vulg., c. 9, loc. cit., p. 35 5)- (D-)
35. Le texte suit de très près, en l'allongeant, celui de Macrobe : « Venerat (/«//>) ad eum {Auguste) licentiore vestitu et oculos offenderat patris tacentis. Mutavit cultus sui postera die morem et laetum patrem affectata severitate complexa est. At ille, qui pridie dolorem suum continuerat, gaudium continere non potuit, et : « Quantum hic, ait, in filia Augusti probabilior est cultus ! » Kon defuit patrocinio suo Julia his verbis : « Hodie enim me patris oculis ornavi, heri viri » {Saturnales, II, 5, 5). D'autres « réponses » prises (avec référence) au même chapitre étaient utilisées au 1. I, ch. III, p. 44-45. (S.)
36. Cet emploi du pronom sujet séparé du verbe, rare dans les 1. I et II, devient plus fréquent dans le Tiers Livre et dans le Quart Livre (cf., pour celui-ci, Marichal, Quart Livre, Glossaire). C'est un archaïsme qui se rencontre aussi dans Jean Lemaire de Belges, cf Huguet, Syntaxe, p. 56. (M.)
m peut celer le plaisir qu'il prenait la votant ainsi changée, et luy dist : « O cowbien cestuj vestement plus est séant et louable en la fille de Auguste ! » Elle eut son excuse prompte et luy respondit : « Huj me suis je vestue pour les
35 a?//^ '' de mon père. Hier, je l'estois pour le gré de mon mary. »
Semblablement pourrait le medicin, ainsi desguisé en ^* face et habit^, mesmement revestu de riche et plaisante rabbe à quatre manches '*, comme jadis estait l' estât, et estait appellée philonium *", comme dict Petrus Alexandrinus*^, in 6. Epid., respondre à ceulx qui trouveraient la prosopopée*^
40 estrange : « Ainsi me suis je acoustré **, non pour me guorgiaser ^* et pomper ^5,
Ligne 32. I : voyant — 1. 33. I : d'Auguste — 1. 38. H : appelée — 1. 39. H : ceux — 1. 40. I : accoustré — H, I : gourgiaser
37. Pluriel refait sur le singulier, le seul qu'emploie R., d'ailleurs fréquent à l'époque, cf. Brunot, Histoire, II, 295. (M.)
38. L'emploi de l'article défini avec en, un peu plus fréquent que celui de l'article indéfini, cf. n. 33, reste rare chez R. — Il ne s'agit naturellement que du féminin singulier, et, au masculin, de /' devant un mot commençant par une voyelle, car pour les autres cas on a on et es, cf. n. 14 et 20. — Dans \'Ep., le Prol. et les ch. i à iv, 11 emplois : Ep., 1. 53, Prol., 1. 41, 239, ch. i, 1. 24, 57, II, 16, 33, 43, 64, IV, 21, 52, sur 39 cas. Cette rareté de l'article après en, plus grande qu'après les autres prépositions, et notamment après à, n'est pas propre à R. et tient, pour une part, à l'emploi relativement récent de à dans beaucoup de ces locutions, et pour une autre part à la confusion et aux hésitations entraînées par les formes on et fj-, cf. Fahlin, op. cit., p. 57 et 107 sq. (M.)
39. Les médecins continuent à porter la robe longue, généralement abandonnée par les laïques depuis le règne de Charles VIII, cf. Enlart, Manuel d'Archéologie, III, Lf Costume, Paris, 1916, p. 115 et 305, dont les manches, très longues et très amples, se replient sur l'avant-bras ou sont fendues au
coude pour dégager l'avant-bras, cf. Enlart, fig. 89 et les pi. XIII et XIV du Catalogue de l'Exposition Rabelais de 1933. (M.)
40. « Vêtement semblable à une chape de prêtre », Le Duchat, dont nous ignorons la source, car le mot est inconnu en ce sens de tous les lexiques et de tous les traités.
41. Il ne s'agit pas de Pierre, mais de Jean Alcxandrini, commentateur d'Hippocrate, dont la vie est inconnue. Littré cite de lui : Liber Epidemiarum et Commentaria Joamiis Alexandrini medici et sophistae dans Articella, Venise, 1523, in-fol., et Joh. Alexandrini Comment, in K/ Epid. cum ipso textu latine, Lyon, 1527, in-4<'. — Le professeur Castiglioni m'en signale une éd.
(collective avec d'autres ouvrages) impr. à Venise en 1500, in-4° « per Johannem et Gregorium de Gregoriis fratres », p. 105- 154 (Bibl. Universitaire de Padoue). Ces commentaires concernent tout le livre des Epidémies. (D.)
42. « Desguisement, fiction de personne », Br. Déclar. Cf. 1. III, Prol., n. 148.