‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 78 sur 258 · Cf. I. III, ch. xLix · texte numérisé non relu

Cf. I. III, ch. xLix

13. Escorte, « compagnie qu'un navire fait à l'autre pendant la navigation », Jal, Archéologie, II, p. 598. Premier ex. du mot en français dans les textes littéraires, et qui reste rare dans la suite (cf. Huguct, Dict.). C'est un terme méridional, italien ou provençal {conserva) — en français on dit convoi, convoler, cf. Jal, Glossaire — mais qui a dû passer dans la langue maritime du Ponant antérieurement à R., puisque Amyot l'emploie (cf. Huguet). La construction « en conserve de », qui rappelle le navigare in conserva ou in conservaticho génois du M. A. cité par Jal, Glossaire, peut aussi bien être la transposition de l'expression française en convoi, cf. Froissart (dans Godcfroy, Dict., II, 290) : « Vous le me chargastcs en garde et en convoi ». (M.)

14. Galère de trois rames par banc (Balf, De re navali, 1557, p. 36) ou de trois rameurs par banc (Budé, De Asse, Vascosan, 1542, fol. CLXxv k). Contrairement à ce qu'a cru Jal {Archéologie, II, 502) ce n'est pas uniquement un terme savant : il est relativement usuel, sinon chez les gens de métier, du moins chez les écrivains, même très au courant des choses de la mer, cf. Jal, Glossaire, Guiffrey, G., Chronique du roy François I", p. 560-361 et La Roncière, Histoire, II, 463. (M.)

15. « Espèce de navires particuliers dont usoient nos ennemys [les Anglais], en forme plus longue que ronde, et plus estroitte beaucoup que les galères, pour mieux se régir et commander aux courantes... à quoy les hommes sont si duits qu'avecques ces vaisseaux ils contendent de vitesse avecques

les galères et les nomment remberges », Martin du Bellay, Mémoires, éd. Bourrilly, IV, p. 290 (bataille de Wight, 19 juillet 1545, oîi les rorvbarges britanniques démontrèrent leurs qualités manœuvrières et la supériorité de leur anillerie à mise en batterie automatique). Henri II en fit mettre en chantier une vingtaine à l'automne 1549 — il les appelle roberges : « vaisseaux ronds et subtils... qui vont de rame et de voile » (Ribier, Mémoires d'Estat, II, 287, lettre du roi, 27 sept. 1550). Elles jaugent de 80 à 300 tonneaux, sont un peu plus basses que les gallions, avec plus de rames, et elles ressemblaient à des galères « dont on aurait exhaussé les bordages ». Cf. La Roncière, Hist. de la Marine fr., II, 471, III, 422, 457. (M.)

16. « Ils sont bastis pour la guerre et de forme propre à soustenir toute outrance d'aniUerie ou de tempeste. Un peu moindres et plus bas que les navires de charge et equippez a voiles quarrees et de quelques remes pour estre plus facilles de se getter hors des ports, et, en plaine mer, a prendre vent et doubler les caps... ilz portent quantité d'artillerie » (Nicolay d'Arfeuillc, premier cosmographe du roi, 1582, Paris, Bibl. Nat. ms. fr. 20.008, p. 12). « Ils rendaient service aux grandes nefs, pour poncr ou lever leurs ancres, les aider à doubler une pointe, les remorquer par la bonasse » (La Roncière, op. cit., II, p. 470). Ce sont comme les nefs, des bateaux ronds, mais plus allongés qu'elles. Ils ont trois mâts. Leurs gabarits vont de 60 à i.ooo tonneaux, un galion de 600 tonneaux porte trente canons et 250 hommes. Ce sont les « rois de

nombre pareil '*, bien equippées, bien calfatées ^^, bien munies, avecques abondance de Pantagruelion -" . L'assemblée de tous officiers, truchemens, pilotz ^i, capitaines, nauchiers --, fadrins **, hespailliers -* et

Ligne 22. I : Pantagruellion — 1. 23. A, B, C : pilloh^ manque — A, B, C : hepailliers ; I : hespaillers

A, B, C : capitaines

h. mer » (La Roncière, p. 469). En 1550 Henri II n'en avait que trois, basés en Normandie {ibid., in, p. 457). (M.)

17. Birème légère et rapide, empruntée par les Romains aux pirates liburniens (Baîf, De re navali, 1537, p. 35, éd. de 1549, p. 22- 24 et fig. — Gy raidi. De re nautica, 1540, p. 28, 46). Naturellement la flotte de Henri II n'avait pas de liburmcqiie , c'est un de ces archaïsmes que Jal « ne peut passer » à R. {Archéologie navale, II, p. 301). (M.)

18. R. veut-il dire que l'escorte comptait 12 trirèmes, 12 ramberges, etc., comme je l'ai cru (éd. des Te.vtes lit. fr., p. 33, n. 19), ce qui ferait un convoi égal à la moitié de l'immense flotte que François \" rassembla en juin 1545 au Havre en vue de l'invasion de l'Angleterre ? Il me semble aujourd'hui plus probable que R. entend dire que l'escorte est de 12 navires de guerre, tant galions que ramberges, ce qui fait encore, avec les grandes nefs, plus du tiers de la flotte de Henri II en 1550 : 40 galères, 8 grosses nefs, 3 galions, 20 roberges (R. E. R., V, 424). Cartier, dans son expédition de 1541, la plus nombreuse, n'avait que 5 navires. (M.)

19. R. a callafater, 1. I, ch. m, 1. 53, forme du Levant (ital. calafattar), d'où le mot est originaire; calfreter, 1. I, Prol., 1. 65 (d'où calfeutrer dans R. Estiennc et ailleurs); gallefreter, 1. II, ch. i, 1. 164 et enfin cnlfater, 1. III, ch. xxvr, 1. 12, forme qu'a prise normalement le provençal calafatar, cf.

calefater à Nantes au xv^ siècle (dans Godefroy, Dict., VIII, 412), en passant dans la marine du Ponant. (M.)

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