‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 94 sur 258 · Cf. Introduction, ch · texte numérisé non relu

Cf. Introduction, ch

d'un appellant ^", en l'aultre estoit le protraict ^^ d'un varlet qui cherche maistre '*, en toutes qualitez requises, gestes, maintien, minois, alleures, physionomie et affections : painct et inventé par maistre Charles Charmois ^^, painctre du roy Megiste ^^; et les paya en monnoie de cinge ". Panurge achapta un grand tableau painct et transsumpt " de l'ouvrage jadis faict à l'aiguille par Philomela, exposante et représentante à sa sœur Progné comment son beau frère Tereus l'avoir depuceUée, et sa langue couppée, affin que tel crime ne decelast ^^. Je vous jure,

Ligne 21. G, H, I : aufre — I : protrait — 1. 23. F : phisionomie — 1. 23-24. H, I : Charmqys — 1. 24. I : paintre — G, H, I : monnaye — 1. 26. I : à l'anguille — 1. 27. D, E, F : dupucellée ; G, H, I : depucellée — 1. 28. I : afin — I : tek crime

12. Celui qui appelle d'un procès, cf. M. de La Porte, Epilhètes, 1580 : « Visage... appelant, id est triste et soucié ou chagrin », et Furetière : « On dit proverbialement qu'un homme a un visage d'appellant, quand il relève de quelque maladie, ou quand il a souffert quelque grande perte ou affliction qui luy a beaucoup changé le visage ». Du Fail, Contes d'Etitrapel, I, 214 (éd. Courbet, Paris, 1894, I, p. 65), dit aussi : « Dès cette heure je vois appendre à ton logis l'image d'un appellant avec un escriteau : céans y a bonne Pratique », mais tout cela peut venir de R. (M.)

13. Portrait. R. emploie plus volontiers protraict, cf. 1. L ch. Lin, 1. 14 et ici même ch. xlv, 1. 9, 45, lu, 1. 50 (éd. M.) et protraicture, 1. I, ch. LVi, 1. 24, que portraict qui est cependant ici ch. xvii, 1. 79. La forme est, en dehors de lui, rare, cf. Thurot, L 259. L'emploi de pro pour por est peutêtre un latinisme. (M.)

14. Il semble que ce soit un thème populaire : nous avons deux petits poèmes de la deuxième moitié du siècle sur le Varlet à louer à tout faire et la Chambrière à louer à tout faire, Montaiglon, Recueil, I, p. 73. (M.)

15. Charles Charmois ou Carmoy, probablement Orléanais, qui travailla à Fon-

tainebleau avec le Rosso de 1537 à 1340, et que Du Bellay employa à Saint-Maur en 1544 et 1547, Clouzot, R. E. R., VIII, 113 et Roy, ibid., IX, 77-79.

16. « Tresgrand », Br. Déclar. (;jléy'.tto;), dans le ch. lxi, 1. 68 (éd. M.), Philibert de l'Orme est dit « architecte du roy Megiste », donc le roi Megiste est Henri II. (M.)

17. Gambades. L'origine du proverbe est cet usage consigné par Etienne Boileau, Uvre des Métiers, II, 2, Péage du petit Pont : « Li singes au marchant doit .iiij. deniers se il pour vendre le porte... et se li singes est au joueur, jouer en doit devant le paagier et, par son gieu, doit estre quites de toute la chose qu'il acheté à son usage » (éd. Lespinasse et Bonardot, 1879, p. 236), Le Roux de Lincy, Proverbes, 1, 202, Sainéan, I, 389.

18. Copié. Du lat. transsumptus : copie, c'est un terme de chancellerie que R., est, peut-être, le premier à employer pour une œuvre d'art (Godefroy, Dict., VIII, 20). (M.)

19. Térée, roi de Thrace, époux de Progné, ayant fait violence à sa belle-sœur Philomèle, lui coupa la langue pour que le crime demeurât secret. Philomèle fit savoir la chose à sa sœur en lui envoyant une toile où des lils rouges racontaient l'affaire. Voir Ovide, Métamorphoses, VI, 412-676. (S.)

CHAPITRK II

par le manche de ce fallot -° ! que c'estoit une paincture pualante et 50 mirifique-'. Ne pensez, je vous prie, que ce feust le protraict d'un homme couple sus une fille. Cela est trop sot et trop lourd. La paincture estoit bien aultre et plus intelligible. Vous la pourrez veoir en Theleme, à main guausche, entrans en la hauitc guallerie-^.

Epistemon en achapta un aultre, on quel estoient au vif painctes 35 les Idées de Platon, et les Atomes de Epicurus. Rhizotome en achapta un aultre, on quel estoit Echo selon le naturel représentée -^.

Pantagruel par Gymnaste feist achapter la vie et gestes '* de Achilles,

Ligne 29. G : peincture — I : galante — I. 30. 1 : portraict — 1. 51. 1 : cou- sus une fille

— G : trop lord — 1. 32. G, H, I : bien autre — 1. 33. H. I : gausche — I : gallerie — 1. 34. D, E, F, G : une aultre (G : autre) ; H, I : un autre — I : auquel — H : on vif

— 1. 35. G : achata — 1. 36. G : un autre ; H, I : une autre — I : auquel

20. « Le falot ou fanal est la lanterne dorée sur son chandelier, au plus haut de la poupe », Etienne Cleirac (1643) dans Jal, Glossaire. C'est probablement le chandelier que R. appelle « manche ». 11 est possible qu'il y ait, en outre, un calembour sur falot : « fanal » et falot : « drôle », cf. 1. III, ch. XLVii, n. 14.

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