Cf. Prol, n
22. A notre connaissance, le sujet de Tereus et Progné, n'a pas été traité avant Rubens. R. raille ici la manie de l'allégorisation qui connaît, au xvi^ siècle, un regain de vigueur sous l'influence des Pythagoriciens et des Néoplatoniciens. Elle a souvent servi de couverture à des sujets scabreux. Il y a à Thélème de « belles grandes galleries, toutes pinctes des antiques prouesses, histoires et descriptions de la terre » (1. I, ch. LUI, 1. 51), il n'y a pas une « haulte gallerie », est-ce une inadvertance, bien naturelle, de R. ou bien songe-t-il à quelque peinture figurant dans un des châteaux royaux, par exemple à Fontainebleau ? Cf. A. Huon, dans Études Rabelaisiennes. (H.)
23. La théorie des Ide'es est au fond même de la philosophie de Platon (voir surtout le
Parménide et Phèdre, 249), comme celle des Atomes au fond de la philosophie d'Epicure (Lucrèce, De nat. remm, 1. I). (S.) — Cette série de sujets qui semblent défier toute représentation figurée est encore une parodie du Néoplatonisme : l'expression de l'idée abstraite par une image concrète est un élément essentiel de son esthétique et l'apport italianisant des peintres de Fontainebleau l'a mise à la mode : « Socratc fut plus heureux (que Denis d'Halicarnasse) dans les Emblèmes qu'il fit de la morale, puisqu'il la rendit si aisée et si intelligible, que l'on dit qu'il avoit fait descendre des Cieux la Sagesse et la Philosophie que Pythagore et les Arabes sembloient y avoir guindées. C'est sur ces Emblèmes que Platon forme le plan de ces Idées et le Monde par son moyen commença à se remplir de ces images ingénieuses qui donnèrent lieu à tant de Fables et à tant d'inventions poétiques. Le fameux tableau de Cébès tira de là son origine et les tableaux de Philostrate », Ménestrier, C. F., Art des Emblèmes, Paris, 1684, p. 10. (H.)
24. Actions, exploits (lat. gesta), comme dans chanson de geste, vieux mot — il manque
en soixante et dixhuict pièces de tapisserie à liaultes lisses, longues de quatre, larges de trois toises, toutes de saye Phrygiene '^'•', requamée -*
4° d'or et d'argent. Et commençoit la tapisserie aux nopces de Peleus et Thetis, continuant la nativité d'Achilles, sa jeunesse descripte par Stace Papinie, ses gestes et faicts d'armes célébrez par Homère, sa mort et exeques descriptz par Ovide et Quinte Calabrois; finissant en l'apparition de son umbre, et sacrifice de Polyxene, descript par Euripides '^' .
4j Feist aussi achapter trois beaulx et jeunes unicornes ^^ : un masle, de
Ligne 38. G : hautes — 1. 39. H, I : soye — G D, E, F, G, H, I : au nopces — 1. 42. H, I : faict^ - Polixene — 1. 45. H, I : beaux
Phrigiene ; I : Phrigieime — 1. 40.
- 1. 43. H, I : de script s — 1. 44. I :
dans R. Estiennc, 1549 — qui ne s'emploie plus guère dans ce sens que, pourtant, Furctièrc connaît encore. (M.)
25. Saye peut être une prononciation parisienne vulgaire de soie (Brunot, Histoire, II, 255), mais Thurot, 1, 595, ne l'enregistre que pour « soie de porc », forme conservée dans saie : « brosse d'orfèvre » {Diction, général); il semble préférable d'y voir l'a. fr., picard et wallon, saie : étoffe de laine (Godefroy, Dict., VII, 283), d'où sayeteur, sayeîterie et sagetterie {ibid., 285), sayette {Diction, général) : serge fabriquée surtout en Picardie, et qu'on utilisait pour les tapisseries : « lict tendu de ce qu'on fait les tapisseries ou saye » en 1485 dans Gay, Glossaire. Il n'y a pas de saye phrygienne au xvi^ s., c'est un emprunt à Pline, H. N., Wil, 74, 2, à Scrvius, Ad Aen., III, 484 ou à Varron, De lingiia lat., p. 3, 25 : les Phrygiens sont les inventeurs de la broderie, cf. phrygium opiis, broderie à point croisé correspondant au dessin en pointillé (Daremberg, Saglio, Diction.), et chlamys phrygia : chlamys acu picta (Servius, Ad Aen., III, 484). (M.)