‹ Œuvres. Éd. seule compléte, ornée de seize gravures et du portrait de l'auteurChapitre 32 sur 102 · LE JOUR DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

LE JOUR DE SAINT-LOUIS

Air : Je ne veux plus aimer Annette.

(chantons versets, hymnes et proses.

Avec Louise , à tous refrains ; Pour qui connaît le prix des choses Les bons Louis sont de bons saints :

Devant eux , le vieillard , l'adulte , A deux genoux sont en tout lieu ; Aux vrais Louis on rend un culte Bien plus sincère qu'au vrai Dieu.

Mais bien qu'une image adorée

Trouve partout tant de dévots;

Bien que la légende dorée

N'ait point de plus brillans héros ,

Tous les fidèles de l'Eglise

De tant d'éclats moins éblouis ,

De bien bon cœur, pour ma Louise,

Laisseraient là tous les Louis.

5o OEUVRES

Voyez comme elle est belle ; celle Que célèbre ici notre amour ; Le soleil se cache , et c'est elle Qui devient l'astre de ce jour 5 Qu'importe que le temps se couvre?

Fut-il cent fois plus nébuleux, On croit toujours que le ciel s'ouvre Lorsqu'il offre un ange à nos yeux.

O ma Louise ! heureux qui touche De tes bras l'ivoire poli ; Qui d'un sourire de ta bouche Croit voir son destin embelli !

Le doux son de ta voix s'accorde Au doux feu qui luit dans tes yeux , Et tes cheveux servent de corde A l'arc du plus malin des dieux.

En vain Gérard qui l'aurait peinte L'offrirait à l'œil éperdu ; Qui n'aura fait que voir ma sainte Peut dire encor qu'il n'a rien vu ; Louise tendre , et douce , et fière , Cache sous des dehors si beaux Un cœur de fille , un cœur de mère , Un cœur d'ange , un cœur de héros.

D'une touchante bienfaisance Elle aime et fait aimer les lois > La gaité moins que la souffrance Sur cette belle amc a des droits ;

DE M. DE BOUFFLERS. 5i

L'amour seul en secret l'accuse D'être insensible à la pitié, Et se plaint qu'elle lui refuse Pour donner plus à l'amitié.

Fille des Muses , leur commerce Lui plaît , elle aime leurs travaux :

Ses maîtres, dans l'art qu'elle exerce, Déjà ne sont que ses rivaux; Bonne à voir , meilleure à connaître , Parfaite en tout , hors en un point , Louise. a peu de goût peut-être, Car elle ne s'admire point.

COUPLET

Air : Du haut en bas.

J e suis aimé De la bergère que j'adore;

Je suis aimé De l'objet dont je suis charmé:

Fortune que chacun implore , Que peux-tu me donner encore ?

Je suis aimé.

COUPLETS

Chantés à Saint-Germain pour la convalescence de M. Dubreuil, médecin , par madame de Tott, qu'il avait tirée d'une maladie mortelle.

Air: Avec les jeux dans le village.

JljN sortant d'une nuit profonde , Je reprends un être nouveau :

Quand on revient de l'autre monde , On trouve celui-ci bien beau j Tout rit à la faible Sophie , Tout conspire à la ranimer, Et celui qui lui rend la vie La lui fait encor mieux aimer.

Sans le nommer, rendons hommage Aux vertus de mon bienfaiteur ; C'est lui dont l'art fait vivre un sage1 Cher au monde et cher à son cœur $ C'est lui de qui l'esprit modeste Se connaît à peine à moitié 5 Enfin c'est celui dont Oreste * Eût pris des leçons d'amitié.

1 M. le maréchal de Beauveau.

a II était l'ami intime de M. Pecraéja.

Immolant à la sombre étude Et ses loisirs et sa santé , Il veille dans la solitude Au bien de la société; Froid misanthrope en apparence, Il aime les humains qu'il fuit ; Mais il craint la reconnaissance , Et le bien qu'il fait lui suffît.

Combien je lui causai d'alarmes!

Et combien j'en eus à mon tour !

Que j'ai versé pour lui de larmes , Quand mes jeux se rouvraient au jour ! Déjà la mort vindicative , *En le frappant , nous frappait tous :

Dieux! criait-on, faites qu'il vive; Soyez-lui ce qu'il fut pour nous.

À nos veux la Parque docile Retire son fatal ciseau ; Le fil de eette vie utile Doit être filé de nouveau :

L'espoir à la crainte succède , Des dieux on reconnaît la main :

Ils avaient besoin de son aide Pour conserver le genre humain.

COUPLETS

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