AU PRINCE HENRI DE PRUSSE
I,E JOUR DE SA NAISSANCE, A PROPOS DE CE Qu'lL DISAIT NE PAS AIMER LES ENFANS.
Vous voyez nos papas avec des jeux de père , Pour les petits enfans serez-vous plus sévère, Grand prince , et n'ont-ils pas des droits à votre amour? Mais bien qu'à mes pareils votre air froid en impose, Faible enfant , je choisis pour défendre leur cause, Le jour où. vous n'étiez qu'un faible enfant d'un jour. Médire des enfans, n'est-ce point un blasphème ? Et ne seriez-vous pas contre votre svstème
L argument le plus triomphant ?
Car enfin jugez-vous vous-même, Et vovez ce que peut devenir un enfant. Si vous nous dédaignez tout petits que nous sommes, Que n'en faites-vous donc autant pour tous les hommes? Car, si j'en crois papa, tous les hommes, oui, tous,
De tous rangs et de tout âge,
Et le plus fin et le plus sage,
Sont des enfans auprès de vous.
INSCRIPTION
SUR UN CÉNOTAPHE ELEVE PAR UNE PRINCESSE D'ALLEMAGNE A UN DE SES FILS , MORT A LA PREMIÈRE FLEUR DE SON AGE.
Jeune et touchant objet d'un deuil trop légitime, Le ciel de tous ses dons se plut à te combler; Il semblait se presser d'orner une victime Que la mort à nos jeux se pressa d'immoler. Nous t'avons vu briller un moment sur la terre 5 Espoir de ton pays , orgueil de tes parens ; Ta force et ta raison mûres avant le temps, Promettaient un héros. . . Promesse mensongère! Jeunesse , ardeur, talens , beauté , De tant de biens qu'est-il resté ? . . . Une cendre insensible et les pleurs d'une mère. Cette mère aujourd'hui porte envie à ton sort; Les maux qu'elle a soufferts, tu ne pus les connaître: C'est mourir doublement , c'est vivre dans la mort , Que de survivre à ceux en qui l'on crut renaître.