TRADUCTION DEL' ODE D'HORACE
Èheu ! fugaces, posthume , etc.
JLès ans sont un torrent, la vieillesse a des aiîes ; La vie est le chemin qui conduit au trépas. La piété , soumise à ses lois éternelles , Les suit sans murmurer 3 et ne lès change pas.
Les sacrifices, les prières Ne sauraient apaiser le roi des sombres lieux ; Les pleurs qui mouillent nos paupières N'en font point couler de ses yeux.
Le triple Géryon , l'indomptable Titye ,
De son joug ont senti le poids ; A tout ce qui jouit du bienfait de la vie Le souverain des morts imposera des lois.
Aux rois comme aux bergers il fera passer l'onde 5 Les vainqueurs porteront ses fers, Et tous les habitans du monde Seront habitans des enfers.
u4 OEUVRES
Loin du tumulte et du carnage , En vain cherchons-nous de longs jours ; Loin des vents malfaisans et du bruyant orage , Nous essayons en vain d'en assurer le cours.
Nous verrons le Cocyte en des plaines arides Rouler péniblement ses languissantes eaux ; De Sisyphe et des Danaïdes Nous irons voir les vains travaux.
Tes trésors, ta maison et ta compagne aimée, Tout deviendra pour toi des objets de regrets ; De tant d'arbres divers dont ta vue est charmée, Un seul suivra son maître ; hélas! c'est le cyprès l
Cet or qu'avec soin tu resserres , Ton héritier l'attend, qui le dissipera 5 Et les plaisirs que tu diffères y Ton héritier les goûtera.
DE M. DE BOUFFLERS. n5