‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 125 sur 269 · V. 1802. — Faire iing soir cent fois la faffee · texte numérisé non relu

V. 1802. — Faire iing soir cent fois la faffee

Faire la faffée. — Cette expression a embarrassé les commentateurs : Gaston Paris cite quatre exemples, dont celui de Villon, où le mot « faffée » est employé ; mais, comme il le reconnaît, ils ne suffisent pas à l'éclaircir. {Romania, t. XVI (1887), p. 425-424, note.) Voici d'autres citations qui, je crois, viennent dissiper notablement l'obscurité du passage, et en fixent le sens :

Mais j'ose dire sans faffee Qui joueroit d'enchantement Comme en juoit Morgue la fee, Par ma foy, par mon sacrement !

Il ne trouveroil seulement En tant de cueurs nobles et francs Ung, qui a vendre chierement En leaulté vaulsist .11. francs !

Martin Le Franc, fr. 12476, fol. 76'=.

^=: « Mais j'ose dire sérieusement, sans plaisanterie, et qui correspond à « blague à part « du parler populaire contemporain.

Mais ce vous semble une fafee.

Si cestui propos refusez.

Car vous n'y sentez pas Orphée...

« Si cela vous semble une plaisanterie, une « blague ». Ilnd., fol. 148^.

Ne face on mention d'Orphée Dont les poètes tant escripvent.

Ce n'est qu'une droite faffee Au regard des harpes qui vivent.

Ibid., fol. 98a.

« Ce n'est qu'une plaisanterie, une bagatelle au regard... » Dans le langage familier, « faire la bagatelle » équivaut à « faire l'amour » : c'est dans ce dernier sens que le mot « faffée » est pris par Villon, comme il l'est sans doute dans Coquillart :

Mais elle, pouac ! c'est une fee

— Ung bon petit corset bien prins —

Qui faict aussi bien la faffee

Que femme qui soit au pays...

Monologue Coquiîlart, t. II, p. 211. Éloi d'Amerval semble avoir imité ce passage :

Cela fait tant bien la fafee

Que ma dame semble une fee. (Liv. II, chap. XLVil.)

Mais le sens n'est pas aussi clair que chez Coquiîlart. En somme, « faire la faffée » au moins dans le vers de Villon, est ce que Martin Le Franc appelle, dans un autre endroit de son Champion des Dames, « accomplir la folle besongne » (fr. 12476, fol. 43a) et qu'un frère prêcheur anonyme avait dénommé, avant lui, « faire la sote besoigne ». Fr. 12483, fol. i63<î (3e vers), ms. du Xiv* s., intitulé Nouveaux viiracles de la Vierge (comprenant aussi des pièces de Rustebeuf, fol. 100^, i38b-c, etc.')

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