V. 1803. — En despit d'Ogier le Danois
Ce n'est pas, comme on l'a cru et qu'on le répète, à la suite féerique d'Ogier le Danois et dans laquelle sont exaltées à l'envi les prouesses amoureuses du héros, que se rapporte l'allusion de Villon, mais bien au contraire à la scène où, chevalier du devoir et gardien de l'honneur féminin, Ogier se montre le vengeur de l'innocence menacée. Il s'agit très vraisemblablement de la délivrance, par Ogier le Danois, de la fille d'Angart que les Sarrazins avaient enlevée et qu'ils allaient violer
En un boscel li vorent force fere !
quand accourt Ogier qui y met bon ordre, fond sur les mécréants, les occit en un tour de main et sauve la « pucelle ». Raimbert de Paris, La Chevalerie Ogier de Daneviarche (édit. J. Barrois^ Paris, 1842, in-40), p. 496, V. 11889. — On ne voit pas bien, au premier abord, le besoin qu'à Villon d'invoquer le pouvoir des fées qu'il tient de naissance pour obtenir le résultat vulgaire qu'il annonce (à moins toutefois qu'on n'ait égard au nombre cent), et l'intervention du héros danois ; mais c'est précisément ce qui fait le sel de la plaisanterie :
De quoy je dis : Fy de l'enseigne !
Puisque l'ouvraige est si commun.
{Test. 1634-35.)
Sur Ogier le Danois, cf. Léon Gautier, Bibliographie des chansons de geste (?iins, 1897, in-80), p. 282 et renvois.
CLV.— Aux amants malades d'amour, Villon, rejetant délibérément les niaiseries conventionnelles et fastidieuses du lai d'Alain Chartier {Le Livre de la belle dame sans merci), leur donne un bénitier plein de vraies larmes et un goupillon : en retour, il leur demande un psautier pour le repos de son âme.