‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 159 sur 269 · V. 1956-57. — Voulentiers baisse a son cscot · texte numérisé non relu

V. 1956-57. — Voulentiers baisse a son cscot

Et qu'il me coustast ma cornette...

= « Volontiers je boirais à ses dépens, « a son escot » dût-il m'en coûter ma cornette. » Or Villon n'avait pas de cornette, puisqu'il portait le bonnet haut des clercs tel qu'on peut le voir sur le frontispice du François Villon de Gaston Paris (cf., en outre, la note additionnelle, p. 189, 190). — On comprend que Villon consente volontiers à boire aux frais de Tricot, puisqu'il ne lui en coûtera rien, le cas échéant.

V. 1958-59. — 5'// sceust jouer a ung tripot. Il eiist de moy le Jrou Perrette,

Il y a dans ces deux vers une série d'équivoques : jouer à un tripot signifie « jouer dans un jeu de paume-», et aussi « faire l'amour « : le mot « tripot » se prenait également pour l'action elle-même. « Faire l'amoureux tripot » était une locution courante ; et « le trou Perctte » vient à point pour confirmer le sens erotique du passage. (Cf. ci-dessus la note du Test. 1598, relative au mot « jouer », et à ses diff'érentes acceptions). Le jeu d'amour empruntait alors au jeu de paume un sens allégorique sur lequel on ne pouvait se méprendre, comme il paraît dans la pièce suivante :

Jeunes espritz qui ne sçavez comprendre Comment il faut gaigner le jeu d'aymer. Le jeu de paume a tous vous peult apprendre Que amour se doibt pour l'esteuf estimer. Le premier coup que quinze on veut nommer, C'est le devys ; au baiser, c'est le trente ; Puis au toucher du tetin a la fente.

Quarante cinq peut conter l'amoureux ; Mais pour gaigner le jeu qui tant contente, Il faut frapper tout droit a l'cntredeux.

Ms. de la reine Christine, au Vatican, Reg. 767, fol. 172. Le Miroir historial de France (ms. du xve s.). Cf. Ernest Langlois, Notice des mss. français et provençaux de Rome antérieurs au XV l^ s. (Paris, 1889, in-40) ; tirage à part, p. 51, n. i (cf. les Notices et extraits des mss. de la Bibl. nat.,t. XXXIII, 2e part.). Ces vers sont écrits sur l'espace laissé en blanc pour recevoir une miniature absente. Ils ont de nouveau été publiés par Schwob, d'après le fr. n. acq. 4257, fol. 84, dans Le Parnasse satyriqtie, p. 194. On voit que cette pièce n'a rien à faire dans l'œuvre de Mathurin Régnier où on l'a introduite à tort (cf. Œuvres, édit. Jannet (1869), p. 230, épigr. VIII). Dans un tout autre esprit est conçu Le Jeu spirituel de la Paume ou de VEteuJ, traité de dévotion qui parut en 1435. Il a pour auteur un tondeur de Bruges resté anonyme. Le Grand d'Aussy a publié une note sur ce ms. : Exfr. et notices des mss. de la Bibl. nat., t. V (an VII), p. 156-157. — Quant au Trou Perrette, l'allusion erotique n'est pas douteuse, et est pleinement confirmée par un passage de la Farce joyeusse a troys personnages, c'est asavoir tm l'endeur délivres et IL femmes :

Trou du cul Pierrete Choques des talons Chuces la pignete, Vydes les gallons, etc.

Fr. 24341, fol. 80 vo. Cette farce a été publiée par Le Roux de Lincy, Recueil de Farces, t. II, p. 14 (dernière pièce, pagination séparée).

CLXXIII. — Villon s'occupe maintenant du luminaire, et il en charge un marchand de vins en gros et riche bourgeois de Paris, Guillaume du Ru : à ses exécuteurs Villon s'en remet pour porter les coins du suaire ; et devant « le mal qui le presse », il juge qu'il est temps de demander pardon à tous ceux envers qui il peut avoir eu des torts.

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