V. 1980. — A fol\ et folles, soliet sottes
Villon, sous ces noms, fait allusion aux personnages habituels des sotties qui sont « désignés sous le nom de sots, de fous... » Picot, Recueil général des Sotties, t. I, p. ix. — Sur la Confrérie des Sots, ci'. V Introduction (Ibid.). Sur le Prince des Sots, cf. Le Jeu du Prince des Sot:( et merc Sotte de Gringore (15 12), dans Picot, t. II, et les curieux bois reproduits, t. II, p. 127, col. i (et p. 123 et suiv.). — Sur le costume des Sots, cf. V Introduction, 1. 1, p. xix ; de même, le prologue de Folle Bohance dans la Farce nouvelle tresbonne de Folle Bobancc (même tome, p. 241, 242 et n. i). — Pour YAbhc des Fols, cf. Les suppôt- de l'abbé
des Fous d'Aiixerre de Roger de Collerye, Œuvres (édit. elzévirienne), p. 271 et suiv. — Cf. également, ci-dessus, la note aux vers 1079, 1083, 1085 et 1701 du Testament.
Mais en dehors de ces fols de confrérie, il y avait les fous et folles en titre d'office ; et, dans son séjour à Blois, Villon avait certainement dû voir le fou et les deux folles en titre d'office de madame la duchesse d'Orléans. Dans les comptes de l'année 1455, on lit cet article au chapitre des Hoiiieaiix et soullei : « A Jehan Salle, cordouennier demourant a Blois, la somme de va 1. vu s. vi d. t. pour xvi pairez de soullez et unes houzettes a relever, par lui baillés et livrez esditz mois de novembre et décembre. C'est assavoir huit paire pour ses damoiselles et femmes de chambre, et huit paire pour le fol et les deux folles de madite dame... » Arch. nat. KK. 271, fol. 48. — De même, fol. 48 vo-49, mention de Pierre le fol et des deux folles. De même fol. 49 v°, 50 r" et V", c-lc. — On aura une idée de la situation, souvent abjecte, de ces malheureux, en lisant l'épitaphe ordurière composée par le poète lauréat Fausto Andrelini, sur l'ordre de Louis XII, de la folle royale Philippe de Blois : Philippe Blesensis régie faiuae Epitaphium a Fausto, jussii regio compositum, lat. 8134, fol. 234 vo, exemplaire de présentation. Mais la pièce est d'une obscénité telle, qu'il est impossible de la citer, même en latin. Elle permet toutefois d'apprécier la prétendue politesse qui régnait alors à la cour du roi très chrétien. — Pour en revenir au vers de Villon, « la sottie était jouée par des Sots, et le Sot c'est \cFou : les deux noms désignent perpétuellement et indifféremment le même personnage ; qu'on le nomme fou ou qu'on le nomme 50/, il symbolise l'homme en général, et les grands en particulier. « Petit de JuUeville, Hist. du théâtre en France, p. 32. L'identhé des mots 50^ et fou apparaît clairement dans la latinisation du nom de Regnault de Folleville qui est : Reginaldus de Slulta Villa. Cf. Guillaume du Breuil, Stilus Curie Parlamenti (édit. Félix Aubert), Paris, 1909, p. 57 et n. 2 (à la date du 3 février 158), n. st.). — Sur la svnonymie complète de sot et fol, cf. les deux exemples cités à la fin de la note au vers 1802 du Tcslauienl.
v. 1982. — A inarmosdi et wariottes.
= « A petits garçons et petites filles. » — Marmouset signifie « gamin » en Tournaisis. — Mariole est plus fréquent, semble-t-il,que niciriolte, encore employé au xvi^ siècle (cf. Godefroy, sous ce dernier mot). Mariette, littéralement petite image de la Vierge Marie, et finalement « petite fille ». Martin Le Franc emploie le mot " marniousote »
Et marmouset ou marmousotc
Fr. 12476, fol. II 8». — Jean Laurens, promoteur de l'Officialîté ÇTest. 1222) habitait, en octobre 1461, rue des Marmousets dans la Cité(Arch. nat. Z 10'), vis-à-vis d'un hôtel appartenant à Guillaume Colombel (P. Champion, t. II, p. 342).